LES ELEMENT» UE LA WATIERK COMBUSTIBLE
quérir jusqu'à 2 '/t fois le poids de la graine, en se servant de l'azote contenu dfuis celle-ci. Si du fait qu'une plante peut réaliser une certaine augmentation de poids, sans avoir à sa portée de matière azotée assimilable, on voulait conclure que l'azote n'est pas un principe indispensable, on tomberait dans une grossière erreur ; le même raisonnement peut s'appliquer à la soude et à tous les autres éléments. Ce n'est donc que lorsque l'augmentation de poids de la matière sèche est très-considérable, visà-vis de celui de la graine, qu'on peut conclure que le principe qu'on a retranché joue un rôle indifférent dans la nutrition. Si dans les expériences de Boussingault, l'azote de la graine produisait avec l'aide des principes minéraux de nouvelles masses de substances non azotées, en passant toujours des feuilles entièrement développées à celles qui commençaient à paraître, il est possible que d'autres substances aient un effet analogue. — Et si d'après le plan tracé par Liebig, une certaine substance peut, sans augment«r elle-même, favoriser l'accroissement de poids d'autres substances, la nouvelle matière produite sera toujours mcomplète, et la plante ne tardera pas à périr, comme cela est arrivé dans toutes les expériences de Boussingault ; l'augmentation de poids ne sera jamais que restreinte. De là l'importance que j'attache à ce qu'il y ait toujours une grande différence entre le poids de la graine et celui de la plante.
Enfin, en termmant, je désire encore attirer l'attention sur une des formes particulières de l'influence des éléments sur le cours de la végétation. Dans beaucoup de cas l'augmentation même considérable du poids sec, n'est pas une preuve suffisante ; il faut que la plante ait produit des fleurs et des fruits. D ne faut pas oublier que dans beaucoup de cas la fécondation est difficile, et ne peut avoir lieu que par l'intermédiaire des insectes ou d'autres agents extérieurs. Si l'on ne prend pas ce fait en considération, si l'on n'a pas quelquefois recours à la fécondation artificielle, la plante la mieux portante pourra rester stérile sans que cela ]>n>uve rien contre Iç régime employé. En un mot le simple fait du non- (léveloppement des fruits, ne signifie rien par lui-même, il faut toiyours l'appuyer de preuves.
b. Lts tlémulg de la malicre tombuslible '.
I 37. Le carbone de toutes les plantes à chlorophylle (qui ne sont pas parasites et qui ne vivent pas nécessairement sur on sol
' Les ouvrages les piag itnportiuits sur ce aojet sont: Th. de Saassnre, Recherches chimiqaea sur la végétation, 1804; J. v. Liebig, Die Chemie in ihrer Aowendung anf Agricôliur irnd Physiologie, 1" partie j H. v. Mohl, Die vegetabilische Zelle, c. NahrruDgsstoffe; Boussingault, AgroDomie, Chimie agricole, Phjaiologie, Pariti, 1860,1; Rochleder, Chemie und Physiologie der Pflanzen, 185B, p. 101 et «iiiv. Od troavera quelques remarques importantes dans l'ouvrage de Cari Vogt, < Untersachnngen Qber den Einiluss des Kochsalzes, des Kaffeea und der Muskelbewegungen auf den Stoff> wechsel, > 1860, Munich, dans l'introductiou. Aucune partie de la science n'ofire une ËttérMore si riche ; on remplirait un volume si l'on voulait tout critiquer ; mais les principaux ouvrages sont bien connus. Je ne dirai que ce qui sera nécessaire pour aider k comprendre mes propres rëfiexious.
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LES PBINClPfcS MThlTIFS DE& P. AMES.
renfermant de rhumas) provient uniquemeot de l'acide carbonique de l'air ou de l'ean environnante; celui-ci est décomposé, et l'o^gène est exhalé sous l'influence de la lumière. Cette origine do carbone est maintenant absolument prouvée.
