EFFET COMBINE DE LA FORCE DES RACINES, ETC
ces gouttelettes disparaissent, la transpiration atteint son maximum et consomme souvent plus d'eau que n'en peovent fournir les racines ; le corps ligneux lui-même s'épuise, et finalement les cellules du parenchyme qui transpirent se vident en partie, et les feuilles se fanent.
Lorsque le corps ligneux est un peu considérable, des changements si rapides ne sont pas possibles ; s'il a été un peu épuisé par la transpiration diurne, l'actiTité des racines pendant la Dult lui rend ce qu'il a perdu, et il ne s'échappe rien par les feuilles; dans bien des cas, 50 même 100 livres d'eau ne suffiront pas à le saturer; la tension de la sève pendant la nuit ne sera donc jamais assez considérable pour la faire sortir goutte à goutte par les feuilles; ce phénomène, si fréquent chez les plantes herbacées, ne se présente jamais en été chez les grands arbres; son apparition au printemps est très-facile à expliquer ; pendant l'hiver, la transpiration étant suspeudne, le bois s'est peu & peu saturé d'eau * ; lorsque ia température s'élève, les racines fonctionnent avec un redoublement d'énergie, la tension à l'intérieur du bois devient toujours plus considérable, et l'eau s'échappe enfin par les points où elle rencontre une foible résistance, les fissures du bois, par exemple, ou les tissus des jeunes bourgeons (Hartig, Bot. Zeitg., 1853, p. 478). Les plantes très-riches en parenchyme, comme beaucoup d'ÂroIdées, les Nepenthes, les Cephalotus, forment un contraste parfait avec celles dont le corps ligneux est très-développé; aussi longtemps que la transpiration n'est pas très-considérable, l'eau s'écoule par des organes particuliers ; ce phénomène est, en grand, absolument le même que celui des gouttes d'eau qui paraissent presque chaque nuit à l'extrémité d^ feuilles des jeunes graminées.
n faut attribuer à une tout autre cause la sécrétion de gouttelettes souvent considérables dans les nectaires de certaines fleurs (FritlUaria) ; ce phénomène est indépendant de la force des racines, car il se présente également sur un rameau coupé et plongé dans l'eau. L'imbibition des parois n'est point capable de produire uo tel effet II se passe probablement dans les tissus de la fleur quelque chose d'analogue à ce que nous avons décrit dans les racines, lorsqu'elles chassent l'eau dans la tige. Nous pouvons nous représenter que les cellules des nectaires sont fortement endosmotiques, et attirent de l'eau des tissus sous-jacents, peut-être des faisceaux fibro-
' Je n'emploie ici le mot saturé que par afabrêvladoQ ; cet état n'a auctin rapport Krec celui d'un morceau de bois saturé par im long a^our dans l'eau.
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vascnlaires. La tension entre la sève et la membrane de ces cellules peut devenir si forte, qae la première est chassée à travers la seconde Ce phénomène se distingue en deux points de l'action analogue dans les racines : 1) Les cellules endosmotiques absorbent la sève de rintérieur pour la chasser à l'extérienr, an lieu de la tirer de l'extérieur pour la faire passer dans l'intérieur de la plante; od expliqu» cela facilement, en supposant que la paroi extérieure des cellules a un pouvoir de résistance à la filtration moindre que la paroi intérieure. 2) La sève sécrétée est souvent une solution de sucre très-concentrée ', tandis que le liquide qui pénètre dajis les vaisseaux par l'inâuence des racines est de l'eau presque pure. Cette différence s'explique par la même hypothèse que la précédente. Moins la résistance à la filtration des parois extérieures sera grande, plus la sève qui passera au travers pourra être concentrée.
J'ai déjà mentionné la sécrétion de gouttelettes, dans sa forme la plus simple, chez quelques champignons comiiosés d^in petit nombre de cellules : Pilobolus cristallinus (Cohn), llucor mucedo (Fresenius), Merulius lacrymans et Pénicillium glaucuni.
H est facile de prouver par rexi>érieuce, l'exactitude de la descriptiou que j'ai donnée de la sécrétion de gouttelettes par des plantes herbacées '. Si l'on place de jeunes plantes (i>ortant 5 à 6 feuilles) de Zea Jlaïs, de Triticum vulgare, de Brasslca Napus dans l'appareil représenté dans la fig. 7 (chap. II), la chaleur de la terre augmentera l'activité des racines; la transjiiration sera gênée par la cloche qui recouvre la plante ; en peu de temps, on verra des gouttes d'eau sortir en différentes places du bord de la feuille. J'ai vu sur une plante de Solanum tuberosom en plein air, après le coucher du soleil, l'eau sortir rapidement à mesure qu'on l'essuyait. On confond facilement ces gouttes de sève avec la rosée, puisqu'elles paraissent ensemble pendant la nuit; on peut cependant toujours les distinguer à leur position parfaitement déterminée et à leur grosseur; elles paraissent également dans des nuits sans rosée. Ce phénomène est, (tu reste, connu depuis longtemps des physiologistes, et Meyen a réuni les données que nous possédons à ce sujet (Sitzungber. der Kais. Akad. d. Wiss. VVien, 1858, vol. XXVDl, p. 111). Il a été observé sur les graminées et sur les plantes suivantes : Musa, Arum, Gfesalpinia pluviosa (bourgeons), Trapœoluin, Brassica, Papaver, Ammomum Cenunbet (épis), Marantha gibha, Ludolfia glaucescens. Williamson * a recueilli en une nuit une demi-pinte d'eau du sommet d'une feuille d' Ammomum Cenunbet. L'eau commence à se rassembler dans les cupules des feuilles de Nepenthes, de Sarracenia, de Cephalotus avant que l'appendice qui les recouvre soit développé * ;
' On trouvera quelques données sur la composition du nectar dans : Caspar;, * De NectariiB, > Bonn, 1848, p. 3i.
* Meyeu (PhjsioL II, 509) a déjà donné complètement cette explication. '' Annals and Mag. of nat. history, 1848. ' Meyen, Phys., n, 313-515.
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