L INVENTION DE LA SAINTB CROIX
Un intérêt immense, et l*on peut dire un intérêt grandissant, s'attache aux reliques de la Passion. Plus les siècles passent, plus le temps creuse l'abîme qui nous sépare des jours de la Rédemption, plus nous éprouvons le besoin de voir et de toucher les objets qui viennent jusqu'à nous, sanctifiés alors et honorés depuis lors. On dirait qu'ils nousrapprochentun peu des origines saintes dont le temps nous éloigne; etplus l'œuvre de celui-ci grandit, plus l'œuvre de ceux-là devient précieuse et nécessaire. On dirait une œuvre de réparation. Nous sommes ainsi faits que nous avons besoin d'objets sensibles; etplus la chose dont il s'agit est spirituelle dans son essence et lointaine dans son histoire, plus le besoin de voir et de toucher les objets qui la rappellent est vif et profond chez nous.
Après la découverte que venait de faire sainte Hélène, Constantin défendit de crucifier jamais les malfaiteurs. La Croix, jadis infirme, était devenue le signe réservé de la gl tire.
Quand Moïse levait les bras, elle était déjà le
signe de la victoire ! Le grand prophète hébreu faisait un signe de croix ; il priait les bras en croix ; et David avait dit que l'élévation de ses mains était le sacrifice du soir.
La Croix avait été plantée au fond de tous les mystères, avant d'être plantée sur le Golgotha. Mais elle n'avait pas été reconnue ; et il fallut le Calvaire pour qu'elle devînt une évidence.
Quand MoVse priait, pendant la bataille, les bras levés, et quand la victoire, obéissant à ses mouvements, semblait exiger de lui, pour rester fidèle aux Hébreux, qu'il restât fidèle lui-même à l'attitude que la croix impose, la voix qu entendit Constantin aurait pu être déjà devinée ; mais elle attendait, pour retentir, que la réalité eut remplacé es figures : elle attendait que le Calvaire eût pris place dans Thistoire pour dire à l'Empereur : Hoc signo vinces.
Une série de siècles finit à la Croix, une série de siècles commence à la Croix ; rien n'est indifférent de ce qui la concerne, et nos lecteurs nous sauront gré des détails que nous leur donnerons sur l'histoire exacte du bois dont elle fut faite.
Les choses chrétiennes trouvent toujours, dans les traditions de l'humanité, de profonds échos qui s'éveillent quand on les touche. Ainsi une sibylle s'était écriée autrefois : 0 bois triomphant!
Dans les hiéroglyphes égyptiens, la croix était un signe de vie et de santé.
Dans la démolition flu Icmple de Sérapis, on trouve des croix gravées sur les pioi rcs.