‹ Physionomies de saintsChapitre 64 sur 72 · SAINT JEAN DE MATHA ET SAINT FÉLIX DE VALOIS · texte numérisé non relu

SAINT JEAN DE MATHA ET SAINT FÉLIX DE VALOIS

rieure, la populace se précipite sur le vaisseau à^ Jean, enlève le gouvernail, coupe les mAts, déchire les voiles, et brise les rames. Le départ es! devenu impossible; que fait Jean de Matha? I{ donne le signal du départ. Les passagers, qui ont à choisir entre deux genres de mort, obéissent et aident le mouvement. Les voyant faire la manœuvre avec des tronçons de rames et de planches, les Tunisiens poussent des huées. Jean se dépouille de son manteau, l'étend en forme de voile; et, à genoux, le crucifix à la main, il invoque l'Etoile de la mer. Les vents se taisent, et, en moins de deux jours, le vaisseau désemparé, sans gouvernail, sans voiles et sans rames, fait dans le port d'Ostie son entrée triomphante.

Le souverain pontife pleura d'admiration.

Cependant, Félix de Valois était toujours à Cerfroy. Pendant que son ami faisait les choses du dehors, il organisait celles du dedans. Il priait, et dans ses prières demandait au Seigneur de revoir Jean avant de mourir. Sa prière fut exaucée. Jean vint à Cerfroy. Quels durent être les sentimenis et les entretiens de deux pareils amis, dans une pareille situation, pleins de tels souve^ nirs et de tels récits ! Après avoir mêlé une dernière fois leurs larmes, ils se séparèrent pour ne plus se retrouver qu'au ciel.

Immédiatement après le départ de Jean, Félix tomba malade. Quand il mourut, son ami fut averl] de sa gloire par une vision.

Il ne tarda pas à aller le rejoindre. Le corrs de

Jean f*it illustré par les miracles qui éclatèrent sur son tombeau.

L'ordre des Trinitaires a été rétabli en France le 15 septembre 1859, dans l'ancien couvent de Faucon. Il possède maintenant deux maisons, l'une à Notre-Dame de Sise et l'autre à Cerfroy.

Le R. P. Calixte, trinitaire lui-même, a çublié la Vie de saint Jean de Mat/iOf à Paris, cheï Watelin.

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