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PRATIQUE GÉNÉRALE

Le début du traitement doit être particulièrement surveillé. Chez les malades nerveux et impressionnables, qui le redoutent généralement beaucoup, il y a deux façons d'agir : ou bien on applique d'emblée la formule définitive, surtout s'il s'agit d'eau froide, ou bien le malade y est amené peu à peu. Le premier procédé convient aux malades qui n'ont rien autre que des troubles nerveux ; le second est préférable avec ceux qui sont porteurs de troubles organiques. L'autorité avec laquelle on procède à l'application est un facteur important de succès.

On ne trouve pas toujours d'emblée la formule qui convient à un malade, et les premières séances sont généralement des séances d'essai ; mais, au bout de trois à quatre jours, on doit avoir modifié suffisamment le malade pour l'encourager à continuer et lui inspirer une grande confiance.

On doit savoir varier ses procédés selon l'état individuel et journalier des malades, qui présente souvent, d'un jour à l'autre, des changements considérables. Dans ce but, il est bon de voir les malades un instant avant leur séance, pour se rendre compte de leur état à ce moment. Maison n'abusera pas de cet interrogatoire avec les neurasthéniques et les hystériques, sous peine de leur créer de nouveaux symptômes subjectifs; il faut avoir l'expérience de ces malades pour juger d'un coup d'œil leur état et agir en conséquence.

Le moment de la journée choisi pour chaque séance varie selon les indications. Quand elle a lieu le matin, il n'est pas nécessaire, à moins de symptômes gastriques particuliers, que le malade soit à jeun ; il peut prendre le déjeuner du matin, qui est, en France du moins, très léger. La plupart des malades, les déprimés principalement, réagissent mieux quand ils ont pris quelque nourriture. Par surcroît de précaution, on peut mettre une demi-heure ou une heure d'intervalle. La séance du matin est en général tonique ; celle du soir est plutôt sédative, c'est-à-dire qu'elle ne doit pas être assez excitante pour troubler le sommeil. Quand le malade n'est pas nerveux, la séance du soir peut être excitante; elle est appliquée ainsi chez beaucoup de sujets qui, sans être de vrais malades, ont besoin d'hydrothérapie pour se remetti"e des fatigues de chaque jour.

La saison la plus favorable au début d'un traitement hydrothérapique est évidemment l'été; mais on peut continuer l'hiver les applications, même froides, à condition qu'on y ait été soumis régulièrement sans aucune interruption. Cependant, l'hiver, on est souvent obligé de joindre l'eau chaude à Feau froide dans les applications faites aux malades. Ceux-ci iront à l'établissement d'hydrothé- Physiotliérapie. IV. 19

rapie à pied, en marchant suffisamment longtemps pour avoir chaud au moment de leur douche; puis ils sortiront suffisamment couverts et pourront, selon leur résistance, repartir à pied ou en voiture. Il est bon, lorsque la température extérieure est basse, de ne pas sortir sans être parfaitement séché, sous peine de refroidissement.

L'hydrothérapie, continuée l'hiver, a l'avantage de rendre sensiblementplus résistant au froid, en favorisant les fonctions de la peau, et principalement celles des vaso-moteurs, qui réagissent mieux aux excitations du froid et régularisent mieux le rayonnement de la chaleur du corps.

La durée d'un traitement hydrothérapique est parfois très longue, surtout dans les états nerveux, que chaque séance modifie légèrement et qui ne sont guéris que par l'addition répétée chaque jour d'excitations en elles-mêmes forcément superficielles. Cependant cette nécessité d'un long traitement n'est pas absolue, et il n'est pas toujours besoin d'attendre plusieurs semaines pour permettre à un malade de cesser l'hydrothérapie. Au bout d'une semaine, il est en général permis de prévoir ce qu'un traitement hydrothérapique peut donner, et, dans bien des cas, quinze jours suffisent pour obtenir un résultat très appréciable. 11 est alors indiqué de suspendre les séances pendant quelques jours pour les reprendre ensuite. Enfin on n'oubliera pas que la variété des moyens qui sont employés est souvent une condition de succès, principalement pour un traitement de longue durée, au cours duquel un même procédé trop souvent répété peut devenir inutile.

Dans certains cas, on voit des malades interrompre un traitement, destiné à les améliorer, pour des malaises passagers, qu'ils attribuent parfois non sans raison aux séances d'hydrothérapie.

Une cause fréquente d'interruption est l'angine : à la suite d'une réaction incomplète, d'une imprudence, un malade prend une angine banale, ou même simplement on voit se produire un réveil d'accidents naso-pharyngés arthritiques. De même un coryza, une laryngo-trachéite peuvent survenir. En général, on peut dicter la conduite suivante : on n'interrompt pas le traitement, mais on applique au malade une sudation et une douche chaude qui combattent le malaise intempestif. Cependant, s'il y a de la température, il est bon d'attendre qu'elle ait disparu pour reprendre le traitement interrompu.

Les simples congestions céphaliques, les courbatures, les douleurs articulaires ou musculaires qui peuvent survenir au cours d'un traitement ne doivent pas le faire ajourner, mais il faut immédiatement faire au malade une application qui le soulage.

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