MALADIES CIRCULATOIRES : RÉACTION CIRCULATOIRE
peuvent suffire. Un repos après le bain, dans des couvertures, est nécessaire.
On évitera d'appliquer l'hydrothérapie chez les malades porteurs d'anévrysmes.
Troubles nerveux du cœur. — Il faut rechercher la cause probable de ces troubles avant d'instituer le traitement. Les phénomènes douloureux de la région précordiale, l'angoisse de la fausse angine, de la distension cardiaque, sont améliorés par les compresses chaudes locales, dont on évite le refroidissement avec soin, par les tubes à eau chaude, le sac à eau chaude.
Lorsqu'il s'agit de réflexes digestifs : gastrique, hépatique, on traitera tout d'abord les troubles de ces organes, en même temps qu'on commencera un traitement symptomatique du ca^ur luimême, analogue au précédent. Nous avons fréquemment obtenu une améhoration immédiate par une douche locale très chaude et prolongée sur l'abdomen et le côté gauche du thorax. Si les malades ne peuvent supporter les applications locales, on recourra aux procédés dérivatifs : bains de pieds très chauds, bains de siège chauds, de préférence à eau courante ou sinapisés.
Lorsqu'il n'y a pas de phénomènes douloureux, mais simplement de l'éréthisme cardiaque, des palpitations, de la tachycardie, on dirige le traitement d'après l'état de la pression artérielle. S'il y a hypertension, on commence par une application tiède, qu'on rafraîchit si on le peut. S'il y a hypotension, comme chez beaucoup d'anémiques, il faut le plus tôt possible arriver à l'eau froide.
Dans la plupart des cas, l'eau froide réussit dans les troubles purement nerveux du cœur; le pouls est ramené fréquemment, après la douche, de 120, 130 à 90 pulsations. La piscine froide donne également de bons résultats. A domicile, on recourra aux compresses froides §ur la région précordiale, au drap mouillé sédatif.
Les intermittences cardiaques non seulement ne sont pas, à défaut d'autres symptômes graves, une contre-indication à l'hydrothérapie, mais sont même souvent corrigées par elle.
Étude de la réaction circulatoire normale et anormale. — En dehors des indications pratiques qui viennent d'être données au sujet de l'hydrothérapie comme traitement des troubles cardiovasculaires, il n'est pas inutile d'établir quelques notions complémentaires de physiologie.
Nous avons déjà vu quels étaient les éléments principaux de la réaction circulatoire; mais il est bon d'entrer dans le détail et d'examiner les lois qui régissent cette réaction. La réaction circulatoire peut être normale ou anormale. Normale, elle se compose
PARI SE T
(Fune phase de vaso-constriction avec hypertension et diminution du chifïre du pouls, suivie d'une phase de vaso-dilatation avec hypotension et augmentation du chifïre du pouls. Sur le malade, il est difficile de constater la première phase, qui est très courte, et c'est la seconde seule que l'on observe habituellement, quelques minutes après l'application hydrothérapique.
Cependant, si l'on examine systématiquement les malades avant la douche et dix minutes après, on constate que bien souvent la modification vasculaire n'a pas lieu dans ce sens. En efTet, au lieu de vaso-dilatation avec hypotension, on observe, par l'eau froide, de la vaso-constriction avec hypertension chez beaucoup de neuraslhéniques déprimés, qui étaient en hypotension. Nous savons en efTet que le sens de la réaction dépend de l'état vasculaire du malade au moment de l'application.
(^ette réaction, qui semble anormale, est par conséquent normale, puisqu'elle a lieu dans un sens que la physiologie permet de prévoir : l'excitation des vaso-moteurs en état de dilatation se traduit par une vaso-constriction.
La phase de vaso-dilatation terminale considérée comme caractéristique de la réaction circulatoire normale et décrite comme exemple classique ne peut donc plus être jugée telle.
Aussi lui avons-nous substitué comme critérium (1) une notion plus exacte, que nous fournit la loi de Marey, ainsi énoncée par luimême : (( Lorsque la pression artérielle diminue, le nombre des pulsations augmente », parce que le « cœur bat d'autant plus fréquemment qu'il éprouve moins de peine à se vider ».
En examinant systématiquement les malades et leurs modifications vasculaires à la lumière de cette loi, nous avons constaté que les sujets sains confirmaient la loi de Marey, et qu'elle était au contraire confirmée incomplètement ou contredite chez les sujets porteurs de troubles circulatoires d'un caractère particulier, d'autres malades présentant des lésions cardio-vasculaires pouvant également la confirmer. Cette constatation demande à être précisée davantage.
11 est inutile d'insister sur les sujets sains qui réagissent normalement. Quant aux malades qui, malgré l'état pathologique de leurs vaisseaux, confirment la loi de iMarey, ce sont généralement des hypertendus, soit par spasme, soit par sclérose, dont on voit la pression artérielle s'abaisser, le pouls augmenter de fréquence et d'amplitude sous l'effet d'une douche progressive hypotensive. Ces
(1) Pariset, De l'hydrothérapie dans les troultles r.irdiovas-culaires {Annales delà Société d'hydrologie, 1907).