‹ Physiologie végétaleChapitre 90 sur 121 · I-périod · texte numérisé non relu

I-périod

n- ii*tiod«.

ni-p4d«de.

Huile

Sucre

Gomme

Amidou.

OeUulose

Albumine

106,65 traces traces

no,(y7

Frmcipesmdétenmués. . .

Ces résultats généraux sont les mêmes que ceux que nous avons indiqués pour les parties isolées; l'amidon augmente pendant les deux premières périodes pour diminuer pendant la troisième; la cellulose augmente Mblement pendant les deux premières et brusquement pendant la troisième ; le sucre augmente et l'huile diminue constamment.

Si, conune Peters l'a Êùt, ou considère la gomme qui se trouve dans ces plantes conmie de la dextrine, on a de la peine à expliquer son origine; si on la prend au contraire pour une gomme proprement dite, c'est un produit de désorganisation (des membranes?) qui doit constanunent augmenta ; une fois produite, elle ne trouve plus d'emploi dans les tissas.

Il ne faut pas chercher & étabhr un rapport entre la diminution sœsible des matières albuminenses, pendant la germination et la production de cellulose; cette perte s'explique bien plus naturellement par le grand nombre de petites racines et de poils radiculaires qu'on déchire en nettoyant la plante; plus les racines se ramifient, pins cet inconvénient augmente. Les parties ainsi endommagées se trouvent être justement toujours riches en protoplasma. Boussingault a bien montré que, lorsque le germe ne soufEre pas d'injures, la matière azotée ne varie pas; Oudeman et KauwenhoCf ont dit la même chose ' .

' CitéB par Gril < Becherches anat. et physiol^ sur la geimia. > 1864, p. 14. Je n'ai jamais tu l'origiiial. Les travaux de Fienry (Aon. de Chimie et de Phya., 166S, IT, 51] sur le même sqjet me paraineat uns ancnne valeur ; il ne parte jamais de ta production de l'amidon.

îdbïGoO^k-

Après tout ce que je viens de dire, et eo parUcnlier après les travaux de Peters, il me parait superflu de revenir avec A. Gris sur l'origtae de l'amidon dans les gi'aines oléagineuses. Mes « hypothèses » me panùssaientdéjà suffisamment prouvées par mes travaux précédents, et je crois que ses objections proviennent avant tout d'une fausse interprétation de quelques passage de mes écrits. H me semble que dans ce travail, d'ailleurs très-valable, il s'en est tenu trop exclusivement aux rapports anatomiques visibles, et ne s'est pas assez occupé de l'origine des principes dont il reconnaissait la ^présence (voy. A. Gris, « Recherches anat et physiol. sur la germination, p Paris 1864, p. 105-1 10).

§ 99. Métamorphom de la cellulose. Les tramformatioDs chimiques auxquelles sont soumis les hydrates de carbone se trouvent parfois terminées lorsque ceux-ci sont devenus de la cellulose; mais il n'eu est pas toujours ainsi ; la cellulose elle-même sert paifois à la production de nouvelles combinaisons chimiques ; celles-ci charriées par la sève aident à la formation de nouvelles cellules, ou bien elles sont employées à modifier les propriétés physiologiques des membranes; ou bien enfin elles sont rejetées au dehors comme produits excrémentitiels. Quelques-unes de ces métamorphoses sont assez bien connues pour qu'on puisse, avec certitude, retrouver la cellulose à leur point de départ; d'autres fois ce n'est que par analogie qu'on arrive à ce résaltat.

La germination de la datte ' offire un exemple frappant de la production de nouvelle cellulose, avec les produits de la transformation de l'ancienne ; les membranes cellulaires de l'endosperme (à l'exception des membranes primaires) sont ramolUes, dissoutes, transformées en glyofâe et absorbées par le suçoir du germe; là elles prennent la forme d'amidon, puis finalement redeviennent cellulose. Il se passe peut-être quelque chose d'analogue dans la dissolution et la < r^orption > des cellules mères du pollen ou des spores * ; seulement ici les produits de transformation sont inconnus.