1) Les plantes qui ne peuvent pas décomposer l'acide carbonique à la lumière, ne forment pas une exception à la règle, car ou bien elles vivent aux dépens des produits assimilés par les plantes à chlorophylle (parasites sans chlorophylle), on bien elles se nourrissent des produits de la décomposition d'antres organismes (plantes sans chlorophylle non parasites, par exemple beaucoup de gros champignons, Monotropa, Neottia nidus-avis) ; on peut également laisser de côté les quelques plantes à chlorophylle qui sont en même temps parasites (Viscum album, Thesium, plusieurs Rhinanthacées), ou qui ne l)euvent vivre que sur uu sol renfermant de l'humus. Si toutes les plantes que nous venons de nommer vivent exclusivement ou en partie de combinaisons ot^aniques, il doit y avoir un agent qui crée ces combinaisons aux dépens du seul composé de carbone préexistant, l'acide carbonique. Cet agent, c'est la cellule à chlorophylle. Dans toutes les plantes ou fractions de plantes qui ne renferment pas de chlorophylle, une partie de la substance organisée est incessamment détruite par la respiration, et le carbone est exhalé sous forme d'acide carbonique. S'il n'y avait que des plantes sans chlorophylle, toute la matière organisée existante serait donc bientôt détruite, même sans l'intervention des animaux. Ainsi l'existence dfô êtres organisés n'est assurée que par ce fait que les cellules à <;hlorophylle produisent par l'assimilation plus de snbstance oi:ganisée que n'en détruit la respiration des animaux et des plautes. Si, sur un terrain donné, la quan^té d'humus ne diminue pas malgré sa destruction incessante par l'oxygène de l'atmosphère et malgré la consommation que divers animaux et végétaux font de ses produits de décomposition, c'est parce que l'assimilation dans les plantes à chlorophylle est beaucoup plus active que les agents que nous venons de nommer.
2) Les faits suivants montrent bien qu'il y a des plantes qui prennent dans l'atmosphère tout le carbone nécessaire à leur développement :
a) La présence de hcheos sur des rochers nos et même sur du verre; la v^tation d'épiphytes à chlorophylle qui n'ont que des racines aériennes. Les petites quantités de poussières organiques qui peuvent se trouver dans l'atmosphère ne doivent
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LES ELEME.NTS DE LA MATIÈKE COMBUSTIBLE. 111
jouer aucuu rôle, car on ne sait sons quelle forme elles pourraient pénétrer dans les plantes.
b) La possibilité de cultiver dans de l'eau distillée, ne renfermant que les éléments des cendres, des plantes aquatiques à chlorophylle, telles que les Protococcacées, Palmellacées, Conferves. On voit en quelques semaines des cellules qui ne troublaient pas la transparence de l'eau, produire de grosses masses vertes, et cela même lorsqu'on empêche soigneusement l'accès des poussières or^niques.
c) La possihihté d'amener des plantes terrestres à augmenter aux dépens de l'acide carbonique de l'atmosphère, le poids de leur matière organisée dans un sol qui a été privé par calcination et lavage de tout reste organique (expériences de Boussingault sur l'absorption de l'azote).
(J) La possibilité de cidtiver des plantes (même celles qui vivent, en général, dans des terrains fumés) dans des solutions aqueuses qui ne renferment que les éléments des cendres et un nitrate ou un sel ammoniacal. On arrive ainsi à obtenir jusqu'à soixante fois le poids de la graine; la moitié au moins de ce gain est due an carbone, qui ne peut lui-même provenir que de l'acide carbonique de l'air.
e) L'impossibilité pour toutes les plantes à chlorophylle d'augmenter leur substance organique sans décomposer de l'acide carbonique, c'est-à-dire de vivre dans l'obscurité. J'ai montré dans le premier chapitre (§ 8) que le grain de chlorophylle est bien le siège de l'élimination de l'oxygène, de l'assimilation du carbone et, par conséquent, de la formation de toute substance organique, et que, de plus, c'est à ta lumière qu'est due nue partie des forces nécessaires pour vaincre les affinités chimiques du carbone et de l'oxygène ; aucune plante, aucune cellule sans chlorophylle ne peuvent produire de la substance oi^^que aux dépens de l'acide carbonique, puisqu'elles n'éliminent pas d'oxygène; elles ne vivent qu'aux dépens des produits assimilés par d'autres cellules (sur la même ou sur une autre plante), en y apportant souvent de nouvelles modifications; les cellules à chlorophylle n'éliminent l'oxygène que sous l'influence d'une lumière d'une certame réfrangibiïité, et, par conséquent, ne produisent pas de substance organiqne dans l'olrâcarité ; quand une cellnle a formé, aux dépens de l'acide carbonique et de l'eau, de la matière oi^nisée, la formule de cette dernière montre qu'il y a eu élimination d'oxygène.
