‹ Physionomies de saintsChapitre 23 sur 72 · LA FIN DE JIARS · texte numérisé non relu

LA FIN DE JIARS

sienne ! Il apparaît, dans le lointain de l'histoire, comme Roi de justice ! Il est Roi de la Cité de Paix ! Roi de Salem, c'est-à-dire de Jérusalem, avant que Jérusalem n'eût reçu son dernier nom 1 II est Roi el ilest Prêtre. Ilest Pontife éi^vn^Xl Roi de justice signifie : Melchisédech. Melchisédech signifie ; Roi de justice. De sorte que cet homme ne peut être nommé, sans que la justice soit nommée en même temps. La justice s'est assimilée à lui. Elle a pénétré son nom.

Ce roi nous apparaît comme Roi de justice et comme Prêtre. Quant- à l'exercice de ses fonctions, nous le connaissons peu. Cependant nous voyons l'offrande et la bénédiction.

Quelle scène grandiose ! Ces personnages semblent dépasser de beaucoup la taille humaine ! Abraham, le père des croyants, celui dont la postérité sera nombreuse comme les étoiles, vient de délivrer Lothdes mains des rois ses voisins. Melchisédech vient à sa rencontre, ofîrant le pain et le vin, car il était prêtre du Très-Haut. Il est, je crois, le premier auquel la qualité de prêtre soit attribuée dans l'Écriture. C'est pourquoi il offre le pain et le vin,solennellementet prophétiquement. Il annonce l'Eucharistie et donne sa bénédiction. Sa bénédiction est simple et solennelle comme l'offrande. Que le Dieu Très-Haut, qui a fait le ciel et la ter»*e, bénisse Abraham ! Que béni soit le Dieu Très-Haut qui a mis les ennemis d'Abraham entre les mains d'Abraham I

Du reste, aucune connaissance bien précise ne

l44 PHYSIONÔMtES DE SÀINTÔ

nous est donnée. Peut-être le vague du nom de •Melchisédech convient-il à sa grandeur. L'Eglise ne lui assigne pas de fête universellement célébrée. Mais elle le place, dans le canon de la messe, à côté d'Abraham et d'Abel. M. Olier a écrit de belles choses sur les ressemblances et les différences de ces trois sacrificateurs et des sacrifices offerts par leurs mains.

Le plus illustre est Abraham. Son sacrifice est devenu /)o/5«/aA>e, parce qu'il remue la nature humaine plus profondément. La fête d'Isaac se place à peu près au même moment que celle de Melchisédech. Comme elle, elle est locale et variable.

Le nom d'Isaac signifie : Rire.

Quand le Seigneur annonça sa naissance, Sara rit; car elle était vieille. Elle se cacha pour rire; elle rit derrière la porte.

Et le Seigneur dit : Pourquoi Sara a-t-elle ri ? Est-ce que quelque chose est difficile à Dieu?...

— Je n'ai pa;^ ri, dit Sara épouvantée.

— Il n'en est pas ainsi, dit le Seigneur: tous avez ri.

Et l'enfant, quand il naquit, fut appelé Rire.

— Le Seigneur, dit Sara, est l'auteur de mon rire. Quiconque entendra mon histoire rira avec moi.

Le mot rire^ qui apparaît à chaque instant quand il est question d'Isaac, est un des mots les plus absents de l'Ecriture Sainte. L'Ecriture en est prodigue à propos d'Isaac; partouf ailleurs elle en est avare. Et même, quand elle l'emploie, c'est dans un sens figuré. Il s'agit de l'ironie ; il s'agit

Page 1