Le cas le mieux décrit de la transformation de la cellulose en produits excrémentitiels est celui de la production de gonune adragante étudiée par H. von Mohl '. La moelle et les rayons médullaires des espèces d'Âstragalus qui produisent l'adragante, ont d'abord l'apparence normale propre & ce genre d'organismes; les parois

' Sacha, < Zur KeimungBgesduchte der DaUel, * Bot. Zeitung, 1863, p. 341 . * Hofméister, Vergleicb. UnteraiichuDgen, etc., p. 74, 104, 128; Neae BeibVe, etc. (Abti. der kais. nlchs. Qesellsch. d. Wisa., Ta, 640). ' H. ?on Mohl, Bot. Zeitung, 1857, p. 33.

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LEB MATIÉRIAUX DE LA CRLLULOSE. 395

t CD cellulose; bientôt la transforniation comtneiice et chemine des conches extérieures aax couches intérienres, ne les atteignant pas toutes avec la même énergie; toute la substance revêt peu à peu les caractères de la gomme adragante ; elle acquiert en particulier la propriété de se gonfler énormément dans Teau ; aussi peu à peu elle augmente de volume et s'échappe bientôt par tontes les fentes de la tige.

D'après Wigand, c'est de la même façon que se forment la bas- BOrine et l'arabine '. Cette dernière ne serait du reste qu'un produit de transformation plus avancée qne la précédente ; toutes les couches de ta tige du prunier peuvent subir cette métamorphose sur un espace plus ou moins étendu ; la chair du fruit et le noyau luimême n'en sont pas exempts ; on trouve dans ce dernier des cellules qui d'an côté sont encore en bon état et de l'autre sont déjà transformées en gomme. Le même auteur a trouvé dans des morceaux de gomme du Sénégal, des cellules d'écorce d'Acacia sur lesquelles on pouvait suivre pas à pas la transformation. D'après Cramer, on peut reconnaître sur la gomme des Cactus toutes les couches d'épaississement des cellules et même les pores (dans l'alcool).

Ces diverses observations concourent bien à prouver que la gomme adragante, la bassorine et l'arabine sont des produits de la transformation de la cellulose; elles n'ont jamais d'autre origine; rien ne nous fait supposer non pins qne ces substances soient résorbées par les tissus et utilisées de nouveau dans roi^i;anisme ; ce sont des produits excrémentitiels et non point des matériaux plastiques.

On rencontre dans les cellules épidermales de beaucoup de graines, dans les péricarpes des labiée, dans les poils de l'achène des composées, etc., une transfonnation de la cellulose qui rappelle la production de bassorine *. Les membranes cellulaires très-épaissîes dans tous les cas qne nous venons de mentionner subissent, sans chEUiger d'aspect, une transformation chimique profonde ; elles absorbent des quantités considérables d'eau, se gonflent énormément et font éclater les couches cuticulaires extérieures; elles se

' A. Wigand, < Ueber die Deso^^isatJon der Pflanzeazelle, > Jahrb. f. visa. Botonik, 1861, 111, 117.

* Hoâneister, * TTeber die zo Oallert aofqnelleDden Zellen der Ami9en&&che von Samen and Pericarpien > (Berichte d. k. s&cha. Geaells. d. Wiss,, 1858, février, p. 99 et SO). — Nageli, Sitztmgsber. d. k. bayeriBcheo Akad. d. Wias., 1664, juillet.— Ciamor, € Ceber das TorkODUneii und die Entstebong einîger Pflaozensdileiine, > dans Nigeli nnd Cramer, PflauzeDpbjs. Unten. 3~* cahier.

répandent dans l'ean boob la fonne d'an mucos transparent et inao- Inble. Ces produits, étudiés par Hofineister dans les graines de lin, de trèfle et de coing, bteuissent bous l'influence de l'iode et de l'adde snlforique \ poor quelques-uns (Salvia Honninam, Teesdelia nndicauGs) il suffît même de l'iode senl. De la même façon les membranes cellolaires des Palmellacées, des Nostochinées et des Chroococcacées, etc., se transforment peu à pen en un mucus toiyonrs plus fluide.

Lors de la production de la substance dite : •■ iutercellùlaire > la cellulose des couches extérieures des membranes se transforme en une substance encore incoimae. C'est à H. von MohI que sont dues les meilleures observations que nous possédions à ce snjet*.