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m LES PRINCIPES NUTRfTIFS DKS PLAMES.
D existe dans le règne végétal deux extrêmes, par rapport à la faculté, de créer de la matière combustible aux dépens de Vadde carbonique, ou d'absorber des substances déjà organisées, de les transfonner et de les utiliser pour la croissance ; entre ces deux points, il y a probablement des intermédiaires '. — L'un des extrêmes est représente par les plantes qui sont en état de tirer tout leur carbone de l'acide carbonique, même pendant les périodes de végétation les plus actives ; l'autre, par les plantes sans chlorophylle qui ne décomposent jamais d'acide carbonique et qui, par conséquent, tirent tout leur carbone de combinaisons organiques, plantes, ou parasites, ou se nourrissant des produits de décomposition d'autres organismes. Mais il n'est point contraire à la théorie de supposer que des plantes à chlorophylle qui décomposent l'acide carbonique, absorbent en même temps des substances organisées, et utilisent pour la formation de leurs organes le carbone provenant de ces deux sources '. C'est ce que font, dans un certain sens, tous les germes qui se nourrissent aux dépens d'un endosperme; ils tirent d'abord des principes élaborés de ce tissu, qui est très-cÛstinct du leur, et peuvent amsi développer leurs oi^snes ; mais dès que leurs feuilles se sont épanouies à la lumière, elles commencent à décomposer l'acide carbonique et les plantes s'accroissent par cette voie. Un parasite vit sur la plante qui le porte, comme le germe sur son endosperme ; s'il n'a pas de cellules vertes, c'est de son support qu'il t^e tous les composés carbonés dont il a besoin; mate s'il possède des feuilles vertes, pourquoi ne pas supposer qu'il en utilise les propriétés, en même temps que par ses suçoirs il tire des principes élahorfe de la plante qui le porte V Quelques expériences de Pitra' semblent montrer que le gui forme lui-même presque toute sa substance organisée, et ne tire guère de son support que les éléments inorganiques. On peut donc bien penser que les plantes non parasites à feuilles vertes, qui vivent dans un soi trfe-riche, forment leur substance combustible en partie en absorbant des matières organisées, en partie en décomposant l'acide carbonique.
La shnple observation que les cellules ou les plantes à chlorophylle dé-
' Voyez H. t. Mohl, Veget. Zelle, p. 287, etc.
' Le fait que l'humus oe cède que très-peu de substance organique à l'eau avide, ne prouve pas que les plaates ne puissent pas en absorber, pas plus qu'il ne &ut conclure de ce que l'extrait aqueux du sol contient très-peu d'acide phosphorique et de potasse, que ces substances ne peuvent pas être absorbées. Noos ne savons point si ce sont les sels de l'acide ulmique qui sont importants pour les plantes; ua oi^- □isme qui se décompose donne bien d'autres produits, et nous ne savons point quelle est la forme de ceux que la plante absorbe.
■ Les différents degrés de parsâtisme ont été jusqu'à présent trop négligés dam la théorie de la nutrition des plantes ; Toici les sources les meilleures : Charles Lory, < Observ. sur la respir. et la struct. des Orobanches, > Ann. des Se. nat. 1847, Vni, 158.— Duchartre, • Lathraea clandestina, > Comptes rendus, 1843, XVn, 1328.— Hooker, sur le Mjzodendron, Ann. des Se. nat 1646, V et VI. — Mitten, < Thenam linophyllum, . ibid. 1847, VTI, 127. — Decaisne, « Rhinanthacées, > ibid, THI, 5. — Pitra, ' Viscum album, etc. > Bot. Zeitg. 1861, n" 9. — Ducharbc, • Uonotropa, > Ann. des 8c, nat 1846, VI, 29. — tJoger, < Beitr&ge z. KenntnisB d. paras. Pfl. * Ann. des Wiener Muséums, II. — Cloth, • Cuscuta, » Flora, 1860, p. 257. — W,-H. de Vriese, < Sur les Rafflesias Rochossenii et Patma, > 1853. — Scbach(, < Beitrïge zor Anat. tmd Physiol. der Pfl. > 18&4.
