Théorie de la démarche. Œuvres complètes, t. XX, p
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« Le mouvement lent est essentiellement majestueux. »
« Tout mouvement saccadé trahit un vice ou une mauvaise éducation. »
« La grâce veut des formes rondes. »
J'y cueille encore l'anecdote suivante, qui sert d'exemple à Fauteur pour démontrer les révélations psychologiques de la démarche :
« La princesse de Hesse-Darmstadt amena ses trois filles à l'impératrice pour qu'elle choisît entre elles une femme pour le grand-duc, dit un ambassadeur du dernier siècle, M. Mercy d'Argenteau. Sans leur avoir parlé, l'impératrice se décida pour la seconde. La princesse étonnée lui demanda les raisons de ce bref jugement.
— Je les ai regardées toutes trois de ma fenêtre pendant qu'elles descendaient de carrosse, répondit l'impératrice. L'aînée a fait un faux pas; la seconde est descendue naturellement ; la troisième a franchi le marchepied. L'aînée doit être gauche, la plus jeune étourdie. —
« C'était vrai! »
Sans vouloir exagérer l'importance de la démarche, il est certain qu'elle traduit musculairement l'état affectif d'un sujet. « Autant d'hommes, autant de démarches », écrit Balzac. On pourrait ajouter: autant de dispositions d'esprit. La démarche habi-
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tuelle correspond à la disposition habituelle. On peut distinguer à cet égard :
La démarche assurée de l'homme sain et fort dont les muscles souples et vigoureux se contractent harmonieusement dans un parfait équilibre dynamique des antagonistes.
La démarche lasse et traînante qui trahit un organisme épuisé et fatigué.
La démarche irrésolue et hésitante d'un caractère faible et craintif, aussi inapte à prendre une décision ferme qu'à fouler le sol énergiquement.
La démarche sautillante des cerveaux légers et superficiels.
La démarche pesante et prétentieuse des cerveaux lourds et poncifs.
La démarche glissée, et presque rampante, des hommes sournois et dissimulés.
Citons encore : la démarche gonflée et vaniteuse, la démarche titubante de l'alcoolique, la démarche pressée, la démarche en coup de vent des agités, la démarche nonchalante des paresseux, la démarche raide et brutale, la démarche dandinée, la démarche onduleuse de la femme; sans oublier les démarches pathologiques qui permettent au médecin de reconnaître à première vue et même au bruit des pas, les hémiplégies, l'ataxie, la sclérose en plaques, etc.
Toutes ces sortes de démarches s'inscrivent pour ainsi dire dans l'usure de la semelle : de sorte que
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par 1 '.ex a m en des chaussures, un observateur averti pourrait tirer des conclusions curieuses sur le caractère de leur propriétaire.
Lorsqu'on connaît la démarche habituelle d'une personne, on peut, d'après ses modifications, deviner un trouble dans son humeur ou son caractère. Ainsi la démarche nous révélera un état affectif ou émotionnel insolite, tel que l'abattement, la fatigue, la joie, l'exaltation, Ténervement, etc.
L'étude de la démarche constitue un excellent exercice d'observation : et c'est un travail très intéressant d'attribuer d'après la démarche à une. personne inconnue qui vous précède dans la rue certains traits de caractère, puis de vérifier en la dépassant si ces traits trouvent leur confirmation dans le visage.
Le Salut que les hommes font du chapeau dans la rue et que les deux sexes font de la tête dans les lieux couverts est plein de nuances et de variétés. Inutile que je décrive ces formes que chacun connaît et dont l'intention se sent aulant qu'elle se voit. Saints solennel, respectueux, amical, affable, bienveillant, indifférent, protecteur, sec, hautain, etc., autant de traductions, par ce simple geste conventionnel, des dispositions d'esprit- de ceux que nous approchons.
Poignée de main. — On connaît trop la poignée
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île main loyale et franche, énergique, brutale, molle, froide, passionnée, etc., pour que j'insiste. Entre amoureux, entre complices, la poignée de main a toute une éloquence silencieuse dont les règles n'ont pas besoin d'être codifiées pour qu'elle soit comprise.
La main qui se donne inerte et molle, produit une impression désagréable et antipathique.
