‹ Physionomies de saintsChapitre 53 sur 72 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

6AINT JOSEPH DE CUPEBTINO.

J'étudiais l'autre jour une des intelligences les plus hautes, les plus subtiles, les plus larges, les plus étendues et les plus profondes : sainte Catherine de Gênes. Belle, spirituelle, admirée, ardente, elle avait beaucoup reçu de l'ordre naturel, avant de recevoir encore plus de l'ordre surnaturel. Elle était parée des parures de la femme avant d'être transfigurée des transfigurations de la sainte.

Voici aujourd'hui un «pec'acle qui fait contraste avec celui-là. Ceux qui disent que tous les saints se ressemblent prouvent seulement qu'ils ne connaissent ni les uns ni les autres. Le mrme esprit enveloppe et illumine les diverses natures, et c'est cette unité et cette variété qui réalise, dans sa réalité étymologique, le nouvel univers.

Si jamais homme fut doué pauvrement, ce fut saint Joseph de Cupertino. Toutes les splendeurs naturelles lui firent défaut. Il s'appelait lui-môme frère Ane, et il fut en effet parmi les hommes ce qu'est l'flne parmi les nnimaux. Incapable de passer un examen, peut-être même de soutenir une

conversation ; incapable en même temps de soigner une maison, ou de toucher une assiette sans la casser; dépourvu des aptitudes de l'esprit et de celles de la matière, il semblait également inapte à être un savant, et à être un bon domestique. Il avait l'air d'un esclave à peu près inutile, d'une bête de somme qui rend peu de services. Et cependant nous savons son nom Comment se fait-il qu'il ait trouvé place dans la mémoire des hommes ? A force de ne pas chercher l'estime des hommes, il l'a rencontrée dans sa forme la plus haute, et non-seulement l'estime, mais la gloire ! La chose du monde la plus invraisemblable pour lui, c'était la gloire. Elle est tombée sur lui ; elle l'enveloppe à jamais. Pendant que ceux qui courent après elle rencontrent quelquefois ou l'ouijli ou la honle, elle s'est assise sur le front de Joseph, et a écrit devant son nom ce petit mot singulier et mystérieux : Saint. Joseph est devenu saint Joseph. Quelle chose étrange que cette force de faire des saints et de les déclarer tels, force dont l'Eglise a le monopole, et qu'on ne pourrait contrefaire sans un ridicule trop terrible pour être affronté! Prenez le vieil invalide le plus chauvin qui existe, et essayez de lui faire dire : Saint Napoléon i^'. Jamais il n'osera. Il le voudrait qu'il ne pourrait pas. Ses lèvres se fermeraient.

Joseph naquit à Cupertino le 17 juin i6o3. Fils d'artisans, chétif, maladif, méprisé de tout le inonde, moqué par ses camarade.-^, et même, chose

asscK rare, rebuté par sa mère, travaillé d'un ulcère gangreneux, il passa son enfance entre la vie et la mort, dans une espèce de pourriture. Un ermite e frotta d'huile et le guérit.

Au moment de sa naissance, on saisissait, à cause des dettes de son père, le mobilier de sa famille, et il naquit dans une étable, où sa mère s'était réfugiée.

Quand, après avoir échappé à d'horribles maladies, il voulut embrasser la vie religieuse, ce fut une série d'échecs et de déceptions. Il sollicite son entrée en rt.'ligion et ne l'obtient pas. Plus tard, il commence un noviciat; il ne l'achève pas ; il rentre dans le monde. Puis il rentre au couvent. Repoussé de partout, il a l'air lui-même de ne savoir ce qu'il veut ni ce qu'il fait.

Ce fut chez les Franciscains qu'il se présenta d'abord. Il avait dix-sept ans. Deux de ses oncles appartenaient à l'Ordre et semblaient pouvoir ai* der son admission. On le refusa cependant, parce qu'il n'avait fait aucunes études. Tout ce qu'il put obtenir, ce fut d'entrer chez les Capucins, en qualité de ft ère con vers. Mais ce fut pour essuyer des rebuffades horribles.