LES ÉLtHENTS DE LA HATIÉHE COMBUSTIBLE. Ii3
composent sous nos yeux l'acide carbonique, ne suffit pas tout à fait pour prouver l'entrée du charbon dans le végétal et toutes les importantes conséquences de ce fait ; ce n'est que lorsqu'on sait, d'autre part, que certaines plantes tirent tout leur carbone de l'acide carbonique et que, finalement, c'est là l'origine de toute substance organique, que ce phénomène acquiert toute sa signification. — Ingenhouss ' découvrit, vers 1779, que les racines, les fleurs, les fruits exhalent constamment de l'acide carbonique, tandis que les organes verts, au soleil ou à une lumière vive, laissent échapper de l'oxygène. Sennebier' prouva que l'oxygène exhalé était dû à la décomposition de l'acide carbonique absorbé, dont les plantes gardent le carbone-, l'acide carbonique produit par la respiration peut être aussi décomposé par les oi^anes verts (1. c, p. 244). De Saussure confirma et étendît les vues de Sennebier en employant de meilleures méthodes pour la détermination des quantités > ; il montra que l'oxygène exhalé est toujours mêlé d'azote ; que son volume est à peu près celui de l'acide carbonique décomposé ; que l'acide carbonique mêlé à l'air en faibles proportions n'est favorable à la végétation que s'il est décomposé par les organes verts; il est donc nuisible aux germes et aux plantes vertes dans l'obscurité. « La présence de l'acide carbonique est indispensable à la végétation des parties vertes au soleil; elles périssent lorsqu'on enlève celui qui est produit par la plante avec l'oxygène de l'atmosphère. » Il s'agit ici de plantes cultivées dans de petits récipients ; et plus loin k les plantes s'assimilent une partie de l'oxygène qui était contenu dans l'acide carbonique qu'elles décomposent. »
L'élimination de l'oxygène de l'acide carbonique par les parties vertes sous l'influence de la lumière a été reconnue par tous les observateurs. SetUeraent de Saussure s'est demandé si c'était vraiment une loi générale, en voyant les feuilles roi^es de l'Atriplex exhaler aussi de l'oxygène ; Gorenwieder* a confirmé k chose pour les vai'iétés à feuilles rouges de noisetier, de hêtre, de Coleus. Mais Cloez ' a rétabli les faits en montrant que, tout simplement, ces feuilles contenaient aussi de k chlorophylle. Il sépara avec des ciseaux les parties jaunes, vertes et ronges des feuilles d'Âmaranthus tricolor, les exposa au soleil dans de l'eau saturée d'acide carbonique et trouva que les parties vertes seules exhalaient de l'oxygène; les feuilles d'Amaranthus caudatus, où les trois couleurs sont mêlées, fournissent, oeteris paribus, moins d'oxygène que les vertes. H en conclut que l'acide carbonique n'est décomposé qu'en proportion de la matière vert« contenue dans les feuilles. La coloration extérieure ne signifie rien, tant que, dans ]& sève, se trouvent des graius de chlorophylle. Le fait que l'acide carbonique est tantôt absorbé par les organes verts eux-mêmes, tantôt leur arrive par l'intermédiaire des racines, qu'il provient tantôt de l'air, tantôt de l'eau, trouvera sa démonstration dans les chapitres sur la difiu-
' * Ueber Ernithnmg der Pfl. uud Fruchtbarkejl des Bodeus,* traduit de Fischer. Leipsig, 1798, p. 57.
• Physîol. végét., lU, 197, etc.
* Recherches chimiques, etc., p. 63.
* Comptea rendus, 1863, p. 268.
• Ibid., p. 834.
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144 LES PRINCIPES NtlTrUTIFS DES PLANTES.
sion des gaz et la circulation de l'air dans les végétaux. Les plantes terrestres tirent probablement la plus grande partie de leur acide carbonique de l'air par le moyeu des feuilles, ainsi que cela ressort de l'expérience bien connue de Boussingault ' sur la vigne, de celles de de Saussure, de Daubeny ', de Vogel et de Wittwer *. H est facile d'observer que les plantes aquatiques et les plantes terrestres mises dans l'eau en tirent de l'acide carbonique.
