‹ Physionomies de saintsChapitre 61 sur 72 · ÎAI.NT JEAN DE MATHA ET SAINT F^LIX DE VALOIS · texte numérisé non relu

ÎAI.NT JEAN DE MATHA ET SAINT F^LIX DE VALOIS

bles causes d'erreurs qui nous assiègent cons- Lammeiit; aux yeux de ces deux hommes qui n'aidaient qu'un ami, et cet ami était un saint? L'uni- :jue société de chacun d'eux était un saint ; et ce saint était précisément celui dont l'autre avait besoin, et chacun d'eux un ami directement donné par la main du Seigneur.

Un jour, après trois ans de rie commune, ils virent un cerf blanc qui venait se désaltérer à la iource d'eau vive. Il portail entre son bois une croix rouge et azur semblable à celle que Jean, le jour do sa première messe, avait vue sur la poitrine de l'anqe.

Décidés alors, ils quittèrent leur solitude et vinent à Paris, afin de communiquer leurs projets à 'évèque, ainsi qu'aux abbés de Sainte-Geneviève .'t de Saint-Victor. L'évêque, Eudes de Sully, sucesseur de Maurice, approuva leur résolution et leur donna des lettres de recommandation pour le pape Célestin III.

Ces deux saints partirent pour Rome ; mais pendant leur voyage, Célestin mourut; et à leur arrivée ils trouvèrent, sur le trône de saint Pierre Innocent III.

C'était l'ancien ami de Jean de Matha, Lothairet son coinpngnon d'études à Paris, auquel Jean avai, autrefois: dit: « Tu seras pape. »

Il était difficile de se présenter avec w^c meilleure recommandation que cette propl' tic. EI!e dut édifier le pape complètement.

Innocent III soumit à l'examen du sacré collège

Jean de Matha et Félix de Valois n'avaient aucun moyen naturel de savoir qu'ils étaient unis dans la pensée de Dieu pour une œuvre commiine.

Ils ne savaient même pas longtemps d'avance quelle était cette œuvre; ils auraient été bien embarrassés si quelqu'un leur avait dit : « Ilvous faut chercher un auxiliaire, un homme dévoué à la même idée que vous. » Ils avaient toutes les chances nafui elles pour ne pas se rencontrer. Leur vie très dififérente les avait jetés dans les directions les plus contraires ; leurs familles ne se connaissaient pas ; rien ne les appelait ni l'un ni l'autre dans une forêt près de Meaux, rien du moins de ce quLappelleles hommes quelque part ordinairement. Pourtant ils y vinrent tous les deux, et leur rencontre fut le point de départ de leur œuvre commune.

Jean de Matha ouvrit le premier son âme à celui qui l'avait précédé dans cette solitude. Félix admirait les voies par lesquelles son nouveau compagnon lui avait été mystérieusement préparé et amené. Il fut convenu entre eux qu'ils vivraient ensemble et attendraient dans l'oraison de nouvelles pensées et de nouvelles lumières.

Ils vécurent trois ans ensemble. Peut-être l'homme qui aurait assisté pendant ces trois années à leurs entretiens et à leurs prières serait plus savant que les savants. Qui sait combien de choses secrètes se - déroulèrent aux yeux de ces deux hommes qui avaient écarté d'eux les innombra-

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