MALADIES FÉBRILES : PNEUMONIE
bililé et réveille les adynamiques. Quant à rabaissement de températui-e qu'il provoque, il dépend de la maladie : il est moins grand dans l'érysipèle que dans la fièvre typhoïde ; de l'heure de lajournée : il est plus grand quand le bain coïncide avec une tendance à la rémission, le matin et le soir.
L'indication de donner le bain est tirée de la température d'abord. Brand avait formulé une règle très simple : baigner quand la températureatteint oudépasse 39°, 5. D'autres symptômes viennentlacirconstancier : Fétat général, l'accélération du pouls. C'est au médecin à s'inspirer de ces conditions des complications. On donne en moyenne un bain toutes les trois heures, sauf dans certains cas, où la température est moins élevée (troisième période de la fièvre typhoïde, par exemple). Citons ici l'opinion de Liebermeister; qu'il vaut mieux obtenir des rémissions très basses qu'un abaissement de la moyenne de la température et qu'il faut donner les bains aux heures où la rémission tend à se produire spontanément, ce qui diminue le nombre des bains : de trois à cinq par jour.
Lorsque les malades ne peuvent être remués dans leur lit, on peut employer des coussins d'eau (Quincke), où l'eau est amenée par un tuyau à la température qu'on désire. S'ils sont possibles, les enveloppements valent mieux: quatre enveloppements équivalent à un bain frais. Quand l'adynamie prédomine, avec son cortège de symptômes graves de dénutrition, d'asthénie cardio-vasculaire, il faut recourir aux stimulants, aux lotions froides, aux demi-bains tièdes, avec lotions froides sur le haut du corps. Le drap mouillé avec frictions rend des services si les malades ne sont pas transportables dans le bain.
Quand l'adynamie est extrême, on peut engager à recourir aux applications chaudes.
On a préconisé les lavements froids, à faible pression, comme anti thermiques.
Toutes ces indications s'appliquent à la fièvre typhoïde.
Pour les autres maladies infectieuses, elles ne comportent que des variantes.
Pneumonie. — Dans la pneumonie franche, il estrarement besoin de bains, du moins comme traitement de quelque importance et de quelque suite. Si la pneumonie est grave, le pouls douteux, on doit éviter les bains, et, si l'accélération du pouls inspire des craintes, se borner à l'application de la glace sur la région précordiale.
Si le pouls est bon et que la température atteigne 40°, il faut baigner le malade.
Quand la pneumonie prend une forme asthénique, avec température plutôt basse relativement, donner des bains chauds.
PARI SE T
On se méfiera des alcooliques, des artérioscléreux, des pneumoniques à hépatisations très étendues, qui sont sujets au collapsus.
Bronchopneumonie. — La température y étant en général peu élevée, puisqu'il s'agit le plus souvent d'eniants et de vieillards, on donne plutôt des bains tièdes ou frais à 33 à 25°.
Pour remplacer le hain froid, on peut recourir aux enveloppements froids, de la même façon que pour l'application du drap mouillé thermogène, mais avec de Feau à 15° et un drap suffisamment tordu.
On conseille, en efîet, de laisser l'action du procédé se réaliser entièrement, jusqu'à la sudation.
Les enfants s'endorment généralement au cours de l'application, et la sueur apparaît au bout d'une demi-heure ou de trois quarts d'heure.
On sèche l'enfant au moment où la sudation se ralentit. Ce procédé aurait l'avantage d'abaisser la température du malade plus longtemps que les bains froids ; en outre, il agirait par l'élimination qu'il produit et qui augmente les urines ; il rend l'expectoration plus facile. L'enveloppement se renouvelle moins fréquemment que les bains froids.
S'f/ y a collapsus, ou tendance au collapsus, recourir aux bains très chauds et même sinapisés.
Diphtérie. — A part les compresses au cou, qui peuvent rendre quelques services, les bains cèdent la place à tout autre traitement dans la diphtérie, où la température n'est pas élevée en général.
Fièvres éruptives. — Rougeole. — On donne des bains froids selon les préceptes habituels, s'il y a des phénomènes graves : délire, crampes, ou des complications: bronchite capillaire. Dans la forme hémorragique, indice d'asthénie vasculaire, on recommande les enveloppements frais. Dans la forme asthénique, on donne des bains chauds; s'il y a complication de bronchopneumonie, recourir aux affusions froides, légères, mais répétées souvent à la nuque, aux bains chauds sinapisés, aux enveloppements de moutarde.
Scarlatine. — Les bains y sont très indiqués, la température étant généralement élevée. La température du bain sera d'autant plus élevée que l'enfant sera plus jeune (30 à 34°). U semble démontré que les bains n'ont pas d'influence sur la fréquence d'apparition de la néphrite. Si cette complication apparaît, on a recours aux bains très chauds et aux enveloppements chauds destinés à provoquer la sudation.
Lorsque la scarlatine prend une forme grave avec cyanose, affaiblissement du pouls, on a recours aux bains chauds.
Si l'on craint une complication endocarclilique, on emploie les
MALADIES FÉBRILES : ÉRYSIPÊLE.
compresses froides sur la région précordiale. A la période de desquamation, on donnera des bains émollients.
Variole. — On donne des bains quand ]a température est élevée et qu'il apparaît des phénomènes nerveux graves, de même lorsque la fièvre de suppuration atteint un degré élevé.
Les applications froides courtes pourraient diminuer la suppuration et atténuer Fétendue et la profondeur des cicatrices (Hebra). Zimmermann les conseille seulement jusqu'au moment maximum de l'inflammation, pour les remplacer ensuite par des compresses d'eau boi'iquée humides et chaudes, recouvertes d'étofïe imperméable. Pendant la dessiccation, on donnera des bains émollients.
Érysipele. — Quand il n'est pas grave, les bains sont superflus ; quand il est yrave, il faut redouter le collapsus et donner alors le bain de Ziemsen, ou recourir aux enveloppements.
Les complications rénales indiquent les bains chauds, les enveloppements avec sudation. S'il n'y a pas de collapsus à redouter et si les symptômes dominants sont l'ataxo-adynamie, le délire, les complications pulmonaires, les bains froids sont indiqués.