MALADIES RESPIRATOIRES : POUMONS
employés avaient un caractère tonique (eau froide, eau très chaude).
L'hydrothérapie possède, en outre, une action préventive contre les rhumes Jes hronc h\{ es a frig or e, par son effet d'entraînement de la peau à supporter le froid et à réagir sous son influence.
Le froid resserre les vaisseaux cutanés de la surface thoracique et surcharge ainsi les vaisseaux pulmonaires centraux, faisant du poumon un milieu favorable au développement des germes infectieux: telle est la théorie généralement admise. L'eau froide, ou même tempérée, en accoutumant la peau à cet effet, toujours suivi de vaso-dilatation, l'entraînera à réagir de même en face du froid. Les procédés d'hydrothérapie même les plus simples, avec friction de préférence, pourvu qu'ils déterminent une réaction, deviennent ainsi d'un emploi quotidien très utile.
Le froid détermine fréquemment des états aigus, tels que la bronchite, la congestion pulmonaire.
Bronchite. — La bronchite se combat au début par une sudation suivie de lotions froides ou de drap mouillé froid très court, le malade restant ensuite au lit. Quand la bronchite est déclarée, les enveloppements chauds et humides du thorax, avec recouvrement imperméable, sont un excellent moyen d'en hâter l'évolution.
Congestion pulmonaire. — La congestion pulmonaire aiguë est constituée par de la vaso-dilatation active et un point douloureux plus ou moins violent, selon que la plèvre et la paroi thoracique sont plus ou moins intéressées.
Le meilleur traitement hydrothérapique est l'application froide locale ou l'enveloppement chaud thoracique décrit plus haut. L'enveloppement chaud et sinapisé a des propriétés révulsives énergiques qu'on peut utiliser.
A côté de ces états aigus, se placent diverses affections chroniques que l'on peut ranger sous la désignation générale de l'insuffisance respiratoire qu'elles réalisent.
Insuffisance respiratoire. — Elle est combattue par l'hydrothérapie dans les cas suivants :
1° Insuffisance par défaut de développement thoracique. — Elle se rencontre chez les enfants et les jeunes gens (d'origine nasopharyngienne fréquemment). On la traite par l'eau froide autant que possible. Cependant, lorsque le cœur est sujet aux palpitations, parce qu'il multiplie sa tâche pour compenser une circulation pulmonaire insuffisante et simule ainsi l'hypertrophie du cœur, il est bon de s'en tenir à la douche tiède plus ou moins refroidie selon chaque malade.
2° Insuffisance par ralentissement du cours du sang dans le poumon.
PARI SE T
H YD R 0 T HÉ R APIE .
— Elle se produit à la suite de modifications du parenchyme pulmonaire (nous éliminons de cette classe les états tuberculeux avancés et les obstacles mécaniques), comme il arrive dans la pneumonie, la bronchopneumonie, la pleurésie avec épanchement, la bronchite chronique, l'emphysème, la congestion des bases. On la traite par des applications chaudes locales, soit avec la douche en jet, soit avec les atTusions et les enveloppements selon l'état de résistance du malade, et principalement lorsqu'il existe des symptômes douloureux. S'il s'agit de phénomènes torpides, on pourra recourir à l'eau froide.
Enfin, si la combinaison d'eau chaude et d'eau froide est possible, on l'emploie comme révulsif énergique dans les exsudais chroniques des plèvres.
Ces malades sont délicats à soigner; il faut, à domicile, surveiller les premières applications et, si on peut, les envoyer dans un établissement, les confier au médecin doucheur. Dans ces conditions, on obtient généralement de très bons résultats.
Dans la pneumonie, la bronchopneumonie et la pleurésie, on emploie contre les symptômes inflammatoiresdes compresses froides, la vessie de glace, et, si ces applications ne diminuent pas l'intensité des points douloureux, les compi'esses chaudes, sinapisées. L'hyperthermie, les troubles adynamiques se traitent par les enveloppements et les bains froids ou chauds, quand l'asthénie est très prononcée.
