MOUVEMENTS DES GAZ DA^S LES PLANTES
à de grandes variations de pression et de composition chimique. Si l'on pique une partie quelconque d'une plante de Potam(^etOD, de Vallisneria, de Ceratophyllum exposée au soleil, il s'échappe immédiatement par ta blessare an courant rapide de bulles, ce qui indique une pression intérieure considérable; si, an contraire, la plante était dans l'obscurité, la pression est presque nulle et il ne s'échappe pas ou fort peu de bulles. Cette pression intérieure pent devenir considérable, car il s'échappe souvent au soleil, par la section d'une tige, des bulles pendant des heures entières; elles finissent par repi'ésenter un volume supérieur & celui de la plante ; si celle-ci était demeurée intacte, les gaz à l'intérieur auraient été soumis à mie haute pression qui n'aurait pu s'égaliser que lentement par la difiusîon. La composition chimique de ce gaz change avec la pression ; an soleil, il se dégage de l'oxygène et de l'azote libres qui rempUssent les cavités de la plante et qai s'échappent par les ouvertures; à l'ombre ou dans l'obscurité, une partie de l'oxygène sert h la respiration ; l'acide carbonique ainsi produit se dissout en grande partie dans la sève et s'échappe ainsi facilement par diffusion. Les espaces intercellulaires d'une plante submergée ne peuvent se remplir d'air que si celui qui est contenu dans l'eau ambiante passe d'abord dans les cellules riches en sève, puis de là dans les espaces intercellnlaires; ils se vident par la même voie. La diâërence de pression du gaz répanda à l'intérieur on à l'extérieur d'une plante peut rendre plus rapide la diflusion, puisque la quantité d'un gaz qui pénètre dans la sève suivant un certain coefficient d'absorption dépend de la pression ; à mesure qu'augmente la densité du gaz absorbé, l'équilibre entre un côté et l'autre doit se rétablir plus rapidement.
Le degré intermédiaire entre les plantes submei^set les plantes terrestres est représenté par celles qui sont enracinées au fond de l'eau, et dont les tiges et les feuilles, d'abord submergées, s'élèvent plus tard au-dessus de la surface (Nymphéacées, Iris Pseudo- Accrus, Cicuta virosa, Oenanthe Phellandrium, Phragmites, Typha, Acoms calamns, Equisetum limosum, etc.) ; ces végétaux ofi^nt tous des cavités aériennes considérables ; aussi longtemps qu'ils sont submergés, leur oi^anisation est la même que celle des précédents; mais, dès que les feuilles flottent à la surface de l'eau ou s'élèvent audessus, une communication s'établit an moyen des stomates, par laqaelle les difFérences de pression entre l'intérieur et l'extérieur peuvent, en partie du moins, s'égaliser.
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Od ne peut alors attribaer le phénomène en entier aux forces de diffusion, que si l'on considère les stomates comme assez étroits poar poDToir les comparer avec les pores d'une membrane endosmotiqae.
b) Dans la seconde subdivision noos trouvons les plantes terrestres, celles qui flottent toigours sur l'eau (Pistia, Stratiotes) et les Epiphytes, dont l'épiderme est partout criblé d'ouvertures stomatiqaes*. Celles-ci ne sont pas, ainsi que le microscope le montre, senlement en relation avec les espaces intercellulaires du parenchyme, mais encore elles communiquent (des expériences l'ont . ' prouvé) avec les vaisseau: aériens et les cellules ligneuses. Ces plantes renferment anssi quelquefois des cavités considérables qui forment paiement une sorte d'atmosphère intérieure ' ; cela se trouve dans les feuilles creuses et dans les spathes d'ÂUium Cepa, dans les tiges creuses des Graminées, des Composées, des Ombellifères, des Cucurbitacées, des Labiées, des Scrophularinées, des Equisétacées terrestres, dans les légumes des Papillionacées, dans les siliques des Crucifères, dans les capsulés des pavots et dans bien d'autres sortes de iruit. Il faut donc distinguer dans ces plantes:
a) Les espaces intercellulaires du parenchyme qui, grâce À leur diamètre excessivement taible, exercent des forces capillaires sur l'air qu'ils renferment.
j3) Les cavités aériennes déjà bien plus considérables des vaisseaux et des cellules ligneuses.
y) Les grandes cavités dont j'ai parlé en dernier lieu, dans les* quelles la capillarité n'existe plus du tout
Les ouvertures stomatiques qui servent de communication à tous ces réservoirs avec l'extérieur sont, à la vérité, fort nombreuses omis si étroites que les différences de, pression ne peuvent s'égaliser que lentement.
' A. Weiss a examinË 167 espèces de plantes, il a trouvé sur les fenOles: chez 64 espèces I— 100 stomates par millim. carrés. , 38 » 100—200 »
{Jahrb. f. Wisa. Bot. IV, 165).
' Duger a calculé la gnodeor des cavités aérienaes des feuilles en les ii^ectaut d'eaa. n a trouvé que sur 89 espèces, le volume fariait de 3,6 à 71 °/o de celui de la fenille (SiUungsber. der k&is. Akad. der Wiss. VPien, 1654, Basd XII, 367).
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