‹ Physionomie Actuelle de l'Alcoolisme en TouraineChapitre 23 sur 29 · SET TER · texte numérisé non relu

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tains de ces signes, sous diverses influences sont plus ou moins marqués.

Dans la région de Vouvray (vin blanc) le docteur Guigner a remarqué principalement en été que de nombreux dyspeptiques venaient le consulter parce que « ils ne mangaient pas et qu'ils engraissaient ». Le matin ils vomissaient ou tout ou moins avaient des nausées accompagnées de toux. Ils éprouvaient du dégoût pour la nourriture. Très souvent il s'agissait de solides gaillards au visage vultueux. Les signes physiques étaient insignifiants : langue blanche, estomac dilaté plein de gaz, léger subictère ; ce dernier signe faisant souvent défaut. En outre la majorité avait une diarrhée réveille-matin, qui continuait dans la journée. Leur tension artérielle était basse : 7-10 ou 7-11. Et ce médecin insiste sur le fait qu'il existe dans sa région un nombre considérable d’alcooliques ainsi marqués par leur maladie.

Nous avons en pays de vin rouge, à Bourgueil notamment, recherché ces signes. Ils existent à degré beaucoup moindre et la plupart des alcooliques chroniques étant de forts mangeurs ils font de l’hypertension. Un tableau mixte est réalisé dans les pays sans vignobles tels que Prenïlly-sur-Claise, la Haye- Descartes, le Grand-Pressigny. Le buveur est mixte et il est aussi rare d’y rencontrer un colosse hypotendu qu'un fort mangeur avec une lourde tension.

En milieu hospitalier : pour la grande majorité du service où nous avons travaillé, le recrutement est citadin (81 %). Sur 357 malades hommes hospitalisés en 1934 pour affections diverses. 149 présentaient, y compris les malades atteints de maladies éthyliques, des signes d’imprégnation alcoolique. Dans la majorité des cas on trouvait le subictère des conjonctives chez les buveurs variés (121), la pituite du matin surtout chez les buveurs de vin blanc (32). Presque tous, par contre, avaient un tremblement plus ou moins intense des doigts (141). L’était physique des buveurs de vin blanc était inférieur à celui des bu-

veurs mixtes qui eux-mêmes présentaient un organisme plus atteint que celui des buveurs de vin rouge (travailleurs en bâtiment principalement).

Chez les femmes, nous avons sur 401 malades, trouvé ces signes sur 17 d’entre elles de professions reconnues comme prédisposées à l'alcoolisme telles que femmes de ménage, laveuses, cuisinières, etc. Chez elles le signe principal de cette intoxication éthylique, était représenté essentiellement par le tremblement des doigts (16). La pituite et les troubles gastro-intestinaux étaient beaucoup moins accusés que chez l’homme.

Chez certains alcooliques enfin, nous avons relevé une furonculose tenace qui ne s’améliora qu'avec un essai de désintoxication associé au traitement de l’insuffisance hépatique légère qu'ils manifestaient. Or l’un d’eux se vantait de n'avoir jamais bu autre chose de sa vie que du vin rouge pur.

Enfin il ne faut pas oublier que le délirium tremens cité plus haut, est essentiellement un accident qui survient chez l’alcoolique chronique. Les cas que nous avons observés, se produisirent chez des hommes de 35 à 45 ans en moyenne. Néanmoins il est remarquable le cas de ce jeune homme de 21 ans qui fut présenté à un médecin de la région de Neuillé-le-Lierre en pleine crise, désorienté dans le temps et dans l’espace et ayant, fait plus rare, en partie oublié sa personnalité. Son cas était survenu au moment de la distillation du vin et c’est à la suite d’excès d’alcool pur suivant une période où il avait encore exagéré sa dose quotidienne devant un travail plus considérable que survint cet accès.

En un an dans cette région, cinq cas nous furent signalés en 1934, tous dus à l’excès d’eau-de-vie chez de forts buveurs de vin.

A l’hôpital, sur les trois cas signalés l’un fut consécutif — et c’est classique — à une pneumonie particulièrement sévère. Signalons ici le nombre imposant de décès d’alcooliques tant à l’hôpital qu’à l’asile dû à la pneumonie. Ce mode de mort est très fré-

quent en Touraine et tous les auteurs régionaux sont d'accord sur ce point.

