MALADIES NERVEUSES : HÉMIPLÉGIE
guidera dans le choix des procédés, et l'on ne devra jamais insister sur un procédé qui serait fatigant.
Un certain nombre d'ataxiques redoutent extrêmement le contact de l'eau froide. Cette sensibilité au froid ne suffit pas pour leur faire appliquer l'eau chaude, et l'on se tiendra de préférence à l'eau tiède, au début, en cherchant à abaisser peu à peu la température de l'eau. Il n'est pas toujours possible d'appliquer des douches, quand l'hyperesthésie est très vive ; et, sur les points les plus sensibles, on peut alors employer l'eau chaude, localement, en atïusions, en lotions. L'enveloppement chaud humide rend des services aux malades qui sont rebelles à toute application tonique, en combattant l'excitabilité, qui est chez eux le symptôme dominant.
En dehors de ces cas particuliers de sensibilité extrême, c'est l'eau froide qui convient le mieux aux ataxiques.
Les bains de siège seront employés contre certains troubles : incontinence d'urine, impuissance, atonie vésicale. Des applications chaudes pourront atténuer les douleurs fulgurantes.
Ces indications peuvent s'appliquer au traitement de toutes les maladies organiques chroniques de la moelle, où l'on ne peut espérer qu'une action sur l'état général et un certain soulagement à des troubles localisés.
Paralysie générale. — Sans espérer d'enrayer définitivement la marche de cette maladie, il est possible de combattre efficacement •ertains symptômes. Us sont en général des deux sortes : l'excitation et la dépression.
Contre V excitation r insomnie., le délire., on emploie les bains sédatifs prolongés, voire même les bains permanents, les douches tièdes, que l'on terminera, si l' effet en était trop déprimant, par une courte application plus fraîche, et des lotions fraîches, qu'on ne manquera pas de localiser à la tête.
Quand l'asthénie est le symptôme dominant, les procédés toniques sont indiqués, mais avec précaution. Quand l'eau froide est supportée en douches, c'est la meilleure formule ; mais on choisit ce qui convient le mieux à chaque malade : afîusions, lotions, drap mouillé.
Enfin la paralysie générale peut souvent être confondue avec le tabès au début; le traitement symptomatique en est le même.
Hémiplégie, hémorragie cérébrale. — Dans l'hémiplégie, au moment de l'attaque, si le malade a la figure rouge, ce qui est symptomatique d'hyperémie cérébrale, on fera des applications froides locales, renouvelées, vaso-constrictives, et des applications dérivatives aux membres inférieurs. Plus tard, contre la paralysie, on ne tentera aucun traitement avant un temps assez long : plusieurs
PARISET. — HYDROTHÉRAPIE
semaines au moins. Dans ce traitement, on évitera, comme nous l'avons déjà indiqué, toute application capable de provo([uer un état congestif cérébral ; on commencera par des lotions chaudes avec quelques frictions, puis chaudes et froides, localisées aux membres paralysés. Plus tard, quand le retour ad integrum se manifeste, on emploiera des procédés locaux plus intenses : bains de lumière, bains lair chaud locaux, massage, douches locales, chaudes et froides, en évitant, pai- un début à une température indifférente, tout retentissement vaso-moteur sur la circulation cérébrale.
Ce traitement est comparable au traitement de l'hypertension artérielle par sclérose. L'état du cœur et des vaisseaux ne doit pas en effet être perdu de vue; tant que la tendance aux embolies, à la thrombose, pourra être redoutée, on s'abstiendra; peu à peu, en ayant toute la prudence que nous conseillons, on pourra arriver, après des mois le plus souvent, à un traitement énergique capable de contribuer à la disparition totale des symptômes centraux et périphériques.
Ramollissement cérébral. — Dans la première période du ramollissement cérébral, l'hydrothérapie ne peut agir; mais, quand l'état est chronique, elle peut lutter contre les symptômes périphériques : contractures, paralysies. Comme dans l'hémiplégie, on aura recours aux applications dérivatives, produisant le moins possible de perturbations vasculaires centrales.
Myélite aiguë. — Dans la myélite aiguë, on aura recours aux enveloppements froids, aux applications de glace le long de la colonne vertébrale, aux tubes réfrigérants, en un mot aux procédés habituellement usités contre les inflammations, contre les paralysies consécutives (Voy. Paralysies).
Méningite cérébro-spinale, — Les applications froides sur la tête et le long de la colonne vertébrale seront faites très soigneusement, comme nous l'avons indiqué dans le traitement de l'hyperémie d'origine inflammatoire. On n'en attendra que peu de résultats dans la méningite tuberculeuse, mais elles pourront être d'un grand secours dans les méningites d'une autre origine.
Lorsque la torpeur des malades est très accusée, lorsque le pouls est petil et fréquent, on tentera le bain très chaud à titre d'excitant (3ir à 40*'), progressivement, en usant de toutes les précautions possibles pour le transport du malade.