MALADIES DES REINS
On surveillera toujours la pression sanguine dans la néphrite chronique, ainsi que Félat du cœur, et le plus souvent on agira comme si Ton voulait traiter l'hypertension artérielle, en sachant qu'elle est d'origine rénale.
Si l'on abaisse la pression artérielle et que les urines augmentent, on est certain d'agir efficacement.
Si la néphrite s'accompagne d'œdème et d'épanchements séreux, il faut se rendre un compte très exact de l'état du cœur et de la circulation et déterminer s'il y a ou non insuffisance cardio-vasculaire réelle. Si le cœur et les vaisseaux sont suffisamment résistants, la sudation très surveillée, le bain chaud, mais débutant à la température indifférente de 31°, pourront aider à la résorption.
S'il y a insuffisance cardio-vasculaire, il faut être encore plus circonspect, débuter doucement par des applications limitées aux parties inférieures du corps, éviter d'augmenter l'hypotension si elle existe, et attendre patiemment que le malade soit entraîné à des applications plus actives. L'essentiel, dans ce cas, est d'éviter tout choc vasculaire pouvant retentir sur le rein et, par suite, sur le cœur ; les frictions sèches à l'alcool, les bains de pieds, les compresses chaudes, les enveloppements chauds et humides jusqu'à sudation, et la sudation aux bains de lumière à température peu élevée, doivent précéder les grands bains, les douches chaudes. C'est, en un mot, le traitement de l'insuffisance cardiaque avec complication rénale.
Urémie. — S'il y a urémie, on emploie les bains chauds etcoui ts à titre d'excitant, lorsque le malade est en état d'asthénie nerveuse ; contre les phénomènes cérébraux, utiliser les compi-esses froides sur la tète et les applications dérivatives aux membres inférieurs. Quand l'urémie est relativement peu accusée et chronique, le traitement est le même que celui de la néphrite chronique.
On peut faire une-place à part à certains troubles de la sécrétion urinaire,qui ne sont pas de véritables maladies des reins: l'albuminurie, la phosphaturie, la glycosurie, la polyurie, foligurie.
Albuminurie. — L'albuminurie des néphrites comporte les mêmes indications que ces maladies. Mais l'albumine peut apparaître dans f urine sans qu'il y ait véritablement maladie des reins. Les simples troubles de circulation des reins peuvent la déterminer ; on la rencontre chez les neurasthéniques; beaucoup de personnes, considérées comme bien portantes, en présentent surtout pendant l'été. L'albuminurie delà station debout est maintenant une forme bien connue. Ces albuminuries légères, qui se déterminent par quelques traces dans les urines, non seulement ne contre-indiquent pas l'hydro-
PARISET
thérapie, mais encore sont fréquemment améliorées par elle. On n'hésitera pas à employer Teau froide, jointe à la sudation, qui, en activant les combustions, fera souvent disparaître ce symptôme de ralentissement de la nutrition.
Phosphaturie. — Laphosphaturie n'est pas considérée comme une altération rénale, mais comme un symptôme de dénutrition, qui se rencontre dans la neurasthénie, au début de la tuberculose, et qui est combattu heureusement par l'eau froide.
Glycosurie. — A côté du diabète vrai, arthritique ou nerveux, se place un symptôme passager qui se produit dans certaines conditions anormales : excès d'aliments hydrocarbonés, surmenage, choc nerveux, et que l'hydrothérapie peut enrayer, car c'est le plus souvent un trouble d'ordre neuro-arthritique. La glycosurie du diabète est d'ailleurs favorablement influencée elle-même par l'eau froide.
Polyurie. — La polyurie essentielle, ou diabète insipide, est considérée comme un trouble nerveux, que l'on rencontre également dans l'hystérie, le goitre exophtalmique, et que l'on combattra par des douches froides.
Oligurie. — Quand l'oligurie est symptomatique d'une néphrite, on a recours au traitement de la néphrite elle-même : sudation, eau chaude en douches et en bains. Quand elle est due à un état fébrile, sans complication rénale véritable, les bains tièdes et chauds peuvent la combattre.
Dans l'oligurie hystérique, ou purement nerveuse, l'eau froide agira mieux, et l'on conseille de diriger un jet local sur la région sternale, afin de déterminer un réflexe vaso-moteur sur le rein.
Hématurie rénale. — Hémoglobinurie . — On peut cherchei' à combattre l'hématurie rénale due à la congestion des reins par des applications révulsives à la région lombaire. Quand elle est consécutive à une atfection des pays chauds, c'est l'hydrothérapie générale reconstituante qu'il faut employer : douches froides, mais sans produire d'ébranlement du rein par une application trop brusque ou une percussion trop forte. L'anémie, fréquente dans cet état, en sera améliorée du même coup.
L'hémoglobinurie comporte le même traitement, mais avec la précaution obligée de recourir à une application chaude au début de chaque séance.