‹ PhysiothérapieChapitre 125 sur 211 · BAINS DE VAPEUR · texte numérisé non relu

BAINS DE VAPEUR

tances électriques qui chauffent l'air, dont la force de projection est déterminée par un mécanisme que le courant électrique actionne en même temps.

Bains de vapeur. — Les bains de vapeur sont la forme la moins parfaite sous laquelle on puisse soumettre le corpshumain à la chaleur. En effet, la chaleur humide est difficile à supporter ; on ne peut dépasser 50 à 60° sans danger, parce que la transpiration s'établit difficilement dans un milieu saturé d'humidité, et l'effet qu'on recherche habituellement est ainsi mal obtenu. Cependant les bains de vapeur peuvent encore rendre des services, surtout lorsqu'on les donne en boîte, au lieu d'avoir recours aux bains romains, russes, turcs, hammams divers, où le seul avantage est de permettre au malade d'aller et venir dans une salle.

A domicile, on peut idéaliser commodément un bain de vapeur par le procédé indiqué par Winternitz ; dans une baignoire, on place une planche percée de trous sous laquelle on fait arriver de l'eau bouillante; Le malade s'étend, et l'on recouvre la baignoire d'une couverture.

L'application de vapeur peut se faire sous forme de douche de vapeur. 11 faut pour cela une certaine pression, qu'on ne réalise guère que dans les établissements d'hydrothérapie; de plus, la vapeur doit passer dans une sorte de boule métallique creuse, dont la partie déclive comporte un robinet purgeur destiné à évacuer l'eau de condensation souvent brûlante, qui, sans cela, serait projetée avec la vapeur elle-même. On ouvre ce robinet de temps à autre seulement. Le tuyau qui part de la boule creuse et que termine un embout de cuivre avec poignée en bois doit être assez long et flexible pour être promené d'un bout à l'autre du corps du malade. L'aide qui est chargé de l'application doit prendre les précautions suivantes. 11 aura purgé convenablement toute la conduite de vapeur d'eau, puis, quand il se sera assuré, en la projetant sur sa propre main, que la vapeur d'eau ne contient aucune gouttelette brûlante, il procédera à l'application sur la peau à une certaine distance, d'abord 30 centimètres, plus près ensuite, en vérifiant très souvent la température du jet de vapeur en contact avec la peau du malade, ce dernier devant avoir la sensation d'une chaleur agréable. Dans cette appHcacation, l'aide tiendra l'embout par la poignée enveloppée dans un chiffon, pour ne pas se brûler lui-même, et dans une position oblique de bas en haut, de sorte que l'orifice de sortie de l'embout soit toujours le plus élevé possible par rapport au tuyau, afin d'éviter la projection de gouttelettes brûlantes, qui, dans cette position, tombent simplement à terre.

PARI SE T

Jusqu'à présent, nous avons décrit les procédés dans lesquels la chaleur est soit lumineuse, soit obscure et, dans ce dernier cas, a pour véhicule l'air ou la vapeur d'eau. IVlais d'autres substances sont aussi des véhicules commodes et fréquemment employés. En général, toutes les substances capables de conserver longtemps la chaleur et de s'appliquer à la surface du corps humain peuvent être employées : l'eau en particulier, comme nous l'avons déjà indiqué, la boue, le sable.

Bains de boue. — Les bains de boue sont donnés avec des boues sur lesquelles coulent, dans certaines régions, des eaux minérales à thermalité élevée ; dans ces conditions, il s'y développe une flore spéciale, de conferves en majorité, dont les principes donnent à ces boues une action qu'on utilise en thérapeutique. Nous croyons que la principale action de ces boues est la chaleur qu'elles emmagasinent quand on les chauffe et qu'elles gardent très longtemps. Les bains de boue sont locaux et généraux. Leur température est d'environ 50°. On les fait suivre d'un bain tiède ou frais, ou de lotions fraîches.

Bains de sable. — Le bain de sable est en honneur dans certaines régions où le sable, particulièrement fin et chauffé au soleil, permet au malade de s'y plonger entièrement et d'y supporter une chaleur assez élevée.

Il va de soi qu'on peut le réaliser à domicile très facilement : dans une caisse en bois, longue et plaie, on met une piemière couche de sable chauffé de 20 à 30 centimètres de hauteur, sur laquelle le malade se couche ; puis on le recouvre de sable, en laissant libres la poitrine, les bras et la tète ; enfin on recouvre le tout avec des couvertures de laine. La température atteindra de 45 à 50°, et le bain de sable sera suivi d'un bain chaud ordinaire. Golovine indique un autre moyen ; sur un lit, on place une toile ; sur cette toile, on étend une couche de plusieurs centimètres de sable chauffé (60° environ). On revêt cette couche d'une nouvelle toile, sur laquelle le malade est étendu et recouvert ensuite d'une couverture de laine. Il y a, en somme, enveloppement et chauffage par le sable.

