BAINS CARBO-GAZEUX
un tube en verre, qui arrive au fond de l'eau et par où s'écoule l'acide chlorhydrique dilué provenant d'un réservoir.
Procédé de Quaglio. — Il consiste dans l'emploi d'un siphon à l'aide duquel l'acide chlorhydrique arrive dans le bain où le bicarbonate de soude est déjà dissous.
2<' Deuxième procédé. — Mélange de deux sels acides : bisulfate de potasse et bicarbonate de soude. On fait un bain avec quatre paquets de bicarbonate de soude de 250 grammes chacun et quatre paquets de bisulfate de potasse du même poids. On répartit les plaques en fragments dans tout le fond du bain ; on répartit de même le bicarbonate de soude. Le gaz carbonique se dégage environ pendant vingt minutes.
Pour protéger le métal des baignoires, on les couvre avec un linoléum.
Les procédés artificiels de fabrication des bains carbo-gazeux s'accompagnent de dégagement de chaleur, et il faut refroidir l'eau du bain pour éviter une trop grande perte de gaz.
La température des bains carbo-gazeux, au début du traitement, est la température indifférente; mais il est bon de la diminuer à mesure que le traitement s'avance, jusqu'à 25° environ. La durée, au début, sera de cinq à dix minutes et, plus tard, elle pourra atteindre une demi-heure.
Les bains carbo-gazeux sont agréables, sauf les premières minutes, quand la température de l'eau est assez basse ; mais les malades se réchauffent très vite, grâce à l'excitation produite par l'acide carbonique, qui amène une dilatation périphérique intense, et grâce à la couche isolante que réalisent les nombreuses bulles de gaz collées à la peau.
On a signalé, chez quelques malades, la production de céphalées que l'on a attribuées-au gaz carbonique qui se dégage de l'eau et qu'ils respirent. On peut éviter cet accident en dispersant le gaz dans la pièce, où il aura tendance à s'accumuler aux points les plus déclives, vu sa densité supérieure à celle de l'air. 11 est bon de recouvrir la baignoire d'une couverture. La pièce où se donne le bain d'acide carbonique doit être très facile à ventiler et ne sera pas trop chauffée. Mais il semble que l'origine de la céphalée ne soit pas toujours dans l'absorption de gaz carbonique et qu'il se passe un phénomène analogue au coup de marteau, à la céphalée hydrothérapique provoquée parfois par la douche froide, et dû à l'impression sensitive cutanée déterminant une brusque congestion du cerveau. On l'évitera en commençant par des bains moins frais et moins chargés en gaz carbonique.
PARISET. — HYDROTHÊEAPIE.
Les bains d'acide carbonique agissent sur la circulation et modifient la pression artérielle. Cette modification est le plus souvent une élévation ; mais on a constaté parfois une diminution. Les auteurs ne sont pas tous d'accord à ce sujet : cela provient sans doute des procédés différents employés et de l'état des malades au moment du bain. L'excitation des bains d'acide carbonique met en jeu les vaso-moteurs ; mais ceux-ci réagissent dans le sens qui leur est le plus naturel, et l'on conçoit qu'un hypertendu pourra voir sa pression artérielle s'abaisser, tandis que celle d'un hypotendu s'élèvera. D'autre part, la violence de l'excitation du bain d'acide carbonique dépend de la température de l'eau et de la teneur en gaz. Quand le bain est froid, sa température tend elle-même à déterminer une élévation de la pression artérielle, et il est en même temps plus chargé en gaz et plus excitant que le bain moins froid. Le bain tiède, en effet, est plutôt hypotensif par sa température et contient d'autant moins de gaz qu'il est plus chaud. On admet qu'un bain d'acide carbonique, pour agir dans des conditions normales, doit contenir 20 p. 100 de son volume en gaz. La prescription du bain d'acide carbonique sera donc faite en rapport avec l'état cardiovasculaire du malade.
L'action des bains .d'acide carbonique sur le cœur est diversement interprétée : l'élévation de la pression artérielle étant due à une vaso-constriction périphérique peut être considérée comme une fatigue nouvelle imposée au cœur, et l'amélioration de son fonctionnement devient difficile à appliquer. Cependant il est clair que les mouvements vasculaires périphériques déterminés par l'excitation du bain d'acide carbonique, en activant le débit et la vitesse du sang dans les régions où régnait la stase sanguine, font disparaître celle-ci et lèvent l'obstacle qui était opposé aux contractions du cœur. D'autre part, il est permis de supposer que l'action excitante cutanée du bain d'acide carbonique provoque des réflexes qui se déterminent directement sur le cœur et renforcent ses contractions. Ces deux causes peuvent, d'ailleurs, être invoquées à la fois. Quoi qu'il en soit, le cœur doit avoir conservé une certaine vigueur pour répondre par un meilleur fonctionnement aux sollicitations de ce procédé.
La clinique le confirme ; et Ton prescrira les bains d'acide carbonique dans l'insuffisance cardiaque en général, dont l'hypotension artérielle est le symptôme le plus habituel. On ne tiendra pas trop grand compte des lésions valvulaires, dont la nature n'est que secondaire et vient après la notion de la résistance de l'appareil cardiovasculaire, notion que la mesure de la pression artérielle et le tracé