HYDROTHÉRAPIE DANS LES MALADIES FÉBRILES LA SYPHILIS ET LE PALUDISME
- I. — Maladies fébriles.
Nous ne donnerons ici que les indications principales de Thydrothérapie dans les maladies fébriles, laissant à de plus compétents le soin d'informer le praticien de la conduite qu'il doit tenir en présence de cette catégorie de maladies. Quelques principes sont nécessaires avant d'entrer dans le détail. L'eau froide appliquée aux fiévreux est en réalité tiède et tempérée ; on n'abaisse à peu près jamais au-dessous de 20° la température des bains, et, lorsque l'eau atteint ce de^^ré ou s'abaisse au dessous, c'est en applications locales. C'est qu'en effet l'état fébrile exagère plutôt l'aptitude de l'organisme à la régulation de sa thermogenèse. Dans la tièvre, la production de chaleur est augmentée dans la proportion de un cinquième environ ; la perte de chaleur par rayonnement est augmen tée également, mais dans une proportion moindre, de sorte qu'il subsiste un excédent qui cause l'hyperthermie centrale. En outre, la perte spontanée de chaleur n'est pas très grande, d'où indication de l'augmenter en appliquant des procédés capables de refroidir l'organisme. Ces procédés devront toujours amener une réaction telle que nous l'avons décrite au premier chapitre, et cela par une irritation que produit l'eau froide et qui vient s'ajouter à l'action réfrigérante.
Fièvre typhoïde. — La maladie type est la fièvre typhoïde. Cependant il est bon d'ajouter que, dans les maladies fébriles, la température n'est pas le seul élément sur lequel le médecinporte son
PARISET. — HYDROTHÉRAPIE
effort, en prescrivant l'hydrothérapie. L'adynamie, par exemple, n'est pas toujours en rapport avec Thyperthermie ; il faut la traiter comme un symptôme à part.
Technique. — On peut dire que la température et la durée des bains varient en raison inverse selon la résistance du sujet :
Courts et froids, dix à quinze minutes, 25° chez les sujets vigoureux; longs et plus chauds, quinze à vingt-cinq minutes, de 30 à 35° chez les sujets (iffaihlis.
Ziems a indiqué des bains progressifs pour les malades excitables, commencés à 28 et 30°, abaissés peu à peu à 22°.
Le malade est porté du lit dans la baignoire, qui est placée près du lit, comme nous l'avons déjà indiqué (Voy. Buins à domicile), c'est-àdire la tète de la baignoire étant près des pieds du lit, de façon à ce que le lit et la baignoire forment un angle droit.
Pendant le bain, on verse sur la tète du malade de l'eau à une température inférieure à celle du bain, pour éviter la réaction congestive du cerveau ; on lui fait boire des boissons alcoolisées (thé ou rhum), qui favorisent la réaction par l'effet vaso-dilatateur de l'alcool.
Dans le bain, le malade éprouve d'abord un frisson, mais il se réchauffe assez vite, seul, ou bien grâce aux frictions, qu'on lui fait sans violence sur les épaules et les jambes; puis, auboutd'un certain temps, apparaît le début d'un second frisson. C'est à ce momentqu'il faut le remettre au lit, lequel a été changé pendant le bain. On conseille de l'y mettre sans le sécher, en l'enveloppant dans des couvertures. Le moment qui suit le bain est souvent propice à l'absorption de la nourriture.
Tous les malades ne se comportent pas ainsi dans le bain. Certains ne réagissent pas, frissonnent tout le temps; leur peau reste pâle. Il faut les surveiller, se tenir prêt à intervenir contre un collapsus que Ton doit toujours redouter. Il suffit souvent de réchauffer un peu le bain pour voir tout danger disparaître. Max Mathes conseille de donner à ces malades, de temps en temps, un bain d'acide carbonique .
Enfin lecoUapsus peut se produire, ell'onintervientpardes moyens que nous n'avons pas à décrire ici, sauf les enveloppements très chauds. Le collapsus se produit surtout chez les malades dont la circulation est affaiblie, et la vaso-constriction produite par le premier contact de l'eau froide peut suffire à le déterminer, en créant un obstacle au cours du sang. Dans ce cas, on se contentera d'enveloppements du tronc.
Le bain améliore le pouls, qui est ralenti et plus tendu, et la respiration, qui est plus profonde, calme les phénomènes d'excila-