Le delirium tremens « ce délire à éclipse » de Legrain ne se remarque pas en pays de vin rouge et en pays sans œnolisme. C’est ainsi qu’en 7 ans dans la région de Loches un médecin que nous connaissons n'en n’a soigné que deux cas.

Mais une des complications les plus fréquentes de l’'Indre-et-Loire c’est imcontestablement.

La Gastrite. — Elle est extrêmement courante. C'est ainsi surtout dans les pays de vignobles blancs et plus particulièrement dans les pays où le vin n’a pas un degré alcoolique très élevé par exemple dans le Richelais.

En ville on la trouve surtout chez le buveur d’apéritifs. C’est une affection de la classe aisée qui prend une importance encore plus grande chez les fumeurs -endurcis.

En milieu hospitalier, en 1934, sur 357 hommes, nous avons relevé 9 gastriques éthyliques. Si les plus nombreuses se trouvent parmi les habitants des contrées que vous venons de citer, les plus sérieuses se comptent dans les régions de Saint-Avertin, Joué.

Les auteurs régionaux se plaisent à dire que la gastrite éthylique ne prédispose pas au néoplasme ; 1! est un fait certain, c'est qu’à l'hôpital sur quatre hommes venus consulter pour gastrite éthylique, deux se sont terminées par des cancers de l'estomac. D'autre part, le docteur Guigner de Reugny nous dit avoir rencontré quatre étiologies éthyliques sur cinq néoplasmes en trois ans et le docteur Viette de Thilouze deux en quatre ans dont un chez une femme.

Chez les femmes, nous n’en avons compté que deux.

La plupart de ces malades buvaient du vin blanc comme boisson « de fond ». Et il semble qu'il y ait une recrudescence de cette affection depuis que les plants américains de Noah ont été importés au moment du phylloxéra.

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Les Cirrhoses. — Nous abordons là un des points les plus importants de notre travail. On sait la fréquence des cirrhoses. On sait les discussions passionnées qu'a entraînées l'étude étiologique de cette maladie. L'association de l'alcoolisme avec certaines autres affections a fait dire à de nombreux auteurs que le terrain alcoolique était soumis à un germe pathogène.

Widal et Besançon ont, au laboratoire, obtenu des scléroses du foie de cobaye auxquels ils avaient inoculé des produits tuberculeux peu virulents. Gerhardt voulait que les cirrhoses de type Laennec fussent chez les spécifiques une complication syphilitique.

Hall et Butt ont cherché à mettre en avant le rôle du cuivre trouvé dans certains aliments tels que les crustacés. Lancereaux incriminait le plâtrage des vins. Mais il semble avéré que chez tous ces malades, y compris les cardiopathes avec asystolie chronique, l'alcoolisme joue un rôle prépondérant.

Le professeur Marcel Labbé écrit au sujet des médecins qui traitent de l'alcoolisme régional dans ses rapports avec les cirrhoses : « A les entendre, le vin du pays ne produirait ni intoxications, ni cirrhoses, et quand on observe une cirrhose, elle serait due à la consommation de vin étranger au cru ou d'alcools variés. Sans doute, y a-t-il quelque chose de vrai dans cette opinion, mais on ne saurait cependant l’accepter dans son intégralité, car ce serait chose dangereuse que de laisser croire au public que le vin du pays ne fait point de mal, et qu'on en peut boire à volonté sans rien craindre. Toute boisson alcoolique, même de la meilleure qualité, peut produire l’intoxication quand on en fait un abus. »

On sait d'autre part que la cirrhose se produit surtout à l’âge mûr, à partir de quarante ans, qu'elle est l’aboutissant d’une intoxication prolongée, qui amène la lente destruction des cellules et du tissu conjonctif contrairement à la stéatose et à la destruction immédiate de la cellule observées chez ceux qui s’intoxiquent massivement.

Une opinion très répandue chez le malade est également que cette affection est due exclusivement au vin blanc. Nous rapportons ci-dessous l'observation d’une cirrhose typique observée chez un malade qui ne buvait que du vin rouge.

