IV. — Maladies organiques du système nerveux
De nombreux symptômes des maladies organiques viennent d'être étudiés; reste-t-il encore des indications pour rhydrothéra])ie dans le traitement des maladies organiques ? On ne peut espérer un traitement curatif, mais on peut trouver dans l'hydrothérapie appliquée avec soin un adjuvant utile. Ne pas oublier que, mal appliquée, elle peut parfois nuire. Pour préciser ces notions générales, il est intéressant d'étudier ce que l'on peut attendre de l'hydrothérapie dans la plus typique des maladies organiques du système nerveux, le tabès.
Tabès. — On a constaté maintes fois que l'hydrothérapie élait capable de relever les forces du malade et de paraître enrayer ainsi la marche de la maladie. Ces constatations cliniques, on a voulûtes expliquer. Erb disait notamment qu'elles étaient le résultat d'une « excitation de la fonction des neurones sensitifs » capable d'augmenter la tonicité des muscles et par conséquent le sens musculaire. Quelle que soit cette action, le témoignage de cet auteur nous prouve son existence et nous commande de ne pas la négliger.
On l'obtient dans les conditions les meilleures qu'il soit possible, si l'on évite aux tabétiques l'eau chaude, qui les déprime, et si l'on emploie de préférence l'eau fraîche, ou même froide. La douche progressive est une excellente forme ; on évitera, en l'appliquant, de percuter les jambes, mais on pourra insister légèrement sur là moelle. Les bains tièdes courts, les bains frais, quelquefois les bains froids, seront conseillés, d'autant plus courts qu'ils seront donnés à une température plus basse. Les bains d'acide carbonique ont semblé utiles ; certains auteurs les conseillent comme toniques ; ils le sont effectivement ; mais, lorsque l'hyperesthésie de la peau les rend désagréables, il vaut mieux s'en abstenir. Enfin les lotions fraîches, les enveloppements du tronc, courts et excitants, sans jamais provoquer la sudation, rendront des services. En un mot, il ne faut jamais fatiguer ces malades, qui ne supporteraient pas de procédés sédatifs trop efficaces. 11 faut surtout ménager leurs moyens de locomotion, dont les organes réagiraient aux excitants par une dépression encore plus accusée. L'état individuel de chaque malade