II. — Syphilis et paludisme
Syphilis. — Contre les accidents locaux, l'hydrothérapie n'est pas d'un grand secours ; tout au plus l'eau chaude peut-elle intervenir localement pour hâter l'évolution du chancre ; de même il semble que des bains chauds, des douches chaudes, une sudation soient capables de faire apparaître un peu plus rapidement une éruption de roséole ; enfin contre les accidents tertiaires sous-jacents à la peau et les nécroses, on pourra lutter par des compresses chaudes et humides.
Sur l'état général, l'hydrothérapie n'a pas non plus d'action directe, mais elle aide puissajnment à la défense de l'organisme. Les syphilitiques sont quelquefois très éprouvés par les premières semaines de leur affection et du traitement spécifique ; Fétat d'anémie relative dans lequel ils tombent alors est combattu par l'hydrothérapie stimulante, à base d'eau froide principalement, qui relève leurs forces, en même temps que leur moral, souvent très affecté par la préoccupation de leur tare.
Indépendamment de cet effet de l'hydrothérapie, le même dans toute anémie, on a constaté une excellente influence sur l'absorption du mercure, qui se faisait en plus grande proportion pendant le traitement hydrothérapique.
Au traitement à l'eau froide, on joindra un traitement activant l'élimination : sudation suivie d'applications froides.
PARISET. — HYDROTHÉRAPIE
On ne craindra pas de prolonger le traitement hydrothérapique, qui sera quotidien au début et plus tard se bornera à trois séances par semaine. Quand les syphilitiques peuvent être considérés comme guéris, il est bon de les soumettre chaque année à une cure hydrothérapique de quelques semaines, destinée à tonifier les fonctions nerveuses : de grands neurologistes pensent, en efTet, que la moelle peut ainsi mieux se défendre contre la localisation syphilitique.
Paludisme. — Le paludisme est une maladie dont les manifestations multiples peuvent être combattues presque toutes par Thydrothérapie.
L'accès de fièvre paludéenne pourra être évité par une application froide faite de une heure à une heure et quart avant le stade de frissons. L'application faite au moment du frisson ne semble pas capable de faire avorter l'accès, mais simplement d'en diminuer l'intensité. Le meilleur procédé pour obtenir ces efï'ets est la douche froide ; mais l'état de certains malades n'en permet pas toujours l'application. Dans ce cas, et à domicile, les lotions, les affusions froides, le drap mouillé sont de précieux moyens; et, s'ils ne sont pas supportés, les applications fraîches, préférables chez les malades aifaiblis, peuvent également atténuer l'accès de lièvre.
L'accès de fièvre paludéenne peut prendre des caractères de gravité extrême : c'est la forme pernicieuse. Le symptôme dominant présenté par le malade guidera dans le choix du procédé hydrothérapique. La forme nerveuse (délire, excitation) sera traitée par lesbains frais ; la forme algide, par les bains chauds, les enveloppements chauds.
V anémie paludéenne, parfois plutôt un état de cachexie véritable, est améliorée par des applications reconstituantes, froides de préférence. Quand la faiblesse du malade est extrême, il est bon de commencer par des applications sans percussion : lotions, atîusions, drap mouillé du tronc, enveloppement chaud, sans sudation, suivi de lotions froides. On arrive ainsi peu à peu à la douche froide et courte, qui est le procédé de choix.
Quand les malades sont plus résistants, on peut aussi recourirà la sudation pour combattre leur intoxication. La sudation sera employée trois fois par semaine environ, car il n'y a pas lieu de faire maigrir ces malades, et toujours suivie d'une douche d'eau froide.
Les congestions viscérales, les troubles gastro-intestinaux, fréquents chez les paludéens, seront combattus par des douches locales appropriées aux indications fournies par l'état des organes atteints : douche abdominale, douche hépatique, douche splénique.