Parole. — La voix, geste sonore, reflète à son tour les états physiologiques de l'organisme. Un thorax large la rend forte et vibrante; d'une poitrine étroite, elle sort grêle et mal timbrée. Elle peut être suivant les cas, brève, impérieuse, saccadée, douce, musicale, chantante, blanche, etc., et toutes ces nuances sont autant de signes pour la connaissance du caractère.
Dans l'impression d'ensemble qui nous vient d'une personne, la voix joue un grand rôle : et souvent lorsqu'un inconnu ouvre la bouche, elle vient corriger un jugement que son premier aspect nous avait suggéré.
Je n'oublierai jamais la surprise que j'éprouvai quand pour la première fois je rencontrai le grand dramaturge norvégien Bjornson. D'après ses portraits et l'expression autoritaire de son visage quand il m'apparut, je m'attendais à trouver un homme au parler bref, à la voix impérieuse. Et quel
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ne fut pas mon étonnement, quand j'entendis le vieillard s'exprimer avec une voix chantante et pleine de douceur. Et le seul son de cette voix suffit à transfigurer à mes yeux le portrait psychologique que je m'étais fait de sa personnalité.
La qualité des discours proférés nous renseigne également sur la mentalité du sujet. On distinguera un hâbleur superficiel d'un penseur taciturne, un homme cultivé d'un ignorant, une femme sérieuse d'une coquette.
Ecriture. — J'ai laissé pour la fin, en vue dry insister, l'étude de l'écriture, parce que les signes fournis par l'écriture sont, après ceux de la face, les plus précis et les plus instructifs pour la connaissance.du caractère.
En effet, l'écriture est un geste inscrit, dans lequel se traduisent et se fixent d'une façon durable les dispositions affectives, les modalités musculaires, les habitudes mentales d'un sujet. Nous y lirons donc à la fois des révélations sur la sensibilité, la volonté, l'intellect d'un inconnu.
Ainsi comprise, la graphologie se présente comme une science sérieuse, reposant sur des bases physiologiques et susceptible de se conformer à une méthode. Sans doute, elle se simplifie, se diminue peut-être, aux yeux de certains, en perdant son caractère vaguement merveilleux, en renonçant à beau-
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coup de prétentions qu'elle ne pourra jamais réaliser : mais elle gagne en précision, en rigueur, en loyauté scientifique.
Je n'ai pas l'intention d'exposer ici un traité complet et détaillé de graphologie : outre que ce travail, qui comporte à la fois l'exposé et la critique de la méthode, serait déplacé dans cet essai, je manque trop d'expérience comme graphologue pour le mener à bien. Je préfère renvoyer le lecteur aux ouvrages devenus classiques du grand maître actuel de la graphologie, M. Crépieux-Jamin1. Pour ma part, je me bornerai à présenter les grands principes de cetle étude, dans la mesure où les révélations du geste inscrit viennent appuyer et corroborer les révélations du geste même. C'est à ce point de vue également que s'est placé le Dr Joire, dans son excellent traité de graphologie scientifique2. Négligeant tous les petits signes fantaisistes des anciens graphologues pour ne retenir que les caractères physiologiques de l'écriture, cet auteur déclare : « Parmi les signes différents que nous examinerons dans les écritures, ce qui est surtout important, ce sont les caractères généraux. Or les caractères généraux d'une écriture ne sont pas autre chose que des indices d'une modalité particulière et habituelle dans le mouvement,
1. Crépieux-Jamin. L'Ecriture et le Caractère, i vol. Paris, F. Alean,,
2. D:' Paul Joire. Traité de graphologie scientijique. Paris, 1906.
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modalité dans le mouvement qui se répète dans récriture : par exemple, des traits plus ou moins longs, des leltres plus grosses ou plus fines. Ce sont des modalités dans les mouvements de la main qui se manifestent par récriture, de sorte que l'habitude d'un genre spécial de mouvements se manifeste chez tous les individus par un trait de plume qui est identique et constant. Par exemple : les grands mouvements se manifestent par de grandes lettres, des traits lancés ; des mouvements petits, timides, réprimés, se manifesteront par des lettres petites, par des traits courts. Les mouvements secs provoquent l'écriture anguleuse ; les mouvements souples, gracieux, doux, donnent une écriture large, arrondie1. )>
Il suffît de nous reporter plus haut, au paragraphe qui traite des mouvements, pour trouver d'avance tous les signes que nous allons examiner dans l'écriture. De même qu'il y a, selon les tempéraments, des gestes lents et mous, des gestes larges et exubérants, des gestes contenus et secs, des ges tes petits et rétrécis, des gestes vifs et saccadés, il y aura des écritures lentes et molles, larges et exubérantes, contenues et sèches, petites et rétrécies, vives et saccadées. D'autre part, les trois catégories de mouvements admises par M. Giraudet se retrou-
£ . Loc. cit., p. 45.
