PRODUCTION DE CHALEUR. 3S
dimiQoant la transpiration qu'est destinée la cloche de verre. Mais tant qae Tair de la cloche n'est pas absolument saturé de vapear d'eau, la transpiration continue; le rameau mort qui transpire davantage se maintient donc & une température un peu plus basse que le rameaa vivant Cette considération, quelque minime qu'elle paraisse, peut avoir son importance lorsqu'il s'agit, comme dans toutes les expériences de Dutrochet, de dixièmes et de centièmes de degrés. Ce qui parle cependant en faveur de l'exactitude de ces recherches, faites d'ailleurs consciencieusement, c'est la constance presque absolue de la température de l'air et la périodicité r^lière des oscillatioQS de l'aiguille thermo-électrique de la plante. Il suffit, du reste, que les résultats de Dutrochet prouvent absolument une production de chaleur dans les oi^anes de végétation ; la plus ou moins grande exactitude des indications numériques est de bien moindre importance.
Les maxima de Dutrochet, quelques dixièmes de degré à peine, paraissent bien faibles lorsqu'on les compare aux résultats obtenus par Gfippert Quelque vraisemblance qu'on puisse trouver dans ces petites valeurs, il ne faut pas oublier que leur faiblesse même les rend plus sujettes à caution. Avant de décider lequel de Goppert ou de Dutrochet se rapproche le plus de la vérité, il faut attendre de nouvelles observations, faites avec les méthodes perfectionnées dont nous disposons aujourd'hui.
Une tige fleurie d'Euphorbia Lathyris fut préparée un soir pour l'expérience; l'aiguille thermo-électrique fut plantée sous l'inflorescence; les observations ne commencèrent que le lendemain matin, lorsque l'équilibre se fut bien établi entre la température de la plante et celle de l'air.
îdbïGoo^lc
INFLUENCE DK L'OXYGÂNE ATMO8PHBIII0UB.
Euj^rbia Laihyris, d'après Dutrochet.
E«« de
1 Eieèsde
Jour.
Heure.
tempentura
de
Jonr.
Heure. : terapemtere
de
6aT.ni.
<le1>|,l>nte.
l'air.
de le plante.
l'air.
5 juin
6juin 6av.m.! 0,00-0.
12 midi.
12 midi. 0,15
1 ap.m.
lap-ra-l 0,18
Le 7 juin, le maximnin était iosignifiaDt; le 8, la prodaction de chaleur avait eatièrement cessé. Jamais les expériences ne dorèrent plos longtemps. Le maximum revient tons les jours à la même heore pour la même plante, mais à des heures différentes pour différentes pluites.
Plantée.
Henre dD maiiainm.
de l'air.
Rosacanina
10av,m.
AlliMm Pornim
Borrago officinalis . . .
12 midi.
Euphorbia Latliyris . .
1 ap.m.
Papaver somniferum. .
Cactus flabelliformis. .
Heiiantlius annuus. . .
Impatiens Balsamina .
Aylanthus glandulosa .
Sambucus niera ....
Lilium candiitum. . . .
Asparagus officinalis. .
Lactuca Bativa
D'après Dutrochet, c'est dans les boure
eons situés le plus haut
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jogle
1>H0SFH0RESCENCE. ^ 381
snr la tige qae la production âe chalear est le plus éneipqDe; à mesure qu'on descend, elle diminue. Ce fait s'accorde bien avec l'idée qne la production de chaleur doit être d'autant plus forte que la consommation d'oxygène est plus active. Dans le bois même trèsjeune, de tilleul, d'ormeau, de sapin, il n'y a pas de chaleur propre; il y eu a an contraire dans la moelle tant qu'elle contient dé la sève.
Dutrochet a fait encore une série d'observations sur la Gampa- Qula Médium, maintenue dans l'obscurité au moyen d'un récipient de carton qui remplaçait la cloche de verre; pendant quatre jours, la température s'éleva depuis le matin jusqu'à 2 heures après midi pour s'abaisser vers le soir; le cinquième jour, il n'y avait plus de différence sensible; lorsque, le sixième jour, la plante fiit remise à la lumière, l'effet recomtnença à se faire sentir. Le point de soudure de l'aiguilte introduit entre les pétales de Paeonia, de Papaver, de Rosa ne donna aucun signe d'échaufiement; dans l'ovaire, au contraire, l'effet fut marqué. L'auteur a encore constaté une période journalière dans le fruit vert de Solanum Lycopersicum, et one production de chaleur dans un certain nombre d'autres fruits. U cite enfin l'excès de température de différents champignons; chez le Boletus aërus (œneus?) le maximum atteignit la valeur de 0,45o C.
c. Phospheresceace.
§ 83. La phosphorescence des plantes en putréfactiou ne rentre point dans notre styet, et je la laisse ici entièrement de côté; les données, nombreuses à la vérité, sur la luminosité des feuilles, des fleurs, des sèves laiteuses, sont si incomplètes, que même les faits qu'elles affirment ne me paraissent pas positiis. Ces phénomènes sont en tous cas si rares que, lorsqu'ils se produisent, ce n'est qu'un observateur purement fortuit qui peut les constater. Je me bornerai à citer brièvement les principaux auteurs qui ont traité cette question '.
* C.-F.-Ph. Martias, Beise in Brasilien, II, 726 et 746 (luminosité de la aève Mtease d'une Euphorbia). — P. de Candollc, PhjBiol., II, 681 (extriul des travaox de Bœper). — Meyen, Pbysiol., II, 194. — Hartig, Bot. Zeihmg, 1855, p. 148 (phosphorescence du boiB). — Tulaane, Ann. des Se. nat., 1B48, IX iphospboreBi^ence de l'AgaricDs oleadug, du Rbizomorpha subterranea, et de feuilles de chêne mortes). — Fîtes, Flora (Regcnsborg), 1859, u** Il et 12 (réaomé historique et obserrations persoDoellea sur la phosphorescence des fieurs).