M. C.., âgé de soixante ans, marchand de journaux.

Après une période préascétique classique, accompagnée de tous les signes cliniques d'insuffisance hépatique, entre à l’hôpital avec une ascète considérable.

Il se présente à l’inspection amaigri, les pommettes sillonnées de varicorités, avec subictère des conjonctives, tremblement des doigts. Pas de pituite matutinale, mais avant l’hospitalisation fréquents vomissements au réveil. En découvrant le corps on voit, contrastant avec la maigreur extrême des membres, le classique ventre de batracien sillonné de veines sous-cutanées en forme de non moins classique tête de Méduse. Le palper ne permet pas d’explorer le foie, masqué sous les fausses côtes. La rate est accessible. La première ponction a permis de retirer neuf litres de liquide (Rivalta positif. Cellules endothéliales desquamées. Prédominance de lymphocites). La seconde, huit jours après, en ramène six litres de même formule. La tension artérielle est basse : 12-8 au Pachon, avec chute marquée après chaque ponction (11-7 1/2 la première fois et 11-7 la seconde). Le Wassermann dans le sang est négatif. Le dosage de l’urée indique 0,49. L’analyse d’urine indique : Sucre 0, albumine 0,20 ; présence de sang. La ponction lombaire est négative quant à la syphilis.

En interrogeant ce malade nous apprenons qu'il avait coutume de boire quatre à cinq litres de vingt rouge par jour, tant aux repas que dans l'intervalle. Jamais il ne prenait d’apéritifs, parfois le matin à jeun un ou deux verres de vin blanc. (C’est d’ailleurs de là, pour lui, que vient tout le mal.)

Exitus rapide relativement après deux mois et demi d’hospitalisation.

Voici donc un cas typique de cirrhose au vin rouge. Et là il ne semble pas possible d’incriminer la syphilis puisque rien dans son passé pathologique et rien au laboratoire n’a été trouvé.

Dans le service, en 1934, on a reçu sept cirrhoses alcooliques. Sur ce chiffre, deux seulement étaient survenues chez des spécifiques.

Quant au sexe, la même année nous avons relevé huit cirrhoses au pavillon des femmes, dont trois chez des spécifiques et une chez une malade ayant eu une pleurésie bacillaire. L'âge des malades variant tant pour les hommes que pour les femmes de 37 à 62 ans ().

Ces chiffres viennent à l'appui des considérations générales de Chauffard, Sergent, Achard et Labbé, qui montrent la suprématie de la femme sur l’homme dans le domaine de la cirrhose.

Sur ces quinze malades, douze sont de la ville, trois des environs immédiats.

Tous, à l’exception du malade dont nous avons rapporté l'observation, et deux paysans, sont des buveurs mixtes, alcools, apéritifs, vin rouge. Les deux paysans buvaient du vin blanc parce qu'ils en cultivaient, buvant du vin rouge aux repas. Les femmes consommaient davantage d'alcool que les hommes, prenant beaucoup de café et arrosant largement chaque tasse qu'elles buvaient.

Nous constatons donc en lisant ces chiffres que, toutes proportions gardées, c’est le buveur mixte qui prédomine et de beaucoup. Les complications gastrointestinales concomittantes sont exceptionnelles, mais il en est une que nous avons trouvée très fréquemmert avec le docteur Desbuquois, c'est l’hémorragie intestinale. À l'hôpital, 80 % des cirrhotiques font des hématémèses, des hémorragies intestinales. Parfois il s’agit de découvertes d’autopsie, mais le plus souvent on se trouve en présence d’un épanchement cliniquement manifeste.

On doit également penser en constatant d’une part le nombre plus élevé des cirrhoses chez les femmes, d’autre part la faible quantité de femmes cacooliques, qu'elles présentent une notable susceptibilité à concevoir cette affection.