Enveloppement sec. — L'enveloppement sec seul peut suffire à déterminer la sudation. Il se fait très facilement au lit, à l'aide de couvertures de laine hermétiquement fermées.

On fait prendre au malade des boissons chaudes. On peut placer autour de lui quelques sacs de sable chaud, quelques cruchons. Le malade ne sera pas serré dans ses couvertures et devra pouvoir se permettre quelques mouvements.

APPLICATIONS THERMOTHÉRAPIQUES.

La transpiration met parfois assez longtemps à apparaître par ce procédé, car c'est le corps lui-même qui fournit la chaleur destinée à surchauffer l'espace clos où il est enfermé.

Cependant, au bout de une heure à deux heures, le malade éprouve une sensation de chaleur intense, et la sueur apparaît. Ce procédé est peu coûteux, mais il est long, incommode, nécessite une surveillance des malades, dont la circulation s'accélère, qui peuvent avoir des phénomènes congestifs du cerveau et qu'il est difficile de conserver ainsi enveloppés pendant des heures entières.

Enveloppement humide. — L'enveloppement humide a déjà été décrit, et le plus souvent on ne lui demande pas d'effet diaphorétique ; on termine la séance lorsque les battements du pouls s'accélèrent et que la sudation va apparaître.

Mais il peut fort bien être employé comme procédé de sudation, si l'on ne craint pas de fatiguer les malades, qui, après une réaction à l'eau froide, sont soumis à une vaso-dilatation exagérée, capable de constituer une réaction totale déprimante.

Effets des applications thermothérapiques.

Applications générales. — Les effets diffèrent suivant la durée et l'intensité de l'application. On peut, en effet, par des applications générales courtes, réaliser simplement cet état d'excitation tonique, qui se traduit physiologiquement par une activité thermogénique nouvelle, et qu'on cherchera à obtenir chez les malades affaiblis, les convalescents, les neurasthéniques déprimés et amaigris, qui ne pourraient réagir à l'eau froide.

En second lieu, lorsque l'application est plus longue, des modifications circulatoires nettes apparaissent ; la peau devient rouge par vasodilatation périphérique, la pression artérielle s'abaisse, le cœur s'accélère. Ces phénomènes sont normaux chez les sujets sains ; mais chez les sujets porteurs de troubles cardiaques, c'est une phase qui mérite surveillance. Quand les lésions sont bien compensées, les malades supportent biencette phase, qui ne devient pénible qu'un instant avant l'apparition de la tra!tispiration- La chaleur interne est en effet à ce moment portée à son maxiuium, et, avant que l'organisme n'ait recours à son moyen suprême de défense, l'évaporation cutanée, il y a un moment de crise circulatoire causée par la vasodilatation de plus en plus intense et l'accélération de plus en plus forte du cœur. C'est ce moment qu'il faut éviter chez les cardiaques, par l'emploi de procédés de sudation plus légers, parce que plus efficaces, tels que les bains de lumière, qui, nous l'avons démontré, sans

PARISET

réaliser la sudation à basse température, Tobtiennent cependant plus facilement que tout autre procédé. Les aortiques cependant ressentiront presque toujours des malaises.

A ce moment aussi se produisent les phénomènes congestifs cérébraux : bourdonnements d'oreilles, vertiges, céphalée, qui sont également des troubles circulatoires.

On les évite par l'emploi de compresses réfrigérantes sur le front et sur la région précordiale. Ces compresses seront renouvelées assez souvent pour procurer constamment au malade une sensation de fraîcheur. C'est ici le moment d'employer les tubes réfrigérants que nous avons décrits.

11 est rare que l'on veuille utiliser comme moyen thérapeutique cette phase essentiellement vasculaire, dont l'effet principal est l'hypotension. Cependant, dans l'hypertension artérielle spasmodique, elle pourra rendre des services par elle-même et comme préparation à l'hydrothérapie.

En général, on recherche une action plus complète, celle de la sudation, et cela à divers titres, pourdiminuer le poids des malades, pour activer les fonctions de la peau et suppléer au rein dans l'élimination si nécessaire dans les états d'intoxication. Selon l'intensité et la durée de l'application de la chaleur, selon la facilité du malade à transpirer, on obtientdes pertes de poids, à chaque séance, qui varient de 150 à 250, 1 200 grammes et plus. Une moyenne de 500 grammes au début, de 600 grammes dans la suite, suffit chez les obèses. Ce sont, en effet, les malades qui sont le plus souvent soumis à la sudation. On n'oubliera pas que, par ce procédé, la perte de poids se fait en eau et peut être très vite compensée.

La transpiration sera augmentée par un enveloppement dans les couvertures consécutif à la sudation.

