I. — DOCTRINE HYDROTHÉRAPIQUE
Sous le nom de doctrine et de méthode hydrothérapiques, beaucoup d'auteurs ont cherché à classer les efïets des procédés usités en hydrothérapie. Si l'on examine leurs classifications, on voit que la même méthode est envisagée à la fois dans deux catégories d'effets très différents et même opposés : ainsi l'eau froide produit aussi bien des effets toniques que des effets sédatifs; l'eau chaude peut être tantôt vaso-constrictive, tantôt révulsive. Pour établir une doctrine hydrothérapique, on est donc obligé de décrire les principaux effets obtenus par l'hydrothérapie, en énumérant pour chacun les procédés propres à l'obtenir, ce qui constitue une répétition, à termes renversés, des propriétés physiologiques que nous venons de reconnaître à chacun de ces procédés.
La valeur de la méthode hydrothérapique peut être conçue et envisagée très simplement par un coup d'œil compréhensif sur les effets généraux de l'eau froide, de l'eau très chaude, de l'eau chaude et de l'eau tiède, suivant la durée de l'application et la percussion employée ; suivant que l'application est générale ou locale. Connaissant ces effets, on ne s'en tiendra pas à cette conception étroite, et l'on n'oubhera pas que nombre de procédés hydrothérapiques n'ont certains effets que grâce à l'état général ou à l'état des organes du malade à qui on les applique : l'eau froide n'est thermogène que chez les sujets capables de développer une source de chaleur nouvelle ; l'eau tiède n'est antispasmodique que chez les sujets porteurs de spasmes, et, au lieu d'être neutre sur le système vasculaire, ou plutôt vaso-dilatatrice, elle devient vaso-constrictive chez certains sujets en état de vaso-dilatation et dont les vaso-moteurs sont sensibles à son excitation.
On arrive ainsi à cette idée que Fhydrothérapie est un agent physique qui met en jeu les organes et systèmes d'organes dans un sens
PARI SE T. — HYDROTHÉRAPIE
que déterminent à la fois la valeur de l'excitant et Texcitabilité des organes eux-mêmes. En possession de cette idée, on s'explique les contradictions apparentes dans les résultats obtenus; on acquiert la notion importante en hydrothérapie de V individualité de la réaction.
Enfin on devient capable de limiter les indications et de prévoir les contre-indications de cette méthode de traitement, à laquelle il ne faut pas demander plus qu'elle ne peut donner, et dont les pouvoirs s'arrêtent quand les malades ne sont plus capables de réagir à ses excitations, ou quand cette réaction leur serait préjudiciable. 11 importe de préciser ces indications et contre-indications.