L'incfipacité naturelle et la préoccupation surnaturelle semblaient s'unir pour le rendre inapte à tout. Son incapacité naturelle éclatait et sa préoccupation surnaturelle échappait à tous les yeux. Ses oublis naturels, ses absorptions surnaturelles lui faisaient une vie prodigieuse qui semblait ridicule aux gens attentifs et médiocres dont

il était entouré. Toutes ces intelligences éveillées, mais vulgaires, jetaient un regard clairvoyant sur les défauts de Joseph, un regard aveugle sur ses grandeurs. Ces deux regards se complétant l'un par l'autre, on, finit par le déclarer absolument insupportable. Saisi par l'extase au milieu des soins du réfectoire dont il était chargé, il laissait tomber les plats et les assiettes, dont les fragments étaient collés ensuite sur son habit, en signe de pénitence, 11 servait du pain noir au lieu de pain blanc ; on le grondait. 11 déclarait ne pas savoir distinguer l'un de l'autre. Pour transporter un peu d'eau d'un lieu dans un autre, il lui fallut uu mois tout entier. Enfin on déclara qu'il n'était bon ni aux travaux matériels, ni à la vie spirituelle, et on le renvoya de la maison.

On lui ôta l'habit religieux. Il déclara plus tard avoir souffert en ce moment comme si on lui eût arraché la peau. Pour comble de malheur, il avait perdu une partie de ses habits laïques. Le chapeau, les bas, les souliers manquaient. Il s'échappa à moitié nu. Des chiens s'élançant d'une étable voisine l'assaillirent et mirent en pièces les haillons qui lui restaient. Des pâtres. le prenant pour un voleur, voulurent se jeter sur lui. Protégé par l'un d'eux contre la fureur des autres, il reprend sa course. Un cavalier se présente devant lui et, le poussant l'épée à la main, lui reproche d'être un espion.

Joseph arrive à Vitrara ; il se jette aux pieds de ion oncle, qui le chasse en ]"i repî'ochant les

civettes de son père à Cupertino. Il se jette aux n* • ;)ii.\ de sa mère, qui lui i épond : — Vous vous èies tait chasser d'une maison sainte. Choisissez de la prison ou de l'exil ; car il ne vous reste qu'à mourir de faim.

Enfin, après bien des démarches, Joseph fini^ par être admis au couvent de la Grotella, pour y être chargé du pansement de la mule.

Joseph savait à peine lire et écrire. Or, il voulait être prêtre ! Jamais il ne put expliqixer aucun de-^ évangiles de l'année, excepté celui qui contenait ces mots : « Bienheureuses les entrailles qui vous ont porté ! » Joseph voulait passer l'examen du diaconat. L'Evéque ouvre le livre des Evangiles et tombe sur ces mots : « Bienheureuse» les entrailles qui vous ont porté ! »

Il fit ainsi à Joseph la seule question à laquelle celui-ci pût répondre, et Joseph répondit. II ne put retenir un sourire, mais il expliqua supérieurement l'Evangil. Restait le derniLT examen celui du sacerdoce. Ici la chose se passe d'une manière encore plus surprenante. Tous les postulants, excepté Joseph, savaient leur affaire sur le bout du doigt. Les premiers qui passèrent l'examen, le passèrent d'une façon si brillante que l'Evêque s'arrêta avant de les avoir examinés tous, et croyant l'épreuve inutile, admit en masse ceux qui restaient, et parmi eux Joseph, qui fut reçu sans examen. C'était l; 4 mars 1628. Joseph était donc prêtre, malgré les hommes et les choses, malgré toutes ses incapacités reconnues,mais oubliées.