Tels sont les effets obtenus parla sudation. Ils sont plus intenses dans les bains de lumière et plus rapidement réalisés. Les indications de la chaleur en applications générales s'étendent aux afiections douloureuses en général, au rhumatisme sous toutes ses formes, au diabète gras, à la goutte, aux états chroniques de la néphrite, aux intoxications arthritiques à forme neurasthénique ou non.

Applications locales. — Les applications locales de chaleur peuvent atteindre une température plus élevée que les applications générales, par suite de réchauffement moins rapide de la température interne et de l'afflux incessant dans la région soumise à la chaleur d'un sang qui se refroidit dans d'autres régions. De même la sudation locale se produit moins facilement et moins abondamment que la sudation générale, bien que la région chauffée soit soumise

THERMOTHÉRAPIE ET HYDROTHÉRAPIE.

à une température beaucoup plus élevée. L'abondance de la transpiration dépend également du procédé employé : dans le bain d'air chaud non ventilé, le malade paraît transpirer plus abondamment que dans le bain de lumière, où la ventilation n'est jamais nulle, parce que la sueur ne peut s'évaporer et reste plus longtemps sur la peau ; mais en réalité il transpire moins.

Les applications locales sont surtout employées pour combattre les douleurs localisées du rhumatisme, de la goutte, les névralgies. €es symptômes douloureux ne sont pas toujours modifiés par les applications générales, qui ne peuvent concentrer sur la région douloureuse une somme de chaleur suffisante. Les procédés locaux agissent en provoquant, par une vaso-dilatation assez considérable, une hyperhémie locale qui augmente le débit sanguin dans la région et contribue à l'augmentation des échanges dans les tissus intéressés, •en même temps que la chaleur agit par elle-même sur la douleur. Il est habituel de voir la douleur s'atténuer sous leur influence dès les premières minutes. Les bains Dowsing locaux sont ceux qui donnent €es résultats de là manière la plus complète.

Ces bains Dowsing locaux sont particulièrement indiqués dans les accidents localisés de la goutte : accès subaigus, suites d'accès, tophi. Sous leur influence, il n'est pas rare de voir disparaître ■des tophi, datant même de plusieurs années, et, généralement, les accès de goutte, après un traitement d'une quinzaine de bains, s'espacent, ou même disparaissent pendant quelques mois ou une année. Ce sont des faits que nous avons observés fréquemment.

Les applications locales de chaleur ne donnent de bons résultats que si elles sont appliquées dans des conditions appropriées à chaque malade. La vaso-dilatation qu'ils produisent ne doit pas être trop forte dans certains phénomènes douloureux, où les accidents aigus peuvent se renouveler, grâce à une excitation vasculaire locale intempestive. Chez les goutteux, par exemple, les applications portées trop rapidement à une température élevée peuvent provoquer des douleurs ; une chaleur douce et progressive, même si elle nécessite une séance plus longue, est alors indiquée. Si l'excitation vasculaire locale se manifeste quand même, on peut la combattre par des lotions fraîches, l'hydrothérapie étant un correctif et un complément indispensable dans la plupart des procédés de thermothérapie.

Thermothèrapieet hydrothérapie combinées.

Nous avons vu que l'apphcation générale de chaleur, courte, peut être une préparation à la douche froide. Mais on peut y suppléer par

PARISET. — HYDROTHÉRAPIE

une douche chaude précédant la douche froide. L'hydrothérapie est ainsi, dans nombre de cas, un excellent agent de thermothérapie, générale ou locale. On ne peut, avec l'eau, faire supporter aux malades des températures aussi élevées qu'avec l'air chaud ; mais ce n'est pas là une infériorité, car la somme de chaleur qu'il importe de connaître n'est pas celle qui environne le malade, mais celle qui absorbe et qui pénètre assez profondément pour modifier les organes. Or les effets anesthésiques et décongestifs que l'on recherche sont le plus souvent obtenus très facilement avec les douches locales très chaudes, qui fournissent à la peau une quantité de chaleur très grande grâce au contact intime assuré par l'eau.

On peut donc considérer l'hydrothérapie à la fois comme un excellent agent de thermothérapie et comme un procédé complémentaire de la thermothérapie elle-même.

En effet, ce dernier point est prouvé par la fatigue qui suivrait la plupart des séances de sudation, si une douche ou un bain froids ou frais ne les terminaient pas. Quand on procède ainsi, il est nécessaire que le malade passe immédiatement, et en pleine transpiration, à la douche ou au bain. On le couvre d'un peignoir chaud, et on l'y amène rapidement. L'application froide a l'avantage de fermer la peau, en empêchant la transpiration de continuer pendant les heures suivantes ; cette action est due à un abaissement rapide de la température interne sous l'effet de l'eau froide. L'eau froide a aussi l'avantage de tonifier le système nerveux, que la chaleur en application prolongée a déprimé. Cependant la sudation n'empêche pas la douche d'être chaude lorsqu'il existe des douleurs rhumatismales; mais il est toujours désirable de terminer la séance par un jet froid, même court.

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