INFLUENCE DE LA LL'NIERE SUR LA VEGETATION
les grains de chlorophylle recoDvreot eotièrement les parois des cellales, sont toujours très-miDces.
gn Pour me rendre compte de la profondeur & laquelle la
lumière est encore appréciable à l'œil, j'ai employé un simple diaphimoscope • (fig. 1); n a est un cylindre de carton épais taillé de façon à pouvoir s'appliquer exactement sur l'œil : 6 6 est un second cylindre de môme nature, et dans les fonds des deux cylindres on perce deux trous o o d'un centimètre carré. Les fragments à examiner c sont placés entre les deux trous; l'ouverture inférieure contre l'œil, l'instrument est dirigé contre le soleil ou contre un nuage blanc bien éclairé. H faut toujours un moment avant qu'on puisse se rendre bien compte de ce que l'on voit. Voici les résultats obtenus en plaçant en c un certain nombre de feuilles fraîches bien vertes :
Fig. 1.
Objd examitu: tMmière qui a traverse.
Z jeunes feuilles de cerisier. Clair, vert foncé.
4 idem Brun rouge fiiible.
5 idem Aucune lumière appréciable.
7 feuilles de Sonchus asper Rouge sang foncé.
9 idem Opaque.
6 feuilles de Cynanchum vincetoxicum. . . Rouge sang foncé.
5 feuilles de Polygonum fagopyrum Vert clair.
8 idem Rouge sang foncé.
3 cent, d'épaisseur d'une pomme non mûre. Vert clair, lumineux.
3 cent, d'épaisseur d'un choux-rave avec
la peau Apparence vert clair.
2 cent. d'ép. d'un choux-rave sans la peau. Incolore, très-lumineux.
3,7 c. de pomme de terre avec double peau. Apparence rouge.
En outre *, la moitié de la coupe longitudinale d'un entre-nœud de Sambucus nigra de 10" d'épaisseur laissa passer à travers l'écorce, le bois et la moelle une lumière vert clair assez forte, bien que le soleil fût caché. Le même jour, une même lumière d'un vert clair traversait 14"" de chair d'abricot. Au soleil, une jeune figue de 18"" laisse pénétrer jusque dans son intérieur une lumière verdfttre, etc.
Pour analyser la lumière qui a traversé différentes épaisseurs de tissus, j'ai employé, en 1860 (Ueber Durchleuchtung der Pfi. Th. 1. c), un instm-
' Ueber die DorcbleDchtong der Pflanzendieîle vod J. Sachs in Silningsber. der k. le. Akad, d. Wîss. Wien, 1860, XLni.
* Ueber den Einfloss des TageiilicliteganfNeobildaDgandEntfaltiiiigTOii J.SacJis, in Bot. Zeitg. 18tiS, Beilage.
îdbyGoOgle
PÉNÉTRAnON DB LA LUMIÈRE DANS L'INTÉRIEUR DES PLANTES. 7
ment t[ae j^ai nommé Diaphanoscope analyseur. Le spectroscope représenté dans la âg. 2 * est un peu perfectionné :a, c, d sont des cylindres de laiton noirci engagés les uns dans les autres à ÎErottement dur: sur le diaphragme e sont deux plaques de Gravesaad, dont Tune est mobile par la vis s. De l'ouverture e au diaphragme 6 il y a 15 déc. La largeur du tube a est 3,6 cent. Le rayon lumineux L, qui a passé à travers les ouvertures e et b, vient tomber sur le prisme de âint-glassjj, dont l'axe est dans le diamètre du tube c et qui peut se mouvoir au moyen d'une vis faisant saillie à l'extérieur. Le rayon réfracté arrive à l'œil à travers ime ouverture latérale du couvercle /. Les morceaux de tissus à examiner sont placés en avant de l'ouverture e comme dans ta fig. 1. S'il s'agit de liquide, la fig. 2 montre un appareil spéoal qui se place dans l'ouverture du tube a; g est un cylindre en corne uoire avec une saillie annulaire à l'intérieor. Une plaque de verre x est placée comme fond et maintenue par un anneau vissé dans la corne. Le liqiùde à examiner est versé dans l'espace ^; une deuxième plaque de verre x est fixée de la même façon, et l'appareil est maintenu à l'entrée du tube a par des morceaux de liège. On doit toujours avoir soin de placer une bande de caoutchouc au-dessous des plaques de verre. En outre, il fiiut avoir plusieurs de ces appareils pour varier l'épaisseur des couches de liquide. — Pour voir si les rayons ultra-violets fluorescente peuvent passer à travers des tissus, j'ai employé le cylindre