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G PHYSIONOMIE ET CARACTÈRE

la perte de l'élasticité de la peau. Ces modifications ont deux effets : i° la formation des rides aux endroits où les contractions musculaires plissent la peau ; 20 l'affaissement des chairs sous l'influence de la pesanteur, formant des ravins et des bajoues caractéristiques.

Les rides habituelles sont :

R. transversales du front.

R. perpendiculaires de la racine du nez — froncement des sourcils.

R. étoilées de la commissure externe de l'œil — patte d'oie.

R. des paupières — surtout l'inférieure qui se boursoufle.

R. du nez.

R. du pli naso-génien.

R. des commissures labiales.

Gomme ces rides sont dues au plissement habituel du tégument par les muscles mimiques, un visage se ridera d'autant plus vite qu'il sera plus mobile. Les sujets nerveux à la face agitée se rident très tôt, alors que certaines femmes placides, sans imagination et sans émotivité, conservent jusqu'à un âge avancé une face unie. Enfin, dans la vieillesse, en dehors de ces rides fonctionnelles, la peau se chagrine et se plîsse en tous sens par la distension extrême et la perte complète de son élasticité.

Les affaissements des tissus sont beaucoup plus

éloquents pour marquer l'âge. C'est à une presque imperceptible variation du modelé facial qu'on attribue souvent une différence de dix années. Sous l'influence de la pesanteur, les parties molles glissent pour ainsi dire le long du squelette osseux : et alors les joues s'aplatissent par le haut en s'élargissant par le bas, tandis que dans la jeunesse elles sont arrondies en haut et minces en bas. Il se forme alors un sillon sous l'apophyse zygomatique. L'apophyse zygomatique, presque imperceptible dans la jeunesse, fait une saillie entre la dépression de la paupière inférieure et le sillon sous-zygomatique qui se creuse. Au dessous de ce sillon, les tissus tombants forment un bourrelet qui s'arrête, en le marquant, au pli naso-génien. La chute des tissus, arrêtée encore aux commissures buccales, forme un bourrelet oblique descendant de la lèvre supérieure. Enfin, au niveau du maxillaire inférieur, les parties molles forment encore un bourrelet, pouvant faire tout le tour du menton : ce sont les bajoues. Ce qui prouve que ces déformations sont dues uniquement à la pesanteur, c'est qu'il suffît de placer la tète renversée dans une position déclive pour les voir instantanément disparaître. Pour cette raison, certaines femmes mûres rajeunissent toujours lorsqu'elles sont couchées et la tête basse, et ainsi peuvent donner encore l'illusion de la fraîcheur. L'apparition chronologique de ces stigmates de la

Hartemîebg. — Physionomie. I2

iveillesse sert de point de repère pour une détermination approximative de l'âge.

Jusqu'à 20 ans, le visage reste uni, sans sillons ni rides.

A partir de 20 ans, le modelé des joues commence à s'indiquer ; c'est ce qui donne le caractère du visage. Avant l'apparition des rides, déjà l'ovale juvénile perd de sa pureté : insensiblement, les tissus glissent vers le bas, épaississant la partie inférieure des joues. L'apophyse zygomatique commence à se dessiner et le pli naso-génien se marque. Pour mettre en valeur ces signes, il est bon d'éclairer le visage perpendiculairement par le haut, afin d'accuser les reliefs par le contraste des lumières et des ombres.

A 3o ans, se creusent les premières rides. Ce sont celles du front, les rides perpendiculaires du nez chez les sujets réfléchis ou préoccupés, les rides transversales chez les anxieux. Les visages rieurs montrent la patte d'oie. Les paupières inférieures se gonflent et se plissent finement.

De 3o ans à 4o ans, les bajoues apparaissent, sauf chez les personnes très maigres ; aussi celles-ci prennent-elles moins vite que les obèses l'apparence de la maturité. De ào à 5o ans, rides, sillons, bourrelets et bajoues se marquent. Puis à partir de 5o ans, la peau perdant de plus en plus son élasticité, commence à présenter les plissements en tous sens,

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les gaufrures si nettes chez les vieillards. Les chairs deviennent flasques et pendantes. En même temps, les cheveux blanchissent, le teint se décolore et se fane. C'est la vieillesse envahissante.