Le gaz produit s'échappe souvent dans les plantes submergées par les parties incolores et même par les racines (VatUsneria) ; il ne faut pas pour cela croire que ces dernières décomposent de l'acide carbonique ; lorsqu'on les sépare du l'esté de la plante, cette exhalation ne se présente jamais ; le gaz, une fois produit, traverse les espaces inteixellulaires et de là sort par où il peut ; dans les plantes terrestres, il rencontre les stomates, mais ceux-ci sont fermés dans l'eau, en sorte qu'il s'échappe par des déchirures accidentelles. Dutrochet ' submergea une feuille coupée de Nymphœa; toutes les bulles de gaz sortirent par le pétiole, parce que les stomates étaient fermés ; mais lorsque les feuilles nageaient dans leur position naturelle, ceux-ci se rouvraient et tout l'air passait par là. Si le gaz renfermé dans les espaces intercellulaires des plantes submergées ne rencontre pas d'ouverture accidentelle, il s'échappe lentement par difFiision ; <lans ces conditions, les gaz qui augmentent rapidement peuvent acquérir une tension considérable ; si, sur une Vallisneria ou un Ceratophyllum exposés à la lumière sans rien pouvoir laisser échapper, on fait une piqûre à la place voulue, il s'établit un courant de bulles accompagné souvent d'un bruit assez fort.
La position des feuilles relativement à la source de lumière n'est pas indifférente, puisque la plupart d'entre elles ont une tendance à tourner leur face supérieure du côté du jour (héliotropisme) ; dans de pareilles feuilles, le tissu vert près de la face supérieure est assez différent de celui de la face inférieure (dans des feuilles perpendiculaires ou peu héliotropes, iris, jacinthe, graminées, la différence est presque nulle). Suivant Dutrochet S une feuille de Njmpluea qui produisait dans l'eau 24 bulles par minute à la lumière diffuse, en donna dans le même temps 10, lorsque la face inférieure fut tournée en haut ; le jour suivant, seulement 5 ou 6 ; le troisième 2, et le quatrième plus rien ; au bout d'une semaine, la bce supérieure fut de nouveau tournée vers la lumière, et le dégagement recommença deux jours après.
J'ai déjà traité, dans le premier chapitre, de l'influence de l'intensité lumineuse. Dutrochet (Mém. I, 342) a montré qu'à la lumière diffuse, lesNymphseaalba, Potamogeton, Myriophyllumspicatum, Hydrocharis morsus range dégagent des bulles d'un gaz dans lequel l'oxygène est en plus forte proportion que dans l'air ; toutes les plantes qui vivent à l'ombre doivent bien pouvoir décomposer l'acide carbonique sans l'aide du soleil.
< Économie rurale, 1, 40.
' Philos. Transactions, 1836, I, 149.
' .\bhandl. d. k. bayer. Akad. der Wiss. zu Munchen, VI, 1831 et 1862, p. 26Ç>.
* Mémoires, I, 341.
' Mémoires, I, 354.
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LES éLéHENTS DB LA NATIÂRI OOHBDSTIBLE , 145
J'ai aussi parlé de Tioâuence de la température; F. de Faucoupret ■ a essayé d'exprimer par une formule empyrique les rapports de la décomposition de l'acide carbonique avec la lumière et la chaleur ; dans l'expression Q = A + et*, Q représente l'acide carbonique absorbé dans un temps donné; A est un coeffident indépendant de la température, mais variant suivant la lumière et l'espèce de la plante ; G ne dépend que de la lumière. Pour le Laums Tinus les ctaiifres sont par exemple :
Dans l'obscurité . . . . Q = 0,733 + 0,0003 t» A la lumière diffuse . . Q = 0,213 + 0,00021 t' Au soleil Q = 0,627 -f 0,00014 t'
SI la température est inférieure à 0", Ct* devient négatif. — Bouseingaalt» crut avoir trouvé dans le gaz eshalé, à côté de l'oxygène, une combinaison combustible de carbone ; mais Cloëz * montra que cela n'est jamais le cas dans les plantes qui se trouvent dans des conditions tout à fait normales (par exemple, Potamogeton perfoliatum dans l'eau coarante); Bouasingault * se rendit à ces raisons et maintint seulement que les plantes terrestres submergées (par conséquent placées dans des conditions anormales) exhalent, outre l'azote et l'oxygène, de l'oxyde de carbone.