dejverrec c,fig. 3'; on l'enveloppe de plusieurs doubles de papier noir, dans lesquels on perce un trou en o. On remplit le cyhndré jusqu'en n avec une solutioû de sul&ite de quinine. Les tissus à examiner sont placés contre l'ouvertm-e 0 pendant que l'œil s'apphque à la partie supérieure du cylindre c. Si les rayons fluorescents traversent, on voit un feisceau de lumière bleue traverser le hquide depuis o. Au moyen du spectroscope analyseur, de l'appareil de la fig. 3, j'ai prouvé que les tissus riches ou pauvres eu chlorophylle absorbent d'abord les rayons oltra-violets, puis les violets, les bleus, enfin les verts et les roi^es. J'ai montré, de plus, que des couches de feuilles de différentes épaisaeuis se conduisent à l'égard de la lumière exactement comme leur extrait alcoohque (Durchl. d. Pf. Th. L c.). Ce fait a été constaté en 1862 par Simmler, et en 1863 par "Valentm '. Les rayons fluorescents agissant sur la quinine sont très-fortement absorbés par les feuilles vertes. Mais si on décolore les feuilles dans l'alcool, les propriétés absorbantes de la chlorophylle disparaissent, et l'on voit le spectre du rouge jusqu'au violet. De même
Fig. 2.
' WirkoDgen &rbigeii Uchts von J. Sachs ia Bot. Zeilg. 1864.
' Dnrchlencht. der Pf. Th., 1. c.
* Der Oebrauch dea Spectroacops la physiol. nud firstl. Zwecken t
Fig. 3.
pour les feuilles étiolées et cUorosées, qui n'empêchent point la fluorescence de la quinine. Mais si on place les feuilles étiolées à la lumière dès qu'elles commencent à reverdir, le pouvoir absorbant de la chlorophylle reparaît (J. Sacl^ 1. c^ p. 278). Voilà comme esemple le résultat de quelques observations:
Objet examiné. Lumière qui a traversé.
Tubercule de pomme de terre: peliH'e. Spectre entier, fluorescence îaàhie. Parenchyme: 1"" Spectre entier, fluorescence forte.
Id. 7" Spectre entier, fluorescence nulle.
Id. 10" Ronge à bleu.
Id. 32™ ........... Rouge à vert.
Pomme mal mûre :
Parenchyme et peau 2"" épaias. Rouge & violet : fluorescence.'
Id. sans peau 6™ . . . . Rouge à bleu.
Id. Id. 10— .... Rouge à vert.
Id. Id. 23™ .... Rouge à vert (faible),
n est à peine nécessaire de remarquer qu'à mesure que certaines couleurs disparaissent, les autres deviennent plus faibles. — De semblables recherches, faites sur des pétales ou d'autres parties diversement colorées, ont donné des résultats très-variés qui n'ont pas encore pu être ramenés à une loi et expliqués physiologiquement'. — On ne connaît pas davantage la signiflcation physiologique de la fluorescence dans l'intérieur des tissus *. — Le sujet discuté dans ce paragraphe demande à être repris et traité de nouveau à fond; nous ne possédons encore que des données très-insuffisantes ; si j'ai néaimioins placé en tête de ce volume des matériaux aussi incomplets, c'est que je crois que de pareilles-recherches sont à la base de l'explication physiologique de l'influence de la lumière sur lea plantes.
b. hiutRte de la Ionien sar la crfatioi et la deslractioa in priicipc ulorasl des ptaoleB.
I 3. La production du principe colorant dans toutes les plantes moDOCotylédones ou dicotylédones , que j'ai étudiées, est liée à une certaine intensité de la lumière: quand l'illumination descend au-dessous d'un certain minimum qui n'est pas exactement déterminé, la couleur verte est remplacée par une teinte jaune clair. Les cotylédons des genres Pious et Thuya (et peut-être de toutes les Gymnospermes) font exception à cette r^le: incolores dans l'origioe, ils prennent pendant la germination une conleor verte très-
1863, p. 69, ob il y a beoncoiip de détails sur le spectre de la chlorophylle; sur le même eiqet, to;. Harting in Pogg. Ânn. Bd. 96, 1855, p. 543.
* DurchleuchtaDg, etc., p. 281 . ValeDtin, Geb. des Sp., p 71.
* Stockes in Pogg. Ann. Erg&tmuig TV nnd Philos. Transitions, 18l>2, II. — Sachi, Flora, 1862, p. 210.
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