PRESCRIPTIONS
dans sa prescription, et, s'il le peut, les appliquer lui-même une première fois. On ne saurait trop le répéter : la condition du succès d'un procédé est son exécution parfaite. L'hydrothérapie est souvent une question de petits soins, qui, négligés, peuvent compromettre l'application la plus habilement conçue.
Quand le malade possède la ressource d'un établissement, la garantie n'est souvent qu'apparente. Les établissements dont le personnel est entièrement composé de garçons doucheurs et de filles doucheuses, sans direction médicale, sont parfois les pires endroits où l'on puisse adresser de vrais malades. Les préjugés, les idées fausses, la contiance en soi, propre à ces employés dont l'instruction est toujours très inférieure, leur font commettre de lourdes fautes. En pareil cas, il est bon de prescrire les applications hydrothérapiques d'une façon exacte et minutieuse, en indiquant la température, la durée, la percussion, les régions où il faut insister, celles qu'il faut éviter d'atteindre.
11 sera bon, également, de vérifier soi-rnème l'état des locaux, les systèmes d'appareils employés, la rapidité et la précision du mélangeur, la pression de l'eau, le procédé des employés, afin de mieux imaginer toute la pratique du traitement.
La lecture des ordonnances écrites parle médecin est quelquefois une cause d'erreur, surtout quand la clientèle est nombreuse. La feuille de papier ne tarde pas à devenir un chiffon, où rien n'est plus lisible, et la mémoire seule doit y suppléer. Mieux vaudrait employer des formules écrites à l'aide d'une notation convenue ; nous proposons la suivante (fig. 102).
La légende indique suffisamment la lecture qu'il faut faire de ce tableau et qui se traduirait ainsi : douche chaude de 35 secondes sur le foie progressivement de 34 à 45° et percussion légère, suivie d'une douche progressive générale de 34 à 15°, d'une durée de quarante secondes, avec percussion moyenne et jet plus fort sur les pieds pour terminer.
Mais la courbe traduit tout cela à première vue d'une façon rapide, qui peut, avec fhabitude, devenir machinale.
Dans ce tableau, la douche locale précède la douche générale, parce que la douche locale, devant suffire pour déterminer localement le maximum d'action que l'on recherche, n'a pas besoin d'être aidée par une application générale, et aussi parce que, si la douche générale est appliquée la première, pendant l'application locale, le malade, dont la peau reste humide, est exposé à se refroidir.
Quand le médecin adresse ses malades à un autre médecin qui applique la douche lui-même, le précédent tableau n'a plus aucune
PARISET
raison d'être. Le médecin doucheur est un spécialiste, au même titre que le laryngologiste par exemple, et c'est d'après les renseignements cliniques que lui fournit le médecin traitant et l'examen qu'il peut faire lui-même du malade qu'il institue le traitement. Lui seul peut juger la valeur réactive du malade et les effets obtenus à chaque séance.
Nous ne saurions donc trop conseiller aux médecins désireux de tirer de l'hydrothérapie tout le parti possible d'adresser leurs ma-
Percussion forie
Fig. 102. — Formule-type d'une application hydrothérapique.
lades à un médecin qui les soigne directement, en lui indiquant les symptômes principaux qu'ils présentent et surtout le résultat qu'il faut obtenir : congestion du foie à soulager, par exemple, insomnie à combattre. Les indications majeures sont l'état du système nerveux, l'état de la circulation et l'état général; lorsqu'elles sont nettement données, le médecin traitant peut y joindre un aperçu de la température à employer, mais sans y joindre la formule en chiffres qui est nécessaire avec un garçon doucheur. La collaboration ainsi organisée devient intéressante, au grand bénéfice du malade.