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vent également dans récriture : il va des écritures directes disant la décision, l'énergie vitale; des écritures brisées, disant la réticence, l'hésitation; des écritures circulaires, disant la souplesse, la grâcer l'expansion. Enfin, le geste écrit a sa direction, comme le geste exécuté clans l'air : les écritures de bas en haut dénotent l'élévation des aspirations, l'imagination ; les écritures de haut en bas, les soins plus matériels, la fatigue ; les traits de gauche à droite sont impulsifs, indicatifs, ceux de droite à gauche,, restrictifs, appréhensifs.
Pratiquement, lorsqu'on veut analyser une écriture, il faut étudier successivement ses principaux caractères.
i° Direction des lignes. — Les lignes d'une écriture peuvent être parfaitement horizontales, ou bien montantes, ou bien descendantes, ou enfin serpentines, c'est-à-dire faites d'alternatives de montées et de descentes.
Examinez les gestes d'un homme sain, vigoureux, énergique : vous verrez qu'ils sont précis, nets, mesurés. De même, son écriture, qui marchera reetiligne et sans emballements ni défaillances, d'un bord de la page à l'autre . L'écriture parfaitement horizontale indiquera donc la force de caractère, la maîtrise de soi, l'équilibre moral, la volonté inflexible. Exam'nez miintenant un homme imagi natif,.
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joyeux, plein d'espoir : tousses mouvements, comme les traits de son visage et les regards de ses yeux, tendent à monter. De même son écriture sera ascendante, et traduira ainsi les espoirs, les aspirations, les élans de son esprit et de son cœur.
Fig. 19. — Écriture ascendante.
Par contre, l'homme fatigué, déprimé, triste, a le geste tombant et aussi l'écriture descendante : celleci est donc signe de dépression, de mélancolie, de lassitude, de maladie.
Enfin, l'écriture serpentine, tour à tour montante et descendante, traduit des alternatives d'impulsion et de dépression, exprime une lutte de la volonté
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contre la lassitude, révèle ainsi un caractère plein de
Fig. 20. — Écriture descendante.
ressort, qui cherche à se reprendre et à se surmonter.
Fig. 21. — Écriture serpentine.
2° Dimension des lettres. — Un autre caractère qui saute aux yeux à la première vue d'une page d'écri-
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ture, c'est la dimension des lettres. Il y a des écritures grandes, moyennes, petites. Chacune d'elles correspond à une modalité habituelle du mouvement.
L'écriture grande indique en général de l'élévation des idées, un sentiment d'orgueil et la conscience de sa propre valeur.
L'écriture petite lorsqu'elle est élégante et distinguée signifie finesse d'esprit, lorsqu'elle est vulgaire et sans grâce, signifie esprit étroit, mesquinerie. « C'est normal : prenez un esprit fin, mais délicat, intelligent, il s'occupera intelligemment de petites choses. Prenez un esprit étroit, plus grossier, qui aura moins d'élévation et qui s'occupera aussi de choses petites : ce ne sera plus de la finesse, ce sera de la mesquinerie1. »
3° Forme des lettres. — Nous avons vu qu'un individu peut avoir des gestes ronds et souples, ou bien aigus et secs : de même deux écritures opposées,, selon que les lettres ont la forme arrondie ou anguleuse.
L'écriture arrondie est le signe de la douceur, de la bonté; l'écriture anguleuse indique la dureté du caractère, la sécheresse du cœur.
4° Sobriété et fantaisie. — Un autre caractère général de l'écriture, c'est la sobriété, la simplicité du tracé, ou bien au contraire, la fantaisie et les fioritures.
i. Joire. Loc. cit., p. g4«
LES MOUVEMENTS EXPRESSIFS iCi
Une écriture qui ne contient que le minimum de
n cW Mm ,
Fig, 22. — Écriture arrondio.
traits nécessaires pour la formation des lettres, indique un esprit sérieux, cultivé, sûr de lui.