326 PHYSIONOMIES DB SALMi

Il revint au couvent de la Grotella. Il y passa deux années terribles, La misère matérielle à laquelle il s'était condamné se compliqua d'une misère intérieure bien autrement terrible. Les consolations divines dont il avait été soutenu depuis l'enfance firent place à une sécheresse triste et morne qui augmentait tous les jours. Il écrivait plus tard à un ami : « Je me plaignais beaucoup de Dieu avec Dieu. J'avais tout quitté pour lui, et lui, au lieu de me consoler, me livrait à une angoisse mortelle. Un jour, comme je pleurais, comme je gémissais (oh ! rien que d'y penser, je me sens mourir!) un religieux frappe à ma porte. Je ne réponds pas; il entre. « Frère Joseph, dit- « il, qu'avez-vous ? Je suis ici pour vous servir. « Tenez, voici une tunique. J'ai pensé que «'ous « n'en aviez pas. » En effet, ma tunique tombait en lambeaux. Je revêtis celle qu'apportait l'inconnu, et tout mon désespoir disparut à l'instant môme. » Personne ne connut jamais le religieux qui avait apporté la tunique,

A partir de ce moment, la vie de saint Joseph fut une des plus merveilleuses dont l'histoire fasse mention. Sa vie extérieure fut à la fois troublée et monotone. Poiir éviter les foules qui le cherchaient, on le transportait d'un lieu dans un autre, et on le tenait presque en prison jusqu'à un déplacero<înt nouveau. A chaque départ, Joseph disait : « Là où vous me conduirez, Dieu est-il? » Et sur la réponse affirmative qui lui était faite, il répondait : « C'est bien. » Sa vie

intérieure offre la réunion des phénomènes extatiques et tliaumaturgiques les plus variés et les plus sul)Iimes, accomplis dans une nature et par une nature qui semblait contraire au sublime. Il pansait une mule ; il travaillait à la façon des bêtes de somme. Il savait à peine lire ; il s'appelait frère .4/ie, non par une fausse humilité, mais parce que sa simplicité, sa patience, sa vulgarité, sa bonhomie, son ignorance, son habitude de faire le gros ouvrage, l'ouvrage de l'esclave, son habitude de porter des fardeaux, d'obéir, de ne pas discuter, d'aller devantlui, lentement, tête basse, tout enfin lui donnait une cerîaine ressemblance avec la tête de l'âne. Peut-être même un entêtement naturel, vaincu par l'obéissance, ou transfiguré par la lumière, ajoutait à cette similitude. Un jour on lui ordonna d'expliquer un passage du bréviaire. Joseph ouvre le hvre et tombe sur les leçons de sainte Catherine de Sienne. La leçon portait : « Cathariaa^ vi'rgo se/ie/isis, ex Beidncaris piîs orta pare/itibus. Catherine, vierge de Sienne, née des Benincara, ses pieux parents. » Joseph, en lisant, supprime le mot : ex Be/u'n-' caris, des Benincara. — On lui ordonna de relire. Malgré lui, il supprime encore le même mot. On lui ordonne de relire une troisième fois; il persiste et supprime le môme mot. On lui ordonne de regarder de plus près. Il a beau se fatiguer les yeux, il ne voit pas le mot qu'on lui ordonne de voir. Or, quelque temps a|)rès, la congrégation des Rites supprimait ce mot.

Cet homme, qui ne savait rien, qui ne comprenait rien, qui ne savait pas traiter avec les autres hommes, qui ne pouvait rien apprendre, qui n'avait aucune présence d'esprit ni aucune instruction, ni aucune habileté pour déguiser son ignorance, sortait vainqueur de tous les examens, de tous les interrogatoires, de toutes les épreuves auxquelles on le soumettait.

Au lieu d'apercevoir les hommes sous la figure qu'ils ont dans le monde, sous leur figure extérieure et visible, saint Joseph les voyait souvent sous la forme de l'animal qui représentait l'état de leur âme. Il sentait des odeurs qui n'existaient que pour lui, des odeurs spirituelles, mais qui lui semblaient matérielles. Il rencontrait un homme dont la conscience était en m.uvais état : « Tu sens bien mauvais, lui disait Joseph, va te laver. » Et, après la confession, si la confession était bonne, il sentait une autre odeur. Ses sens spiritualisés étaient devenus des instruments de communication entre le monde des esprits et le monde des corps. Il sentait physiquement ce qui n'existait que moralement. Sa personne était devenue une espèce de symbolisme vivant qui éclairait le monde visible par un reflet sensible du monde supra-sensible.

