TECHNIQUE : DOUCHE LOCALE
c'est par ses propres forces, remises en valeur, qu'il peut reprendre son volume primitif et ses fonctions normales.
Pour obtenir ces effets, on commence par diriger sur la région, avec le jet extrêmement brisé, une douche chaude (34 à 36°), que l'on porte progressivement à 38, 40, 45°, si possible, à mesure que l'anesthésie de la peau augmente. La durée de cette douche peut être très longue ; elle est limitée par le maximum de rougeur de la peau que l'on peut obtenir. 11 est très important de ne jamais laisser le jet frapper la région à un endroit fixe; il faut au contraire le promener de haut en bas, assez lentement, et sans crainte de dépasser un peu les limites de la région ; on peut de cette façon obtenir, s'il y a lieu, un certain degré de percussion et une durée plus grande de l'application.
La douche locale ainsi appliquée convient même à des états très douloureux des organes : gastralgie, congestion du foie, crises hépatiques subaiguës, congestion de la rate, coliques intestinales, entérocolite, ovarite, à des douleurs rhumatismales très violentes : lumbago, arthrites, névralgies diverses.
La douche locale prend alors le nom de l'organe ou de la région auxquels elle est destinée : douche hépatique, épigastrique, splénique, abdominale, lombaire, scapulaire, plantaire, périnéale, anale.
Douche locale froide. — La douche locale froide est excitante parles réflexes vaso-moteurs plus ou moins profonds qu'elle détermine et qui provoquent des phases successives de contraction et de relâchement des vaisseaux. Elle est beaucoup plus courte que la douche locale chaude ; on la termine dès que la rougeur de la peau paraît suffisante, à moins que l'on ne veuille déterminer une vasoconstriction profonde; mais, ce cas étant spécial aux états inflammatoires, il vaut mieux alors recourir aux compresses, vu l'état général du malade en pareil cas. Elle convient aux états torpides des organes ; les phénomènes douloureux la contre-indiquent au moins quand elle est seule.
Cependant, après une douche locale chaude, elle peut souvent augmenter encore les effets révulsifs, ou même inversement corriger la paralysie des vaso-moteurs, qui pourrait avoir dépassé les limites voulues.
Nous allons décrire maintenant les principales douches locales employées en hydrothérapie.
Principaux types de douches locales. — Douche thoracique. — La douche thoracique est limitée à la partie antérieure et postérieure de la poitrine. On l'emploie soit pour combattre des affections des organes contenus dans la cavité thoracique, soit pour créer des effets
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à distance. Chaude, sur les bases des poumons, elle combat les engorgements de la bronchite chronique, de l'œdème pulmonaire, les névralgies intercostales, l'emphysème, les exsudats pleurétiques.
Quand on le peut, on fait suivre la douche locale chaude d'un jet froid, notamment dans la bronchite chronique et l'emphysème compliqué d'asthme. L'asthme purement nerveux sera mieux combattu encore par la douche tlioracique froide. Chez les tuberculeux, la douche thoracique sera très légère, très peu percutante et plutôt courte ; il importe, en effet, de n'intéresser que les téguments et de n'apporter aucun trouble dans le parenchyme pulmonaire. Si, au contraire, on désire modifier la circulation du poumon, on recourra de préférence aux compresses, à la vessie de glace.
Avec la douche thoracique, on obtient des effets à distance dans les congestions diverses du petit bassin : ménorrhagies, hémorroïdes. On crée alors une dérivation sanguine énergique avec la douche froide vivement appliquée, ou avec la douche chaude et froide. Le jet froid, localisé aux seins, provoque un réflexe constricteur utérin.
Douche dorsale. — La douche dorsale intéresse la moelle épinière ; on l'emploiera pour décongestionner cette portion du système nerveux, dans divers états d'excitabilité : irritation spinale, hyperesthésie, rachialgie des neurasthéniques. Elle sera, selon les cas, sédative, c'est-à-dire froide et lentement promenée le long de la colonne vertébrale, ou, chez certains nerveux, chaude et appliquée de même, ou bien révulsive : chaude et froide et assez percutante.
Douche sacro-lombaire. — La douche lombaire intéresse la partie inférieure de la moelle épinière et le sacrum. Elle complète la douche dorsale dans son action sur la moelle épinière. Elle est capable de modifier les fonctions des centres génito-spinaux, ano-spinaux, vésico-spinaux, surtout lorsqu'elle est appliquée froide, courte, avecune certainepercussion. On l'emploie aussi contre l'incontinence d'urine, l'atonie vésicale,la frigidité, les ménorragies.
Chaude et froide, révulsive, elle combat le lumbago et les douleurs localisées à la région lombo-sacrée, fréquentes chez les femmes atteintes de troubles utéro-ovariens.
Douche précordiale. — La douche précordiale est capable d'agir sur les nerfs du cœur. Froide, courte et légèrement percutante, elle excite les contractions cardiaques ; mais la façon dont le cœur réagit à cette excitation dépend de son fonctionnement avant l'application. Si le cœur était en tachycardie, les pulsations diminuent de fréquence, et inversement ; de même, la force des contractions diminue s'il y avait éréthisme cardiaque, elle augmente s'il y avait asthénie cardiaque. Cette douche précordiale froide demande une grande