/^//^ ^ém ^^^^^ *
Fig. 23. — Ecriture ançulcusc.
Une écriture riche en traits de fantaisie, témoï-
Hartenberg. — Physionomie. il
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gne d'une imagination vive et su rabondan!^ et si
Fig. 2 4. — Écriture sobre
ces fioritures sont prétentieuses, ee sera l'indice d'un cerveau médiocre et puéril.
5° Inclinaison des lettres. — « Quand nous voyons un individu qui se tient très droit, très raide, qui ne s'incline pas, ne se penche pas, ne s'avance jamais, nous en concluons que c'est un individu qui au point de vue psychologique est un homme rigide, froid,
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sec. Il manque de souplesse dans l'âme, dans l'esprit, dans l'intelligence. Il ne sait point se plier.
Ve
Fig. s5. — Ecriture penchée.
(c Au contraire, voyez un individu qui est accessible et plutôt sentimental : il s'incline, il a les mou-
Fig. — 26. Ecriture renversée.
vements doux et souples, arrondis. Quand on a de la sentimentalité, on se baisse volontiers vers des
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inférieurs, vers des plus faibles que soi, comme pour les mieux comprendre1. »
Ces particularités appliquées à récriture nous font comprendre la signification de l'inclinaison ou de la rectitude des lettres.
Une écriture inclinée de gauche à droite indique la sentimentalité, l'affectivité, un cœur accessible à la tendresse, aux sentiments doux. C'est l'écriture habituelle de la femme et des hommes plus riches en sensibilité qu'en énergie. Inclinée à l'excès, cette écriture révèle la sensiblerie maladive, l'impressionnabilité exagérée.
L'écriture droite, verticale est celle des caractères froids, raides, impassibles, qui ne se penchent ni ne fléchissent.
Enfin l'écriture renversée de droite à gauche, qui est le plus souvent artificiellement acquise, indique la dissimulation, la contrainte, la méfiance.
6° Écartement des lettres. — Dans une ligne, les lettres peuvent être très rapprochées, serrées les unes contres les autres, ou au contraire, espacées, très éloignées les unes des autres.
Le premier caractère indique la médiocrité des idées, l'avarice, tandis que le second révèle la largeur d'esprit, la générosité.
Ces signes sont encore plus accentués par l'écart
t. JciRE. Loc. cit., p. 125.
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entre les mots et les lignes, selon que les mots et les lignes sont serrés, sans marge latérale, ou bien
Fig. 27. — Lettres séparées.
très espacés avec beaucoup de blanc autour des mots et de la page.
7° Liaison des lettres. — Voici un signe auquel les
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Fig. 28. — Lettres liées.
graphologues attachent beaucoup d'importance. Les lettres d'un même mot, non unies par un trait, indiqueraient un caractère intuitif, spontané, se laissant guider par le sentiment, tandis que les lettres unies seraient d'un caractère déductif, réfléchi, dirige par la raison. On pourrait dire que l'écriture, qui n'est
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que la copie des images mentales des lettres, vient sous la plume par signes séparés, quand ces images s'évoquent dans la conscience séparément et successivement, tandis qu'elle est liée fortement quand les images s'évoquent toujours associées entre elles par an lien logique et rigoureux. C'est pourquoi l'écriaire séparée est essentiellement celle des artistes, :les poètes, des rêveurs, des intuitifs; l'écriture liée^ :elle des savants, des logiciens, des réalisateurs pratiques, des analystes.
Tous les degrés existent dans ces aptitudes mentales, selon que les lettres ou même les mots sont plus fréquemment ou plus rarement liés. Toutes les lettres étant séparées, c'est l'intuitivité pure, l'utopie, la chimère, le paradoxe. Toutes les lettres unies, c'est la froide raison, la logique inflexible, l'analyse rigoureuse. Entre ces extrêmes, se place le type de l'esprit équilibré où intuition et déduction, sentiment et raison se balancent et s'associent harmonieusement.
8° Traits supplémentaires : barres des t, trait final, accents, ponctuation. — Ces traits supplémentaires jouent un grand rôle pour la signification de l'écriture. En effet, elles ne sont pas indispensables à la compréhension des mots écrits et exigent un surcroît de volonté et d'attention. C'est pourquoi ils nous renseignent sur la volonté et l'attention du sujet.
