‹ Physionomies de saintsChapitre 62 sur 72 · SU.NT JEAN DE MATHA ET SAINT F^LIX DE VALOIS · texte numérisé non relu

SU.NT JEAN DE MATHA ET SAINT F^LIX DE VALOIS

bles causes d'erreurs qui nous ossiètjenl constamment; aux yeux de ces deux hommes qui n'avaient qu'un ami, et cet ami était un saint? L'unique société de chacun d'eux était un saint ; et ce sailli était précisément celui dont l'autre avait besoin, et chacun d'eux un ami directement donné par la main du Seigneur.

Un jour, après trois ans de vie commune, ils Airent un cerf blanc qui venait se désaltérer à la iource d'eau vive. Il portail entre son bois une croix rouye et azur semblable à celle que Jean, le jour de sa première messe, avaitvue sur la poitrine de l'anqe.

Décidés alors, ils quittèrent leur solitude et vinrent à Paris, afin de communiquer leurs projets à i'évéque, ainsi qu'aux abbés de Sainte-Geneviève et de Saint- Victor. L'évêque, Eudes de Sully, suc- I esseur de Maurice, approu\a leur résolution et leur donna des lettres de recommandation pour le pape Célestin III.

Ces deux saints partirent pour Rome ; mais pendant leur voyage, Célestin mourut; et à leur arrivée ils trouvèrent, sur le trône de saint Pierre Innocent III.

C'était l'ancien ami de Jean de Matha, Lothairet son compagnon d'études à Paris, auquel Jean avai, autrefois dit : « Tu seras pape. »

Il était difficile de se présenter avec une meilleure recommandation que cette propl tie. Elle dut édifier le pape complètement.

innocent III soumit à l'examen du sacré collège

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une œuvre dont il comprenait l'importance, et décida que le 25 janvier une messe serait célébrée dans la basilique de Latran à l'intention dcg deux fondateurs.

Mais le doigt de Dieu, qui roulait tout faire dans cette histoire merveilleuse, souleva devant les yeux d'Innocent III le voile qu'il avait soulevé devant les yeux de Jean de Matha, au jour de sa première messe ; et le pape vit ce qu'avait vu le jeune prêtre. Il vit l'ange du Seigneur revêtu du même habit et des mêmes couleurs, dans la même attitude, et l'esclave chrétien et l'esclave? maure étaient à ses pieds tous les deux.

Innocent IIl, convaincu, fonda immédiatement l'ordre de la Très Sainte Trinité pour la rédemption des captifs, ordo sa/ictissimœ Trinitatis de redemptione captivorum.

Les occasions ne manquaient pas au zèle des deux fondateurs. C'était le temps des croisades. Un grand nombre de chrétiens tombait entre les mains des infidèles. En même temps, des corsaires maures infestaient les mers, s'emparant des passagers et des équipages. Ces malheureux étaient conduits dans les prisons de Tunis et du Maroc, où on les entassait. Après leur avoir enlevé la liberté, les musulmans cherchaient à leur enlever le christianisme. Toutes les violences physiques et morales étaient accumulées sur eux.

L'ordre de Jean de Matha s'organisa avec une force et une sagesse qui faisaient face à toutes les éventualités de cette terrible situation. Ses

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