Le gaz exhalé par suite de la décomposition de l'acide carbonique n'est jamais de l'oxygène pur, mais renferme toujours aussi de l'azote ; la proportion de ce dernier augmente i. mesure que l'activité du phénomène diminue (voyez Daubeny, 1, c.) ; Unger ' a montré que cet azote provient ' de l'air qui a pénétré dans ta plante. Malgré cela il se peut fort bien que Cloëz et Gratiolet ' aient raison en disant que les plantes aquatiques exhalent toujours de l'azote, même quand l'eau ne contient pas d'air : ce serait alors un produit de décomposition des tissus.
De Luck (Rochleder, Chemie und Physiologie d. Pfl. p. 106) a démontré que les parasites à chlorophylle décomposent aussi de l'acide carbonique ; deux onces de rameaux de gui, plongés dans de l'eau renfermant de l'acide carbonique, exhalèrent au soIeQ en deux heures 20 cent, cubes de gaz qui se composait de 61,5 7<. d'oxygène, 8,8 "/o d'acide carbonique, 29,7 % d'azote. — Quant aux plantes dénuées de dilorophylle, c'est en vain, que jusqu'à présent on a cherché à y observer un dégagement d'oxygène ; elles emploient, au contraire, une grande quantité de ce gaz en consumant par la respiration une partie de leur substance organique; elles exhalent comme les germes de l'acide carbonique et de l'eau (?) ; le soleil augmente l'intensité du phénomène, en élevant la température \
§ 38. VhydrtMjène, qai, comme le carbone, ne fait défaut à Ancane combinaison organique (à l'exception de l'acide oxalique anhy-
' Comptes reDdus, 1664, LVm. 334.
' Ann. de Oâaàa et Physique, 3* série, 1862, LXVI
^ Comptes rendas, 1668, LVII, 364.
* Ibid, p. 413.
'- SitzDDgsber. d. kaU. Ak&d. d. Wiss. 18G3, Bd. X, 414.
'■ Ann. de Chimie et Physique, XXXII, 41.
' T. < Re^initioD > et L017, Aon. des 3c. lut. 1647, VID, 166.
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146 LES PfirNCtPES NUTEUTIFS DES PLANTES.
dre) pent provenir de deux sonrces d'importance très-in^ale : l'eau et l'ammoniaque. Nous n'avons aucune raison de penser que les combinaisons non azotées de la plante se procurent leur bydrogène autrement qu'en décomposant l'eau, et comme ce sont elles qui forment la grande masse des produits de l'assimilation, c'est dans l'eau qu'il faut chercher la source principale de l'hydrogène de la substance organique. Cependant, comme dans certains cas les sels anuuoniacaux serrent à la formation de l'albumine et comme beau* coup de produits azotés de rassimilation sont des dérivés de l'ammoniaque, l'hydrogène provenant de cette source mérite bien d'être pris en considération. — Si la plus grande quantité de l'hydrogène de la plante provient de l'eau, une partie de l'oxygène qui était combmé avec lui doit être mis en liberté. Probablement qu'une partie de l'oxygène exhalé par les plantes provient de la décomposition de l'eau; il ne s'en échapperait alors qu'un des deux atomes contenus dans l'acide carbonique. Pour beaucoup de combinaisons créées dans les plantes, la décomposition de l'eau s'explique d'elle-même ; dans toutes celles qui contiennent moins d'oxygène qu'il n'en faut pour se combiner avec leur hydrogène (acides gras), ou dans celles qui n'en contiennent point du tout, tout on partie de l'oxygène de l'eau s'échappe avec celui de l'acide carbonique ; mais U n'est pas nécessaire qu'U sorte de la plante, poisqu'on peut toujours se représenter qu'un corps composé de carbone, d'hydrogène et d'oxygène se scinde en deux composés, l'un fortement et l'autre faiblement oxygénés'.
L'eau ne sert pas seulement à la nutrition, en tant qu'elle fournit l'hydn^ène et une partie de l'oxygène nécessaire aux combinaisons organiques; toutes les parties de la cellule en sont pénétrées, et elle entre toujours pour une certaine proportion dans la structure moléculaire de la cellulose, du protoplasma, du unctéus, de l'amidon, des grains de chlorophylle, etc. Tous ces composés n'existent que grâce à l'association de leur substance organique avec une certaine quantité de molécules d'eau; si cette dernière est en partie on en totalité enlevée, cellulose, protoplasma, etc. perdent toute
C"H"0" -H 4 HO = Pinipicrine Ericiaol Sacre
Vojez à ce sujet: Rochleder, « Pbytochemte, • 1864, p. 385.