Les photographes connaissent bien toute la valeur de ces stigmates. Tout l'art de la retouche consiste à faire disparaître sur le cliché l'excès de rides et de sillons pour égaliser le modelé de la face.

C'est le contraire chez les comédiens, qui pour se vieillir la physionomie, marquent au moyen du crayon les rides, les plis et les ombres.

Ayant précisé l'âge, nous estimerons que la jeunesse est enthousiaste et généreuse, présomptueuse et hardie, tandis que le vieillard s'est chargé dans la vie de scepticisme et d'égoïsme, de prudence et de circonspection.

Race. — Les races brunes du Midi, aux tempéraments bilieux et nerveux, nous sont connues comme plus ardentes et plus passionnées que les races blanches du Nord, au tempérament phlegmatique et sanguin.

Profession. — • Nous considérons l'officier comme hardi et impulsif, le bureaucrate comme timide et maniaque, l'artiste comme désordonné, etc.

Du costume on peut tirer encore quelques indi-

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calions sur le caractère de la personne. La façon de s'habiller témoigne du goût et des tendances sociales1. Un vêtement sobre révélera plutôt un esprit sérieux, tandis qu'un vêtement brillant et prétentieux indiquera de la légèreté et de la coquetterie mesquine. Les excentricités du costume trahissent à coup sûr une mentalité excentrique, c'est-à-dire déséquilibrée. Et nous savons (v. p. 70) toute la signification que comporte le diagnostic de déséquilibre chez un individu.

La coiffure, la barbe chez l'homme modifient l'aspect de la physionomie. Les coiffures très soignées indiquent la minutie, les coiffures abandonnées le désordre ou la négligence. Une moustache relevée en croc donne un air prétentieux et conquérant. La barbe étant un apanage masculin, une barbe fluviale est souvent une vanité sexuelle chez l'homme qui la porte longue. Un visage rasé, lorsqu'il n'est pas professionnel, — acteurs, domestiques, magistrats, etc., —

1. Balzac avait exquissé la psychologie de la cravate de son temps: (f Cette cravate empesée, raide, droite, sans un pli, au nœud plat,

carré, symétrique, comme si le compas du géomètre y avait passé, vous

annonce un homme exact, sec, égoïste.

« Cette cravate, en mousseline claire, sans empois, onduleuse, avec

une rosette bouffante et prétentieuse, c'est un parleur élégant, diffus,

fade : un noticier.

« Cette cravate en batiste, ni trop élevée, m trop basse, assez lâche pour laisser au cou et à la tête toute la liberté de leurs mouvements, avec un nœud gracieux, mais naïf et simple, c'est un poète élégiaque. »

(Physiologie de la Toilette. Œuvres complètes, t. XX, p. £62. Paris, Calmann Lévy, édit.)

provient soit d'une recherche d'originalité, soit, comme chez les Américains, de l'orgueil de montrer à nu un masque d'énergie.

L'ameublement enfin peut fournir quelques indices psychologiques. Les appartements ont leur physionomie comme ceux qui y habitent. « On connaît l'esprit d'une maîtresse de maison, dit Balzac, en franchissant le seuil de sa porte1. » L'observateur y pourra lire le soin, la négligence, le désordre, l'harmonie, le raffinement, etc.

Je n'insiste pas. Tous ces signes sont de valeur secondaire, et ne pourront servir qu'à confirmer les signes essentiels tirés de l'analyse totale.

1. Traité de la oie éiéjante. Œuvres compIciOo. t. XX, p. 5o5.

SYNTHÈSE DES SIGNES PHYSIOGNOMONIQUES

SYNTHÈSE DES SIGNES PHYSIOGNOMONIQUES

Maintenant que nous avons analysé les divers ordres de révélations physiognomoniques, il s'agit d'en faire la synthèse pour la divination complète du caractère.

J'ai admis que le caractère était composé de quatre éléments principaux: l'humeur fondamentale, les modalités scnsitives, les modalités volontaires, les dominantes. Voyons quels renseignements la physiognomonie nous fournit sur chacun de ces quatre éléments.

Pour simplifier et rendre plus clair cet exposé, j'ai réuni tous les signes physiognomoniques dans le tableau suivant :

Humeur fondamentale.

Gaie. — Tempérament sanguin. Tissus rouges. Traits du visage remontants. Sourire de l'œil. Patte d'oie. Rire fréquent. Voix sonore et pleine. Ecriture ascendante.

