MOUVEMENTS DES CAZ DANS LES PLANTES. S
Les stomates de feuilles plongées dans l'ean ne se ferment cependant pas toDJoura, et surtout pas immédiatement, spécialement là où mie couche d'air revêt le limbe. La discordance qui existe entre les observations de Unga- et de Mohl sur la perméabilité des stomates sont faciles à expliquer au moyen de ce fait, ainsi qoe je le montrerai au g 73.
Baffeneau Delille ' a déjà montré qn'en souf&ant dans le pétiole d'une feuille de Neinmbium, on faisait sortir des bulles d'air par les stomates du limbe. Leitgeb et Unger' ont fait la même obserration . sur des feuilles d'Allium et d'Iris, sur des tiges d'Hippuris, d'Equisetum. Ces expériences ne réussissent que lorsque le limbe n'est pas mouillé par l'eau où on le plonge; si, sur une feuille d'Âlliom Cepa, on enlève en an point avec le doigt mouillé la couche d'air adhérente, il ne sort plus de bulles que là où existe encore la couche gazeuse. -On peut également reproduire par ce moyen l'expérience de ta fig. 32, si l'on prend dans la bouche le limbe de la feuille et qu'on serre fortement les lèvres autour du pétiole, oh verra, en soufBant, des bulles d'air sortir par l'extrémité de celuici. L'épiderme doit être naturellement parfaitement intact. J'ai fait cette expérience avec des feuilles d'Arum maculatum, Primula sinensis, Rumex, Lupinus polyphyllus, Tenacetum vulgare. J'ai assez de force pour soulever, en soufflant, une colonne de mercure de 8 à 10 cent; cette pression suffit donc pour chasser l'air à travers les stomates et produire nn courant constant de bulles gazeuses, en vainquant la force par laquelle l'eau est retenue à l'extrémité des vaisseaux du pétiole. Cette expérience réussit bien mieux an moyen de l'appareil représenté dans la fig. 33. Un tube de veire long de 10 à 12 cent, et large de 4 à 5, est solidement bouché aux deux bouts ; à travers le bouchon K passe le pétiole de la feuille B âxé au moyen d'un enduit; par K' passe l'extrémité du tube recourbé R. Le niveau N de l'eau du vase C s'élève de quelques millimètres au-dessus de l'extrémité du pétiole. On verse ensuite dans le tube R assez de mercure pour obtenir une
' Ann. des Se. nat. 1841, XIV, 328.
* SiUuugsber. der k, Akad. d. Wiss. Wieti, 1867, XXT.
Fig. 93.
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278 CIRCULATION DE l'aIR.
pression qq' de 20 cent, environ. L'air qui eDtoore la fenilte ainsi comprimé, pénètre par les stomates et sort en balles à l'eitrémité S du pétiole; au lieu d'une feuille, on peut employer un rameau entier (Oleander). Si l'on a choisi le tube R assez lai^ pour qae le niveau q' du mercure ne s'abaisse pas trop rapidement, le courant en S peut durer jusqu'à vingt-quatre heures.
§ 73. Différentes causes, et en particulier l'humidité et la lumière, contribuent à élargir ou à rétrécir le pore des stomates; ces variations ne peuvent manquer d'avoir one certaine influence sur l'égalisation des différences de pression, entre l'intérieur et l'extérieur de la plante. C'est H. vouMohl qui, dans un travail devenu classique, a, le premier, fait connaître cette particularité des stomates '. Les différences qu'on observe dans l'ouverture des pores proviennent de rapports compliqués entre les cellules du stomate et celles de l'épiderme qui l'entonre ; dans certaines plantes (Orchidées), le contact de l'eau élargit l'ouvertnre ; mais, dans le plus grand nombre des cas (Graminées, Amarylhs formosissima), la même cause la ferme entièrement ; l'ioâuence de la lumière est encore plus marquée; plus elle est vive, plus le pore est ouvert. D'une manière générale, lorsque les feuilles se trouvent dans l'air sec et à une lumière suÎESsante, l'ouverture des stomates favorise les mouvements des gaz; dans l'obscurité an contraire, lorsqu'il pleut ou qu'il fait de la rosée, leur fermeture les arrête presque entièrement. L'oi^anisation particulière des Orchidées ne les oblige peut-être à s'écarter en rien de la manière de vivre ordinaire des plantes ; leurs feuilles sont si dii^cilement mouillées par l'eau que ce n'est que dans des cas tout à fait exceptionnels que leurs stomates risquent de s'ouvrir dans des conditions défavorables. Dans les cas ordinaires, l'ouverture des stomates a probablement un diamètre moyen qui, tantôt augmente, tantôt diminue légèrement.
H. V. Mohl s'est surtout servi dans ses observations, de plantes monocotylédones qui sont remarquables par la grande dimension de leurs stomates (sw leur structure anatomique, voir le mémoire cité). Pour bien juger de l'influence de l'humidité, les feiiilles furent injectées d'eau sous la pompe pneumatique. D étudia ensuite l'influence de l'eau sur des stomates isolés au moyen de coupes et qui ne tenaient plus qu'à des fragments de cellules épidermiques ; celles-ci ne pouvaient plus exercer aucune pression sur eux ni dans un sens ni dans l'autre. Le résultat constant fut le suivant: « Les cellules qui embrassent le pore s'écartent dans l'eau, et se rapprochent dans l'eau sucrée (qui leur enlève de l'eau), d En employant
' Bot. Zeitimg, 1856, p. 697. Bibliographie. Figures remarquables.
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