SUR LA CR^TION ET LA DESTRUCTION DU PRINCIPE COLOHAKT
que j'eù prouvé plus directement au moyen de l'appareil représenté dans la âg. 4 '. Dans deux cylindres de verre Ci, égaux et incolores, on place une couche de quelques centimètres de terre ou de sable, pour recevoir les graines. On les recouvre de récipients opaques et, lorsque les germes étiola sont bien développés, on place les vases Ci dans de plus grands cylindres C'a également incolores. Chaque vase Vi est préalablement muni d'un bouchon k bien exact, entouré pour plus de sûreté d'un anneau de caoutchouc kt. Le bouchon k est traversé par un fil de fer d qui supporte une plaque de carton noirci « «. Sur celle-ci passent deux bandes élastiques 0 3 servant à fixer un morceau de papier photographique récemment préparé p (papier albumineux trempé dans une solution d'azotate d'argent et de sel de cuisine), û est une plaque de carton également noircie fixée à la tige ,d qui est mobile. Dans un appareil on remplit l'intervalle entre les deux cylindres Ca et Ci avec une solution concentrée de bichromate de potasse; dans un autre avec une solution d'oxyde de cuivre ammoniacale assez foncée pour ne laisser passer que peu ou point de rayons rouges, vertâ et jaunes. On prépare les appareils dans un endroit sombre et l'on abaisse la plaque du carton 3. On les transporte ensuite à une place bien éclairée mais abritée du soleil et l'on retire la plaque S. De cette façon pendant toute la durée de l'expérience le papier photographique est fi^ppé des mêmes rayons qui agissent sur les plantes. A la fin de Texpérience on abaisse la plaque Q et l'on emporte les appareils dans l'endroit sombre pour examiner tes résultats. — La solution du, bichromate laisse passer des rayons rouges, oranges, jaunes et quelques rayons verts: l'oxyde de cuivre suiSsamment concentré ne fournit que les rayons bleus, violets et ultraviolets. La lumière qui passe dans le premier cas, a perdu tout eÎPfet sur le papier photographique, tandis que dans le second elle le possède à un très-haut degré. Des expériences faites sur le Triticom vulgare, Carthamus tinctorius, Sinapis alba, Pisum sativum, Lupmus alhus, Zea Maïs, ont prouvé que les feuilles verdissent dans la lumière orangée plus rite que dans la lumière bleue ; le papier photographique presque intact daiis le premier cas, est très-fortement bruni dans le second. (Voir mon mémoire.)
§ 4. Destruction de la matière verte par la lumière. L'extrait alcoolique de la chlorophylle subit sous l'influence de la lumière solaire tine décomposition qui détruit la couleur verte pour laisser à sa place une teinte jaune pins' oa moins accusée. La lumière directe du soleil produit cet effet en très-peu de temps ; la lumière difiiise beaucoup pins lentement. Le pouvoir de résistance de ta chlorophylle semble varier d'une plante à l'autre ; en tons cas, celle qui a été extraite "îe feuilles plus jeunes semble détruite avant celle qui provient de feuilles plus âgées. Four la destruction de la couleur verte de la chlorophylle, comme pour sa production, la plus grande énergie parait résider dans les rayons les plus éclairants du spectre.
' Wirk. fiirbigen Lirlits, etc. Bot. Zeitg. 1664.
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ti INFLUENCE DE tA LUmÈRC
Les rayons les plus réfrangibles agissent biea dans le même sens, mais beaucoup plus lentement. Encore une influence chimique de la lumière qui n'est pas parallèle à celle qu'elle exerce sur les sels ■d'ai^nt. — Du papier h filtrer verdi par une solution de chlorophylle et desséché se décolore paiement à la lumière. Les modifications chimiques qui amènent ce résultat sont parfaitement inconnues.
J'ai démontré par Texpérience suivante ' que les rayons les moins réfrangibles ont plus d'influence que les autres sur la destruction de la cbiorophylle. On place au soleil trois appareils semblables à celui qui est représenté dans la fig. 5. Le cylindre en verre incolore C renferme dans un cas de l'eau, dans un autre une solution concentrée de bichromate de potasse ; dans un auti-e de l'oxyde de cuivre ammoniacal. Le petit tube e maintenu par un fil de fer passé dans le bouchon de C, renferme dans les trois cas la même solution de chlorophylle. Des expériences faites sur des feuilles de seigle et d'épinardont prouvé que dans k lumière jaune la décoloration est presque aussi rapide qu'à la lumière blanche; elle est beaucoup plus lente dans la lumière bleue *, Pour comparer la décoloration avec l'effet produit sur le papier photographique, on suspend le ^- ^- petit tube e dans l'intérieur de l'appareil de la fig. 4. Aux rayons directs du soleil, la chlorophylle de blé se décolora en deux heures, également bien daus la lumière jaune et dans la blanche, tandis que le papier photographique était à peine nuancé. Dans la lumière bleue le papier était très-fortement coloré tandis que la chlorophylle n'offrait pas de changement appréciable.
Un fait intéressant, c'est que la lumière qui a traversé une couche de chlorophylle n'a plus d'effet sur la couche suivante aussi longtemps que la première n'est pas décolorée; elle a iwrdu la force, disons mieux, elle a laissé sur sa route les rayons nécessaires à cette action. On peut prouver la chose directement au moyen de rajipareil de la fig. 5 : on n'a qu'à remphr l'intervalle entre C et c avec une solution de chlorophylle. Aussi longtemps qu'elle n'est pas entièrement décolorée, la solution dans le tube e ne subit aucune modification. J'ai pu, dans une occasion, renouveler et décolorer quatre fois la solution dans le vase C sans que celle de <■ fût influencée. Mais dès que la première couche est décolorée, la lumière commence à agir sur la seconde '. H suit naturellement de là qu'à volumes égaux, la vitesse de décoloration d'une solution de chlorophylle est proportionnelle à sa surface de contact avec la lumière. Mais la lumière qui a traversé une couche de chlorophylle non décolo-
' Wirk. farb. Lichls etc. Bot. Zehg. 1801, 362.
■ La liqueur colorée formait uae couche de 1 à 2 cent, d'épaisseur.
^ C'est le lien de rappeler l'obBervatioD d'Ëisenlohr (Lehrbnch der Phjsik, 1657, p. 2)3); ( Draper a démontré que les rayons qui délerminent ud dégagement d'O. dans l'eau de Cl. manquent à la lumière qui a traversé ce liquide. *
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