Les barres des t et les traits finaux, fortement
appuyés, indiquent la volonté, l'énergie. Lorsqu'ils
Fig. 29. — Finales appuyées.
sont en coup de massue, c'est l'opiniâtreté brutale.
Fig. 3o. — Finales glatliolécs.
Faibles et minces, au contraire, gladiolés, c'est-à-
dire en forme de glaive, terminés en pointe, c'est la finesse d'esprit, sans énergie de réalisation pratique.
Absents, sans accents et sans ponctuation, c'est la distraction, la négligence.
La forme même de ces signes a donné lieu à de nombreuses interprétations : je renvoie aux traités complets de graphologie.
9° Égalité et inégalité de récriture. — J'ai noté ce
Fig. 3i. — Ecriture distraite.
signe en dernier lieu, parce qu'il peut intéresser tous les autres. En effet, une écriture peut être égale et homogène dans toute la page, ou bien inégale et variable à tous les points de vue, tant pour la forme, la dimension, l'inclinaison des lettres que pour leur écart et leur liaison, et pour les traits supplémentaires.
D'une façon générale, l'inégalité de l'écriture, sur quelque élément qu'elle porte, trahit l'inégalité du caractère, c'est-à-dire la mobilité, l'émotivité, la sensibilité extrême à toutes les influences externes et
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internes. Poussée à un degré excessif, c'est l'indice du nervosisme, du désiquilibre mental, de l'hystérie.
Par contre, l'écriture homogène et égale appartient au cerveau calme, paisible, équilibré.
io° Signature et paraphe. — Deux mots pour finir sur la signature et le paraphe. Une signature simple indique l'homme de goût ; la signature forte indique la volonté et l'affirmation de sa personnalité; la
Fig. 32. — Signature simple. Fig. 33. — Signature à paraphe.
signature inachevée, le manque de conviction et de persévérance.
L'absence de paraphe est signe d'orgueil ; l'auteur estime que son nom seul suffit à le distinguer. De même pour le nom simplement souligné.
Le paraphe compliqué est en général celui des sujets mesquins et peu cultivés.
Après avoir passé en revue très brièvement les principaux signes fournis par l'écriture, récapitulons maintenant et voyons quelles révélations ils peuvent nous fournir sur la composition du caractère.
Sensibilité.
Affectivité, sentiments tendres
Écriture penchée.
— inégale.
— égale.
— descendante.
Gaîté, tonicité •
— montante.
Douceur
— arrondie.
— anguleuse.
— droite.
Délicatesse juicsse
— fine, gladiolée.
— serrée.
— large.
— renversée.
— haute, signature
simple, absence
de paraphe.
Intelligence.
Écriture sobre, simple.
— à fioritures inélé-
gantes.
— à fioritures gra-
cieuses.
Mots séparés.
— réunis.
Écriture nette.
Volonté.
Traits appuyés et fermes r
barres de t et finales en
massue.
T faiblement barrés, fi-
nales gladiolées.
Négligence, distraction
Absence de barres de t, de
points et d'accents.
Telles sont les principales indications à tirer de
LES MOUVEMENTS EXPRESSIFS i7i
écriture. Sans doute les graphologues lui feront sio-uifier bien d'autres révélations sur un caractère. Je renvoie pour cette étude aux livres déjà cités1.
Pour ma part, je me suis borné à ne retenir de ces signes que ceux qui se présentaient directement comme des modalités du mouvement physiologique, comme des gestes inscrits.
i. V. aussi Bjiset. La Graphologie et ses révélations. Année psychologique. Paris, 1904, p- 179.
Ces présomptions sur le caractère se complètent par des signes complémentaires fournis par le sexe, l'âge, la race, le type professionnel, le costume, l'ameublement, etc.
Sexe. — Toutes choses égales d'ailleurs, nous attribuons à la femme un caractère plus superficiel et plus mobile, plus sentimental et plus vaniteux, à l'homme un caractère généralement réfléchi et positif, égoïste, et orgueilleux.
Age. — Nous tiendrons compte aussi de l'âge delà personne, en essayant de l'évaluer d'après les stigmates visibles. Sans compter l'affaissement delà taille, l'incurvation du rachis et l'infiltration graisseuse des tissus, on peut attribuer d'une façon générale les stigmates de l'âge visibles sur la face à la distension et à