Triste. — Tempérament nerveux hyposthénique. Tissus pâles. Traits tombants. Regard mélancolique. Voix faible et mal timbrée. Écriture descendante.

Inquiète. — Rides frontales médianes avec froncement du sourcil. Regard errant.

Irritable. — Tempérament bilieux. Tissus jaunes. Sourcils froncés. Mimique fréquente de la colère. Impatiences musculaires.

iloudeuse. — Projection habituelle des lèvres en avant.

Instable. — Tempérament nerveux hypersthénique. Mimique tourmentée. Agitation. Voix aiguë et saccadée. Ecriture inégale.

Indifférente. — Tempérament lymphatique. Tissus roses et mous. Visage inerte. OEil vague. Parole lente. Gesticulation phlcgmatique.

Sensibilité.

forte. — Tempérament nerveux. Narines frémissantes. Œil humide.

Gesticulation expressive. Ecriture penchée et inégale. Faible. — Lèvres minces. Narines pincées. OEil sec. Ecriture droite ou

renversée.

l?ine. — Tempérament nerveux hyposthénique. Finesse des tissus. Délicatesse des traits. Élégance des mains. Ecriture fine et gladiolée.

Grossière. — Tempérament lymphatique ou sanguin. Tissus rudes. Traits grossiers. Mains épaisses. Visage sans expression. Gesticulation lourde. Écriture vulgaire et maladroite.

Concentrée. — Tempérament nerveux hyposthénique. Traits tendus. Fausse impassibilité. OEil humide. Écriture inclinée.

Expansive. — Tempérament nerveux hypersthéniqne. Traits mobiles. Regards rapides. Gesticulation animée. Écriture tourmentée.

Volonté.

forte. Contraction des temporaux- et des masséters. Bouche serrée.

Marche assurée. Barre des t forte et finales en massue.

['aille. — Relâchement musculaire. Mollesse des attitudes. Bouche miouverte. Démarche hésitante. Barre des t faible et finales gladiolées.

Persévérante. — Tempérament nerveux hyposthénique ou bilieux. Ecriture régulièrement énergique.

Capricieuse. — Tempérament nerveux hypersthénique ou sanguin. Écriture inégalement énergique.

Impulsive. — Tempérament sanguin, nerveux ou bilieux.

Inhibitoire. — Tempérament hyposthénique et lymphatique.

SYNTHÈSE DES SIGNES PHYSIOGNOMONIQUES

Dominantes.

Sensualité. — Narines dilatées et frémissantes. Œil humide. Gourmandise. — Lèvres rouges, épaisses et gonflées.

Timidité. — Rougeur fréquente. Paroles et gestes hésitants. Attitudes conventionnelles.

Orgueil. — Attitudes hautaines. Signature sans paraphe.

Vanité. — Tête et buste renversés. Fioritures de l'écriture.

Mépris. — Commissures buccales abaissées. Paupières supérieures tombantes et tête relevée.

Dédain. — Expression buccale du dégoût.

Naïveté. — OEil très ouvert. Mimique de l'étonnement. Bouche ouverte.

Moquerie. — OEil mi-clos. Paupières plissées. Sourire unilatéral.

Défiance. — Tète fléchie. Œil caché aux aguets. Ecriture surveillée.

Hypocrisie. — Regard fuyant, en dessous, de côté.

Mysticisme. — Regards fréquemment tournés en haut et parallèles.

Avarice. — Ecriture serrée.

Générosité. — Ecriture large.

Méchanceté. — Narines pincées. Lèvres minces. Œil dur. Bonté. — OEil humide. Trait doux de la bouche.

Intelligence.

Vive. — Vivacité du regard. Mobilité des yeux. Angle facial très ouvert. Paresseuse. — Paupières supérieures tombantes. Œil endormi. Insignifiante. — Immobilité des traits. Position moyenne du sourcil. Curieuse. — OEil ouvert. Cou en avant. Attitude fureteuse. Inductive. — Lettres séparées.

Déductive. — Lettres réunies.

Imaginative. — Fioritures de l'écriture.

Distraite. — Absence d'accents et de ponctuation.

Anomalies, Névroses.

Malformations, signes de dégénérescence. Agitation névropathique. Grimaces, tics, parole saccadée. Écriture inégale des déséquilibrés. Originalités de costume.

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