La Tisdne des baies du gui est due, d'après Wigand (Jahrb. f. Wiss. Bot m. p. 171) à. une transformation des membranes cellulaires; la substance qui retient ensemble les grains de pollen des Orchidées et des Onagrariées aurait une origine analogue. Je crois qu'il faut aussi attribuer & une métamorphose de la cellulose, toutes ces modifications des membranes celluUdres qu'on a jusqu'à présent appelées sans grandes raisons des * infiltrations > (c'est-à-dire dépôts de molécules d'une nature différente entre les molécules de cellulose) . Je veux parler ici de la lig^cation, de la formation du liège et de la coticnle, de la coloration des parois. Comme on n'a jamais donné d'argument positif en faveur de l'hypothèse de l'infiltration, je ne la discuterai pas ; je me bornerai à citer les faits qui me paraissent confirmer ma manière de voir; je m'appuie d'abord du fait bien étabU par MohI et Payen, que la matière organique qui ae trouve à la base de toute membrane est de la cellulose'.

Dans l'hypothèse de l'infiltration, on admet que les molécules de lignine, de li^e, de cuticule et de matière colorante sont de formation secondaire, se déposent entre les molécules de cellulose et par le moyen de certains dissolvants (exemple : macération de Scbolze) peuvent être enlevées et laisser la place à de la cellnlose pure. Je pense au contraire que les molécules de lignine ', de liège, ^£.

' Voyez aurai Wig&nd, < Ueber IntercellnUnubstanz ond Cuticula, > fiotanîache Untersudi. Braunachweîg, 1854.

» Pajen, AJan. dea Se. nat., 1840, XIV, 99. Ibid., 1841, XVI, 321. — MohI, Bot. Zmtaae, IS47, d- 29, 30, SI, et Teget. Zelle, p. 189, 193. — Kabscb (JAhrbOcber Wiss. Bot. lu, 867), a discuté lea noaveUes kjpothèses de Frémy sur la sobnaace des membnnes.

* Ueber L%iiJD imd CnticnlarsnbBtanc, nf. Fraui Scbulie, Lehrbnch der Chewie f. Laadwirthe. LeipziK, n, 2— partie, p. 2.

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LES MATtRlAIR DR LA CILLOLOU. 397

prennent naissanu à la place m^e où nous les trouTOQs; elles sont dues à une transformation chimiqae d'one partie de la cellnlose, et elles n'ont jamais existé dans la sève on te protoplasma. Je ne parle pas ici des substances azotées ' et mincies (acide silidqne'*) que l'on rencontre quelquefois dans la cellulose : celles-ci sont à mon avis dues à des inâltrations.

Si ces principes, avant d'ïurriTer dans la membrane existaient dans l'intérieur de la cellule, on deTrait les y rencontrer sous tme forme quelconque; il faudrait sans cela snpposer que, à mesure qn'ils se prodoisent dans la sève, ils passent dans la m^obrane, ou qae quelques-unes des sul)stances costenaes dans la cellnle se transforment en lignine, ep liège, au contact de la membrane. Il est vrai que la cellulose qui se produit dans l'intérieur de la cellule ne s'y rencontre jamais sons cette forme ; mais on y trouve an moins des grains d'amidon, des hydrates de carbone qui expliquent sa formation, tandis que personne ne peut dire aux dépens de quels principes se produisent la lignine, le li^, etc.

Je pais encore citer, à l'appui de ma manière de voir, le fait que les couches d'une membrane sont toojours d'autant plus modifiées qu'elles se trouvent placées pins à l'extérieur de ta cellule, c'est à dire pins loin du protoplasma et de son influence; la couche interne offre presque toujours les réactions de la cellulose h peu près pnres*.

Si )fl. lignine, le liège, eta, provenaient de l'intérieur de la cellule, ii faudrait toute une nouvelle série d'hypothèses pour expliquer lenr position dans la membrane; s'ils proviennent d'une transformation locale de la cellulose, le voisinage du protoplasma n'est plus one nécessité *■ H est vrai que l'acide silicique, produit évideat de l'infiltration, se rencontre aussi surtout dans les couches extérieures; mais il n'est point prouvé qu'il provienne de l'intérieur de la

* ' Od tronve souvent de la qninine et de la cinchonine dans la sabataDce des membranes cellulaires et en particulier dans l'écorce. Wij^and, Bot. Zeitung, 1862, p. 142.