La madone de Grotella était le point où il avait laissé son cœur. C'était au pied de celle madone que cet homme extraordinaire avait passé de longues heures dans une contemplation profonde. La contemplation était tellement sa vie qu'il n'avait

jamais pu, parmi les travaux les plus grossiers, se distraire d'elle. Tout enfant, il s'arrêtait, à une époque où le nom même de l'extase lui était inconnu, tî s'arrêtait, saisi par l'esprit, dans cette attitude à la fois simple et étonnante qui lui valut le surnom de bouche béante. Et quand on songe à la vulgarité de sa nature, quand on songe qu'il était un âne, on est frappé de cette réunion violente des choses opposées qui donnent aux œuvres divines un de leurs caractères les plus particuliers et les plus dislinctifs. Les œuvres divines portent le caractère des oppositions résolues dans l'unifé.

En effet, frère Ane volait dans l'air comme un oiseau. Il n'y a guère, dans la vie des saints, un autre exemple de la même faculté poussée si loin.

Saint Denys, parlant d'Hiérothée, son maître, disait : « Cet homme n'était pas seulement le disciple, il était l'expérimentateur dos choses divines. » On en peut dire autnnt de saint Joseph, qui ne ressemblait certes pas aatureUeme,d à Hiérothée. Joseph passa une partie de sa vie en l'air, réellement et physiquemenl en l'air, entre le ciel et la terre, suspendu. En même temps, il était le meilleur ami des animaux.

Joseph appartient à la famille des saints qui compte parmi ses caractères les plus particuliers l'amitié des lètes et la familiarité de toutes les créatures. Je reviens encore ici sur ce mot incompîi et qu ■ je ne cornprpnds p-^s moi-mêrpe, en

le prononçant : la simplicité. On dirait cpie c'est à elle qu'appartiennent certaines faveurs visibles, plus frappantes pour l'homme que d'autres yrâces.

Un jour, il promit à des religieuses un oiseau qui leur apprendrait à chanter. Et tous les jours, aux offices du matin et du soir, voici qu'un oiseau paraît sur la fenêtre du chœur, prévenant el ranimant le chant des religieuses. Un jour, il disparut. On s'en plaignit à Joseph. « L'oiseau a iden fait, répondit le saint. Pourquoi l'avez-vous insulté ?» En effet, une religieuse lui avait fait je ne sais quelle insulte. — Cependant Joseph promit le retour de l'oiseau, qui revint. Sans doute, il avait oublié ou bien il avait pardonné. Cette fois, il" établit sa'demeure parmi les religieuses. Mais, une des sœurs lui ayant attaché un grelot à la patte, il disparut quelque temps après. Joseph le rappela encore « Je vous avais donné un musicien, dit-il aux religieuses, il ne fallait pas en faire un sonneur de cloches. Il est allé veiller près du tombeau de Jésus-Christ. Mais il reviendra. » En effet, il revint et il ne disparut qu'avec le saint.

Un jour, près du bois de Grotella, saint Joseph rencontre deu;x lièvres : « Ne vous éloignez pas, leur dît-il; ne vous éloignez pas de la madone ; car beaucoup de chasseurs vous poursuivent. » Au bout de quelques minutes, l'un d'eux est surpris et poursuivi par les chiens. Mais la porte de l'église est ouverte ; il traverse la nef et se jette dans les bras du saint. « Ne t'avais-je pas aver-

ti ? » lui dit Joseph. Les chasseurs surviennent échaulTés et réclament bruyamment leur proie. « Ce lièvre, leur répond le saint, est sous la protection de la madone. Vous ne l'aurez pas. » Puis il bénit le quadrupède et le remet en liberté. Pendant qu'il revenait de la chapelle au couvent, il rencontra l'autre lièvre, qui vint à lui épouvanté. Le chasseur, qui était le marquis Tome de Pinelli, seigneur de Cupertino, lui demande s'il a vu le lièvre. « Le voici dans les plis > e ma tunique, répond Joseph. Ce lièvre est à moi; épargnez-le, et ne venez plus chasser ici, car vous l'etrrayez. » Puis, parlant au lièvre : « Cache-toi là-bas dans ce buisson çt ne bouge pas. » Les chiens, qui voyaient leur proie, restaient immobiles et frémissants, mais cloués à leur place.