{1) En 1931, 11 cirrhoses chez les hommes, 9 chez les femmes. En 1932, 4 — —— 10 — En 1933, 8 — - 12 —

Malgré tout, la cirrhose n’est pas aussi répandue en Indre-et-Loire que dans certains départements. En effet, à la campagne, au cours de nos nombreux remplacements, nous n’en n’avons jamais soigné ni en 1933 ni en 1934. D'ailleurs les chiffres suivants nous sont communiqués par certains médecins : Du docteur Binêt, de Châteaurenault, cinq cirrhoses, dont trois femmes, de 1911 à 1934. Du docteur Giraud, de Genillé, trois cirrhoses, de 1914 à 1934 (deux femmes). Du docteur Bremier, de Loches, deux cirrhoses, de 1929 à 1934 (une femme). Du docteur Rolland de la Haye-Descartes, six (quatre femmes), de 1921 à 1934. Les chiffres de la Haye-Descartes et de Loches viennent à l’appui de notre thèse que les buveurs de vin blanc ne sont pas les principales victimes de cette maladie, puisque dans ces communes extra-vinicoles, il s’agit surtout de buveurs mixtes, vin rouge et alcool. Le docteur Denoyelle de Tours est d’ailleurs d’avis que les cirrhotiques sont principalement des alcooliques purs ou mixtes exceptionnellement des buveurs de vins absolus. Toutes les cirhoses que nous avons eu à examiner ou dont on nous a rapporté les observations, étaient des cirrhoses ascitogènes.

Après la cirrhose, la maladie engendrée par l’alcoolisme que l’on rencontre le plus communément est :

La polynévrite éthylique. — Elle est rare néanmoins.

Nous n'avons pas à faire ici la description des signes cardinaux d’une polynévrite éthylique. On sait que c’est une paralysie flasque accompagnée d'’atrophie musculaire, progressive, commençant par des fourmillements au niveau des membres inférieurs, douleur du mollet, crampes, puis paralysie croissante des extenseurs, extenseur propre du gros orteil, extenseur commun des orteils, péroniers latéraux. S'il peut encore marcher, le malade steppe, le pied en varus équin. S'il est alité, son pied est ballant. Les réflexes rotuliens sont abolis, il n’y a pas de Babuiski, le signe d’Argyll-Robertson est négatif.

C’est devenu lieu commun que de dire que les polynévrites éthyliques se rencontrent avec plus de fréquence chez la femme que chez l’homme. Leur étiologie est plus discutée. II y a comme toujours la lutte entre le partisan du vin blanc plus toxique que le vin rouge. Nous citons plus bas nos chiffres d’observation pour apporter notre impression sur ce sujet, mais il semble qu'il y ait surtout en Indre-et-Loire des polynévrites purement éthyliques. Nous avons bien trouvé des polynévrites arsenicales. Le professeur Castaigne dit que dans ces cas on peut incriminer des vins contenant de l’arsenic parce qu'on emploie des substances toxiques pour lutter contre les parasites de la vigne et l’intoxication chimique s'ajoute à l’intoxication alcoolique. On à pu dans certains pays (tel Limoges, rapport du docteur de Léobardy) constater une épidémie de polynévrites arsenicales. Son origine venait d’un vin contenant onze milligrammes d’acide arsenieux par litre.

Mais jamais en Indre-et-Loire, après des recherches au Laboratoire municipal de Tours, on n’a pu constater pareil fait analogue à cette intoxication extraéthylique et très régionale.

En définitive, :il paraît bien que les polynévrites éthyliques, dans la majorité des cas, soient plus individualisées qu’on le rapporte en d’autres contrées.

Voici quels ont été, en milieu hospitalier, les résultats de nos recherches.

Aux hommes, en 1934, sur 357 malades, nous avons relevé en tout et pour tout un cas de polynévrite éthylique. Aux femmes au contraire, durant la même année, sur 401 malades, nous en avons trouvé six. L'homme, que nous avons interrogé, était un buveur exclusif de vin blanc, il s'agissait d’un habitant de Tours, retraité des chemins de fer. Les femmes, de condition supérieure à celles des cirrhotiques dont nous avons parlé précédemment, étaient réparties comme suit : quatre buveuses de vin blanc (deux veuves de guerre, une amputée de jambe, une blanchisseuse) ; deux étaient buveuses mixtes, eau-de-vie

et vin rouge (il s’agit de deux domestiques). La plus jeune avait trente-cing ans, la plus vieille quarantesix (1).