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LES ELEMENTS DE LA MATIÈRE COMBUSTIBLE. il?
vitalité ; l'eau joue dans la formation des plantes le même râle que dans beaucoup de cristaux, et l'on peut parler de l'eau d'oi^anisation avec autant de raison que de l'eau de cristallisation. — En outre, c'est par le moyen de l'eau que certaines dissolutions s'effectnent dans les cellules; c'est elle qui transporte les combinaisons d'un point à l'autre de la plante; enfin, toute cellule close a besoin au moins d'un certain minimum d'eau pour maintenir ses parois en état de tension; je reviendrai là-dessus dans le chapitre sur la tension des tissus.
§ 39. L'oxygène ne peut être compté au nombre des principes nutritifs, qu'en tant que faisant partie de la formule de certaines combinaisons organiques; il concourt par là à l'augmentation de poids de la matière sèche de la plante. Celui qui pénètre de l'extérieur i^t comme oxydant, en formant de l'acide carbonique et de l'eau aux dépens de la matière oi^anisée; il tend à diminuer le poids sec de la plante, et ne peut pas être regardé comme principe nutritif; le rôle qu'il joue dans ce cas doit être désigné sous le nom de * respiration » et être ainsi opposé à la * nutrition; • ces deux phénomènes sont aussi importants l'un que l'autre pour la plante, mais le premier ne fait point partie intégrante du second. Quand une graine germe sous l'influence de la chaleur .en absorbant de l'eau distillée et de l'oxygène, elle perd en poids sec, parce que l'oxygène détruit une partie de sa substance oi^auisée ; c'est doue contraû-e au sens ordinaire du mot nutrition que d'y assimiler ce phénomène!
Mais l'oxygène, partie intégrante des graisses, de l'albumine, des hydrates de carbone, etc., est un principe nutritif; son origine est suffisaounent expliquée par le fait que, comme nous l'avons dit, la plupart des principes nutritifs sont absorbés sous forme de combinaùons oxygénées ; ils contiennent même une plus forte proportion de ce gaz que cela n'est nécessaire pour la formation de la substance végétale. Si, malgré cet excès d'oxygène, que la plante rejette par l'assimilation, elle en absorbe encore sous forme gazeuse, ce dernier est évidemment destiné à d'autres fonctions que celui qui a pénétré avec les composés nutritifs (v. Respiration).
§ 40. L'azoïe est bien absorbé par les plantes sous forme de gaz libre, dans l'atmosphère, mais ce n'est point ainsi qu'il est utilisé pour la nutrition ; lorsqu'il s'agit de produire les combinaisons azotées de la plante et particulièrement l'albumine, ce gaz doit pénétrer dans la cellule avec d'autres éléments et en particulier sous la fonne d'acide nitrique ou de sel ammoniacal. On ne sait si l'azote
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118 LE8 PRINCIPte KUTIIITIFS DES PLANTIH.
des combinaisoDS oi^aoiqnes elles-mêmes peat être utilisé poor la natritioD par les plantes non parasites.
liebig ' a désigné le premier, et eu s'appuyant sar des raisons théoriques, les combinaisons ammoniacales (et les nitrates qui en dérivent) comme la source la plos importante de l'azote des plantes. Th. de Sanssore * supposait d^à que l'azote atmosphérique n'est pas utilisé par les plantes comme principe nutritif. Boussingault ^ l'a prouvé par ses expériences sur la végétation, prolongées pendant des années ; ces résultats ont été confirmés par ceux qu'ont obtenus Gilbert, Lawes et Pi^h ; les recherches faites, soit en employant un sol stérile, soit avec de l'eau distillée, ont toutes prouvé qu'un sel ammoniacal ou encore mieux un nitrate suffit parfaitement pour produire toutes les substances notées des plantes (en présence naturellement des autres principes nutritifs). Tout cela n'est vrai que pour le plus grand nombre des plantes à chlorophylle ; on ne sait si les parasites et les plantes sans chlorophylle vivant sur de rhumus al»orbent leur azote sous forme d'ammoniaque, d'acide nitrique ou de combinaisons oi:ganiqne8 ; peut-être même que beanconp d'autres plantes utilisent anssi ces dernières.
