‹ Physionomie Actuelle de l'Alcoolisme en TouraineChapitre 12 sur 29 · LES SPIRITUEUX · texte numérisé non relu

LES SPIRITUEUX

Nous ne ferons que citer les autres boissons alcoolisées dont font usage nos concitoyens. En effet, le climat de l’alcoolisme, quelle que soit la région où on l’étudie, s’imprime surtout à la campagne. L'’alcoolisme citadin tourangeau est le frère de tout alcoolisme citadin, surtout de nos jours. Autrefois, il fallait jeter le pont-levis pour aller du département au chef-lieu ; aujourd’hui les fossés sont comblés, l'octroi n'existe plus en ville et les chiffres que nous allons donner serviront à mesurer l’intempérance en ellemême plutôt qu'à la spécifier.

Nos recherches nous ont appris qu'il y avait néanmoins une augmentation considérable dans la quantité des spiritueux que l'on boit ces dernières années.

Alors qu’en 1930, cette quantité était de 6.976 hectolitres, en 1933 elle est de 8.141 (1).

Ces spiritueux sont les apéritifs de toutes marques, les eaux-de-vie, les innombrables anis, vermouths, amers qui s’étagent en bibliothèques colorées sur les parois des grands cafés et des débits. Il existe aussi les distilleries régionales. Leur influence est peu importante dans la gamme complète des verres à boire. La plus célèbre construit un apéritif à base de vins de Vouvray où le produit de nos vignobles entre dans la proportion de l’alouette du célèbre pâté de Pithiviers: une pour un cheval, 1 litre pour cent de vin d’origine inconnue.

Le vin d’origine inconnue, nous dira-t-on, est comme le vin de Touraine : c’est de l’alcool dilué. On nous reprochera peut-être de mettre dans cette question vin et alcool sur le même plan. M. le Professeur Lœper n'’écrit-il pas : « Est-il soutenable de prétendre qu'un mélange complexe peut être confondu avec l’un quelconque de ses composants principaux ou secondaires ? » On n'’assimile pas le lait au lactose, dit-il en substance. « On ne doit pas assimiler le vin à l’alcool. »

Mais il n'en demeure pas moins qu’en buvant un litre de lait de vache, on absorbe 55 grammes de lactose et un litre de vin à dix degrés, 100 grammes d’alcool par litre. Que le résultat pour les muqueuses gastriques, provoqué par l’ingestion de 100 grammes d’alcoo! pur soient plus éclatant que celui provoqué par un litre de vin, peut-être ; mais pour l’organisme le résultat est le même.

Après le vin pour la quantité, les spiritueux pour l'importance, le produit alcoolisé que l’on consomme le plus en Indre-et-Loire est le cidre.

3° LE C1nRE

En 1930, la consommation de cidre fut de 25.567 hectolitres. En 1933, le chiffre est en régression et on

(1) Chiffres communiqués par les Contributions indirectes.

PE

n'absorba dans notre département que 21.108 hectolitres. Ces chiffres sont des chiffres de régie, mais en citant la production de cidre d’Indre-et-Loire pour 1933 et en disant que la consommation de la récolte est faite uniquement par l’indigène, on constatera que cette quantité est beaucoup plus élevée.

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On constatera en comparant ces chiffres avec ceux des productions vinicoles que les grands producteurs de cidre sont les cantons de petit rendement de vin.

C’est ainsi par exemple que Savigné donne 9.040 hectolitres de cidre pour 14.983 de vin, alors qu'Amboise, gros pays de vendange, n’en donne que 794 contre 104.748.

Le cidre de nos régions, d’ailleurs, n’est pas un cidre très alcoolisé. Il titre en général de 2,85 à 3,70 degrés au litre.

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