Il semble donc d’après ces faits que les buveurs soient ici buveurs de vin blanc.

Une de ces malades particulièrement intéressante présentait associées une polynévrite éthylique et une cirrhose alcoolique. Nous avons pensé qu'il serait intéressant d’en relater ici l'observation.

Mme C..…., 44 ans, fermière dans pays proche de la Sarthe (Chemillé-sur-Dême).

Alitée depuis quelque temps avant son entrée à l’hôpital, pour des douleurs abdominales diffuses, en même temps que son ventre augmentait de volume. Depuis longtemps elle présentait des signes d'intoxication alcoolique chronique : cauchemars, vomissements le matin, anorexie. Le soir ses jambes enflaient légèrement. On arrive à lui faire préciser qu'elle buvait beaucoup de cidre (quatre bouteilles par jour), du marc (cinq ou six fois par jour) et du vin rouge aux repas. Jadis (elle est en Touraine depuis douze ans) elle buvait de la même façon dans une ferme de Bretagne où elle était domestique.

À son entrée : subictère conjonctival, faciès terreux, tics du visage, tremblement des lèvres, maigreur extrême avec gros ventre, œdème blanc et mou des jambes, pieds en extension.

Au palper l’abdomen est indolore, présence d’ascite dans le ventre. Le foie est percutable sur huit travers de doigts. Le signe du glaçon est négatif. La tension artérielle est de 10-5. Le cœur est un peu affaibli. Température 36°6.

Huit jours plus tard l’état général est meilleur. Les urines sont rares. On y trouve du pus. Purpura au niveau des membres supérieurs, gingivorragies légères.

La formule sanguine est la suivante :

Globules rouges .......:...... 2.515.000 Globules blancs Res rv 5.600 Polynucléaires tt nee 40 Polyeosinophiles. SR 9

(1) En 1931, 8 polynévrites aux hommes, 7 aux femmes. En 1932, 6 — 11 — En 1933, 2 — = 5 LA

En même temps on constate une extension de plus en plus accentuée des pieds avec flexion des orteils sur le pied et légère déviation du pied en dedans.

Il existe une atrophie marquée des extenseurs localisée aux jambes, les cuisses gardant leur tonicité et leur motricité.

En soulevant la jambe le pied tombe, comme le pied d’une danseuse faisant des pointes . L’œdème augmente, gagnant les hanches. Le palper du mollet est douloureux, les articulations de la hanche et du genou sont très mobiles. La flexion du pied sur la jambe est presque impossible.

Les réflexes rotuliens et achilléens sont presque abolis. I] n’y a pas de Babinski. Aucun trouble visuel. Le Wassermann dans le sang est positif.

Terminaison par exitus en quatre mois, malgré le traitement antispécifique (cyanure), les toni-cardiaques (théobromine), les diurétiques (neptal), les stimulants (huile camphrée). Les ponctions avaient ramené un liquide de formule suivante :

Lymphocytes et polynucléaires intacts ; Cellules endothéliales ;

Rivalta négatif.

Transsudat.

Evidemment, il s'agissait là d’une profonde imprégnation, datant de longtemps et soigneusement entretenue. Elle vient à l’encontre de l'opinion de médecins exerçant dans des régions à cidre, tel que le Docteur Amaudrut, de Laval, qui dit que dans la Sarthe ou dans la Mayenne on n'’observe pas de polynévrites.

On a plus spécialement incriminé dans notre pays le vin cuit, le vin blanc de qualité. Y a-t-il corrélation entre la situation sociale de ces malades pouvant consommer ces boissons plus coûteuses? Rien ne le prouve catégoriquement.

Opposées aux polynévrites constatées en milieu hospitalier, les polynévrites de la campagne se manifestent également plus chez la femme que chez l’homme, un peu plus en pays à vin blanc et sans vignobles qu'en pays à vin rouge.

C'est ainsi que ces dix dernières années à Loches on a compté dans une clientèle sept polynévrites, dont quatre chez des femmes. À Vouvray, dix-sept, dont

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