Un orage avait détruit presque toutes les brebis d'un petit village. Les paires désolés allèrent trouver Joseph. Le saint toucha une à une les brebis mortes. « Au nom de Dieu, lève-toi, » leur disait-il en les touchant. Et les brebis se levèrent. Une d'elles retomba. Joseph, d'une voix plus énergique et presque irritée, lui crie : « Au nom de Dieu, lève-toi et reste debout. » Une autre fois il attira des moutons dans la chapelle de Sainte-Barbe. Sautant par-dessus les barrières, et quittant leurs gras pâturages, les moutons accouraient en foule, appelés par Joseph à la prière.

Au seul nom de Jésus et de Marie prononcé devant lui, il arrivait que saint Joseph quittait le monde et s'envolait, même matériellemeni. Sou-

vent ses extases débutaient par un grand cri. Mais ce cri ne faisait pas peur, et cette constatation fut importante pour sa canonisation. L'Eglise prend des -précautions immenstis pour discerner les esprits. L'Esprit-Saint donne la sécurité, même au milieu d'apparences terribles ; l'Esprit mauvais agite, même au milieu d'apparences tranquilles.

Un jour,dom Antonio se promenait avec Joseph dans le jardin, « Frère Joseph, dit Antonio, que Dieu a fait un beau ciel ! » Joseph pousse un cri, s'envole et va se poser à genoux sur la cime d'un olivier. La branche, dit l'enquête, se balançait comme sous le poids d'un oiseau. Il y resta environ un. demi-heure. — Si l'extase le surprenait pendant la messe, Joseph, revenant à lui, reprenait le saint sacrifice au point précis où il l'avait laissé, sans se tromper d'une cérémonie, d'une syllabe ou d'un geste. Trois peintres qui devaient orner sa chapelle convinrent de placer au-dessus de la porte un tableau de l'Immaculée-Conception. Joseph était là ; on eût dit que le mystère intérieur dont l'image allait être fixée par le pinceau lui apparaissait. « L'Immaculée-Conception, cria-t-il, oh! quel sujet! » Et il tomba à genoux, ravi en extase. — Un jour à l'église, sa main, pendant le ravissement, se trouva étendue sur la tlamme de deux torches. Quelque temps immobiles de stupeur, les spectateurs songent «nfin à écarter les flambeaux. Mais ses mains ne portaient aucune trace de brûlure. — Un jour un

SAINT JOS ; n DE CUPERTINO 333

ouvrier, laissant tomber son outil, se fit une large blessure. Fra Ludovico réveille Joseph qui était en extase et lui montre le sang. Joseph touche ce doigt à demi-coupé, l'entoure d'une bandelette et dit à l'ouvrier : « Tu peux travaiber. » L'ouvrier était guéri. C'était une croix qu'il fabriquait. « Plantons-la, » dit Joseph. Mais elle était si lourde qu'on ne pouvait la planter. Joseph s'impatiente, jette son manteau, franchit au vol l'espace de quinze pas, saisit la croix comme une paille et la plante dans l'excavation préparée.

Il faudrait un volume entier. Je renvoie le lecteur à la Vie de saint Josephy par Dominique Rovino (i).

Tel fut saint Joseph. S'il n'avait pas existé, personne ne l'inventerait. Il est extraordinaire parmi les extraordinaires. Il n'y a guère de saint, dans les Bollandistes, qui déroute plus que lui les habitudes humaines.

Page 1