3° Insuffisance de la grande circulation.— Telles sont les dyspnées des cardiaques. Nous verrons leur traitement plus loin (maladies circulatoires).
4° Insuffisance par troubles nerveux: tels que l'asthme. — L'asthme purement nerveux nécessite de l'eau froide qui espace les accès et peut les supprimer entièrement. S'il y a un état pulmonaire local : emphysème, bronchite chronique, râles et matité aux bases, commencer par une douche locale très chaude et continuer par une douche progressive.
Pendantl'accès d'asthme, on peut recourir aux applications locales froides dans le dos, combinées avec des bains de pieds chauds et sinapisés. On dit avoir vu de bons résultats en faisant plonger les mains du malade dans l'eau froide.
Tuberculose pulmonaire. — La tuberculose pulmonaire ne contre-indique pas l'hydrothérapie, mais l'exige très surveillée.
A la première période, s'il n'y a pas de fièvre, on peut l'employer pour relever l'état général du malade, exciter l'appétit, entretenir les fonctions de la peau. On emploie alors à domicile les frictions, le drap mouillé à 25°, avec frictions; dans les établissements, ils
MALADIES RESPIRATOIRES : HÉMOPT YSIES.
seront confiés au médecin, qui leur appliquera des douches avec une percussion plus ou moins forte sui\^ant l'état de leur embonpoint; il y a des tuberculeux qui prennent avec avantage la douche entièrement froide et engraissent sous cette influence. On peut donner, quand ce. traitement réussit, jusqu'à deux douches par jour. On évitera de percuter la région thoracique supérieure, où la peau seule sera intéressée par l'application ; on veillera à ce que la réaction soit parfaite.
Aux malades plus délicats, on appliquei'a la douche progressive (de 33 à 28° et, plus tard, 25°), et, si le réflexe respiratoire est trop lacile à provoquer, on évitera la région thoracique. Ces malades demandent une certaine habileté de la part du médecin doucheur, surtout au début.
Une ou deux élévations de température isolées ne feront pas interrompre l'hydrothérapie; si la lièvre est continue, il vaut mieux la cesser.
Citons la méthode de Jacoby, imitée de celle de Bier, qui consiste en apphcations chaudes sur les sommets, de façon à y créer une hyperémie que Ton augmenterait encore en plaçant le reste du corps plus haut que les épaules.
Cette méthode est loin d'avoir fait ses preuves.
Hémoptysies. — Les hémoptysies des tuberculeux sont une complication en face de laquelle l'hydrothérapie peut être très utile ou très nuisible, suivant qu'elle est appliquée à propos ou non.
11 faut d'abord éviter de les provoquer. Quand on est en présence d'un malade qui en a présenté récemment, il faut attendre que tout soit rentré dans l'ordre avant de commencer un traitement ; quelques semaines d'intervalle ne sont pas de trop.
En outre, il faut, comme nous l'avons dit, éviter tout ébranlement par le choc de la douche et insister plutôt sur les parties basses du corps pour y ei^éer, autant que faire se peut, une dérivation sanguine.
En présence d'une hémoptysie, on a coutume de recourir aux applications froides locales, qui réussissent en général assez bien.
Comment agissent-elles? Ce point n'est pas élucidé. Est-ce par vaso-constriction, en resserrant l'artériole ? Est-ce par vaso-dilatation, en diminuant la pression sanguine dans les vaisseaux pulmonaires ?
Les avis sont partagés ; on ne sait pas bien ce que font les vasomoteurs pulmonaires sous l'influence du froid ; longtemps on a cru, et beaucoup croient encore qu'il y a vaso-constriction ; des idées plus modernes penchent pour la vaso-dilatatjon. Rien d'autre, en eflet.
PARISET. — HYDROTHÉRAPIE
qu'une hypothèse ne justifie ces convictions, et, pratiquenrient, il vaut mieux ne pas s'y arrêter et tenir compte des symptômes cliniques pour guider sa conduite.
Sueurs nocturnes , — Les sueurs nocturnes des tuberculeux pourront être traitées par des affusions fraîches si possible, sinon tièdes, faites le soir de préférence.