(jr&ce à k grande publicité dont jouissent les ouvrages de Boussingault et de Liebig, je n'ai pas besoin de m'étendre à leur sujet ; ce serait sortir <tu plan de cet ouvrage que de m'occuper de la question déjà si abondamment traitée de l'origine des sels ammoniacaux et des nitrates de la plante ; de discuter si, par telle ou telle méthode, elle en absorbe suffisamment, etc.; tout cela est du ressort de la physiologie appliquée; la question théorique est uniquement ceci : La plante, pour suifire à la formation de ses substances azotées, peut-elle ou doit-elle absorber de Tazote libre, des nitrates, de l'ammoniaque ou des combinaisons organiques? — Dans la persuasion que ceux de nos lecteurs qui s'occupent si>écialement de physiologie connaissent les ouvrages de Boussingault, je me bornerai à esquisser ici une de se^ nombreuses expériences, pour montrer de qudle manière et avec quels soiM il faut travailler pour arriver à prouver que
' Liebig, l>ie Chemie in ibr. Anw. aafAgrjc.nudPhye., 1865, l,54et5& (remar- ■lue).
' Th. de Saussure (Recherchée chimîqueB, p. 207) a le mérite d'avoir mis Je premier en doute le rUe de l'amte de l'atmosphère comme principe nutritif; son idée que l'azote était toujours absorbé sons forme de combinaison organique, se trouve en contradiction avec la théorie de Liebig et a?ec les eipériences modernes.
^ Par ces travaux ont été réfutées les anciennes idées de Boussingaolt Ini-mâme et les expériences de George Tille, d'après lesqaelles les plantes cnltivëes assimilaient une notable quantité d'azote atmosphérique. G. TiUe, Recherches expérimentales sur la végétation. Paris, Masson, 1657.
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LES ELEMENTS DE LA MATIERE COHBliSTlBLt. 14B
les plantes n'emptoient pas l'azote libre de l'atmosphère pour l'augmentation de leur substance azotée '.
Fig. 15.
Dans la cage de verre A (tig. 15), du contenu de 124 litres, sont des vases à fleurs de quatre décilitres reposant sur un socle de marbre. Les \ases contiennent comme sol de la pieiTe [Kince calcinée mêlée à des cendres et humectée avec de l'eau distillée. Les graines sont semées dans ce sol, qui ne contient pas d'azote. La paroi de la cage est interrompue en B 20 cent, au-dessus de la base par une barre de fer vernie Qes bordures en fer de la cage sont aussi vernies) dans laquelle sont percés des trous c, rf, e, qui peuvent recevoir des bouchons garnis de suif. Par r pénètre de l'acide carboiiique, pard de l'air atmosphérique; à travers e on arrose les plantes et l'on enlève les feuilles qui tombent. La portion F située audessous de B est fixée avec du ciment de manière à pouvoir être aisément enlevée et remise en place ; elle sert de porte pour entrer et sortir les plantes. La paroi G est également coupée par une barre de fer vernie portant un tube o, qui communique avec un aspirateur de 500 litres. L'aù' qui est attiré par l'aspirateur entre par h pour arriver à l'ouverture d ; il traverse le tube h rempli de fragments de pierre ponce imbibés d'acide sulfurique, pour détruire les poussières organiques et retenir l'ammoniaque; il passe ensuite dans le verre j, également plein de pierre ponce et d'acide sulftirique; mais ce dernier peut s'écouler et être renouvelé; de là, l'air arrive dans la bouteille de lavage k ; au contact de l'eau distillée il se charge de nouveau de vapeur qu'il avait perdue dans l'acide sulfuriqne; la bouteille k est aussi destinée à montrer si l'appareil est bien clos, et s'il ne pénètre dans la cage que de l'air ayant passé par h et par j. Pour s'en assurer, on phice le doigt en k, et l'on fait fonctionner l'aspirateur ; aucune bulle ne doit traverser ifc. — L'acide carbonique qui pénètre par l'ouver-
< BouBsingault, A^ronamie, Chimie sgricole et Physiologie, I, 69. L'appareil copié <le U planche I, flg. 8, a été, pour pliu ie clarté, quelque peu simpliËÉ.
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