* L'acide silicique qa'on trouve en gëDÉrtd déposé dius les membranes se reocontre aussi assez souvent dans l'iutérienr des cellules.

* La cuticule, de même que la substance intercellulajre, n'est autre chose que la couche extérieure de la membrane, et sa base est toigours la cellulose. Hofmeister en a retrouvé des réacflous (I et SOj) sur des graines de lin et des fenilles d'Hoy» camosa, d'Ordiis Horio aprfs une macération prolongée dans la potasse, fier. der. k. B&cba. OesellB. d. Wiss., 1858, p. 21.

* L'air et peut-être aussi la lumière jouent un eertfùn r6Ie dans la production de la cuticule et du liège, du moins les blessures faites à un tissu se recouvrent presque toiigours d'une couche de liège qui préserve contre les agents extérieurs les parties

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39S TRANSFORMATIONS DBS PRINCIPES KUTRITIFS.

cellule; il monte peat-ètre directement depois la radne il travers les membranes cellulosiques ; si dans certains cas il provient réeliement de l'intérieur de la cellule, on peut encore le mettre à part puisqu'il ne joue pas on r6te direct dans la production de matière organique.

Enfin si c'est surtoot dans les couches extérieures qne se rencontrent la lignine, le liège, etc., ces substances se rapprochent en cela de la gomme que nous avons vue être un produit de métamorphose.

La nature chimique des principes qui nous occupent ici, est trop peu connue, pour que la chimie paisse avancer des arguments valables d'un côté on de l'autre. Je remarquerai toutefois que la lignine, le liège et la cuticule sont des combinaisons plus pauvres en axjgène que la cellulose; on pourrait expliquer leur formation par une sorte de putréfaction ; sons l'influence de l'oxygène de l'air, il se produirait de l'eau et de l'acide carbonique et il resterait une ctunbinaison plus riche en carbone ' ; peut-être les matières azotées qui pénètrent par infiltration dans la membrane y agissent-elles comme ferments. La lignification serait alors le premier degré de la transformation en humus.

La production de cire et d'autres combinaisons graisseuses aux dépens de la cellulose a été supposée par Wigand et Karsten * ; ils ne l'ont pas prouvée, parce qn'ils n'ont pas suivi la transformation pas à pas ; ils n'ont tiré leurs conclusions que des rapports de position. D'après Karsten, l'enduit de cire et de résine qui revêt le Ceroxylon et la Klopstokia, la dre des fruits de Myrica provien-

' D'après Schuize la formule empirique de la lignine est : C,i Hi^O^; d'après Wtll, celle de l'humus de chËne C^ H„ On (Schuize, Lehrb. d. Cfaem. f. Landw., n, 234; 2~* partie, 28). D'après Frénjy la cuticule est de nature graisseose; l'épidenne des feuilles d'Iris, pétales de Camellia, Pommiers, traitée par l'acide chlorhjdrique, l'ozjde de cuivre ammoBiacal, la potasse, l'alcool, l'éther et l'eau, se réduit k une membrane mince qai est la cuticule ; sa compoution est de : C = 73,66 H = 11,37 0 = 14,97 En chaofbAit cette substance an obtient des acides gras ; sous l'influence de l'adde azoUqae bouillant il se dé?eloppe de l'acide sabériqne ; sous l'iniluence de la potasse, il f a saponification (Ann. des Se. nat., 1B69, XII, S34). Fayen avait déjà trouvé dans l'épiderme (cuticule?) du Cactus pemnanus 9,09 "/o de graisse (outre 13 % de matière azotée, 2,66 % d'acide ailictqne, 6^7 "/g de sels, et 68,68 7a ^^ ceUulose (Ann. des Se. nat., 1856, V).

* Karsten, BoL Zeituog, 1857, p. 313. Wigand, I. c, 170 et Bot Zeitung, 1850, p. 426.

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