332 INFLUENCB DE L OxyCENB ATMOSPHERIQUE.
Les phénomènes de phosphorescence de l'Agaricas olearius et dn Rhizomorpha sont parmi les mieux constatés et les plus évidemment liés avec la vie de la plante. D'an ouvrage assez digne de foi de Fabre snr rÂgaricns olearius, et d'observations anciennes sur le Bhizomorpha, il ressort que la phosphorescence est aussi intimement liée à la présence de l'oxygène atmosphérique qu'à la vie de la plante ; de même que la production de chaleur, la production de lumière parait dépendre de la respiration.
L'Agarictts olearius, d'un jaune doré, croit dans toute la Provence, dans les mois d'octobre et de novembre, au pied des olivia^; d'après Delile et Fabre, ce n'est que l'hymenium qui reluit, et point les spores blanches; d'après Tnlasne ', te stipe possède aussi cette propriété, du moins par places; l'intérieur du champignon serait également lumineux. Fabre, qui a fait ces observations par une température moins élevée n'a pas constaté ce fait. Mais tous les observateurs s'accordent à dire que le champignon ne luit que pendant la vie; avec la mort, le phénomène cesse immédiatement ; de très- jeunes individus brillent comme les vieux. Fabre* a caractérisé cette apparence comme une lumière blanche, tranquille, uniforme, semblable à celle du phosphore dissous dans l'huile. Ses observations furent faites au mois de novembre par une température de 10 à 12" C. Il affîrtne positivement que l'Agaricus brille le jour comme la nuit, ce que Schînitz a déjà énoncé pour le Rhizomorpha *. Une insolation prolongée, le d^^é d'humidité de l'air ne paraissent pas avoir d'influence sur ce phénomène ; le champignon brille paiement bien par la pluie, dans l'air saturé de vapeur et dans l'eau ; la phosphorescence ne cesse que si l'Agaricus est desséché jusqu'à périr. Au-dessous de -j- 3 à -)- 4» C, la phosphorescence disparaît pour reparaître quand ta température s'élève; elle atteint son maximum entre 8 et 10° C, et n'augmente plus depuis là; elle cesse dans l'eau chaude à 50° C. par suite de la iport du champignon.
Un Agaricus phosphorescent s'éteint dans l'hydrogène et dans l'acide carbonique. Même après quelques heures de séjour dans ces gaz, il reprend ses propriétés à l'air. Il ne faut cependant pas qu'il reste trop longtemps dans l'adde carbonique, qui le détériore.
' La température était de 16 à 20" C, les eurfaces de sectiOD brillent plus ai elles ODt été expoBées dd certain temps k l'air. Tnlauie, Ann. des Se. nat., 1848, X, 345.
* Fabre, RecBercbes sar la cause de la phosphoreacence de l'Agaric de l'tdiner. Ann. des 8c. nat., 1866, IV.
» Linnesa, XVII, 627.
îdbyGoOgle
PHOSPHOUSCKHCE. 333
La laminosité n'augmente pas dans l'oxygène por, mais diminae au contraire an bout de trente-six heares. '
Au point de vue théorique, le fait le plus important mentioniié par Fabre, c'est que l'A. olearios, lorsqu'il est phosphorescent, produit beaucoup plus d'acide carbonique que lorsqu'il ne l'est pas. Le chapeau et tes lamelles produisirent en trente-six heures, dans l'oxygène pur, 4,41 cent cubes d'acide carbonique pour un gramme de substance (temp.: 12" C); un gramme de substance non phosphorescente ne produit dans le même temps que 2,88 cent, cubes d'acide carbonique' ; un morceau phosphorescent éteint à une température suffisamment basse ne produisit plus que 2,64 cent, cubes d'acide carbonique en quarante-quatre heures ; il était donc redescendu au niveau des parties qui ne luisent jamais. L'hymenium phosphorescent ne parait pas produire de chaleur.
Fabre conclut son mémoire par les observations suivantes : La phosphorescence est on effet de la respiration des champignons, et doit être rapportée aux mêmes causes que la production de chaleur de différentes phanérogames, et en particulier des Aroldées. U doit y avoir cependant chez l'Agaricns mie oi:ganisation particuhère, puisque les fleurs d'Aroldées et même de Cucurbita, qui absorbent bien plus d'oxygène et dégagent bien plus d'acide carbonique, ne s'illuminent pas. Différentes causes concourent à ce résultat conjointement à l'absorption d'oxygène. Meyen (Physiol. III, p. 197), d'après Ësenbeck, Nôggerath et Biscboff, regarde la phosphorescence do Rhizomorpha comme un effet de ta respiration qui cesse dans le vide et dans 1^ gaz irrespirables, et augmente dims l'oxygène. D'après Tulasne (1. c, p 349), les fentes et crevasses des Rhizomorpbes deviennent plus phosphorescentes après vingtquatre heures de contact avec l'air connue celles de J'Agaricus olearius. Le même auteur mentionne encore quelques autres champignons phosphorescents; ce sont : l'Agaricus igneus d'Amboina, noctilacens de Manille et Gardneri du Brésil.
' D'&près Fabre, une grenonille d'un gramme expire dans le même laps de tempe, 4,03 ceot cubes d'acide carbonique.
îdbyGoOgle
TRANSrORMATlONB DBS PRINCIPES FUTBITIPS.