MALADIES NERVEUSES ; NEURASTHÉNIE
l'hystérie en fournissent de nombreux exemples. Les fonctions perverties du système nerveux dans ces états sont régularisées par la réaction de sensibilité, en même temps que le traitement symptomatique des troubles locaux trouve dans les divers procédés locaux d'hydrothérapie de puissants moyens d'action.
Neurasthénie. — Il est difficile d'établir un traitement de la neurasthénie, car les indications en sont toutes symptomatiques. Ces indications sont tirées de Fétat général et des troubles locaux.
État général. — L'état général, chez les neurasthéniques, est trè*s variable selon les individus ; et le classement de ces variétés n'est pas chose aisée; cependant on peut distinguer les excitables et les déprimés, à défaut de la distinction d'après l'état de la pression artérielle en hypotendus et hypertendus. Ces deux classifications ne se correspondent pas exactement, et on devra, quelle que soit celle que Ton adopte, toujours tenir compte du 'principe de l'autre.
Les MALADES DÉPRIMÉS ct quc Ic moiudrc efïbrt, le moindre choc fatiguent, ont besoin d'applications toniques, du moins en principe. Mais on devra d'abord déterminer soigneusement les symptômes secondaires à cet état. Quand l'état de dépression est total, on constate objectivement, chez le malade, de l'atonie généralisée, de l'hypotension artérielle, par relâchement des vaisseaux, des symptômes d'entéroptose, un affaiblissement de toutes les fonctions : digestive, respiratoire, neuro-musculaire. 11 est de règle de soumettre un tel malade à Feau froide. Mais il faut d'abord consulter les signes subjectifs : la céphalée, qui j)eut être anémique ou hyperhémique, ou ne s'accompagner d'aucun trouble vasculaire ; Fétat du sommeil : ces malades ne sont généralement pas de vrais insomniques : ils dorment un peu, soit en se couchant pour passer le reste de la nuit dans une insomnie plutôt calme, soit à une heure beaucoup plus avancée.
En présence d'un malade déprimé et dormant un peu, on aura recours assez vite à l'eau froide sous forme de douches en série progressivement froides. On commence par une douche par jour le matin. On voit souvent les forces se relever, la pression remonter, notamment après chaque douche. Le malade, stimulé, passe des journées dans une activité relative et dort mieux le soir. On aura soin de donner à de tels malades, en dehors de la douche, un emploi du temps en rapport avec leur traitement, capable de les occuper à peu près constamment. Il est à peine besoin de rappeler le rôle de la suggestion.
Tel autre malade sera déprimé, du moins tel sera son état dans la moyenne des observations qu'on fait de lui ; mais il aura des moments
PARISET. — HYDROTHÉRAPIE
d'excitabilité, son hypotension artérielle ne sera pas constante ; ses relèvements s'accompagneront de quelques palpitations qui lui sont pénibles ; l'insomnie sera inconstante, dépendra de l'emploi de son temps, sera plus pénible après un exercice même léger.
La céphalée et les autres symptômes subjectifs ont une allure aussi irrégulière. Devant cet état d'instabilité, il faut savoir varier le traitement, il faut être opportuniste.
En général, on peut cependant, chez ces malades déprimés, mais excitables, faire la prescription suivante : le matin, douche tonique, froide aussi rapidement que cela est possible, et le soir douche sédative. Dans l'application de ces douches, on tiendra compte de la sensibilité vaso-motrice, qui est à ménager: l'application trop tonique provoquant un spasme vasculaire et une excitation capable de procurer au malade une mauvaise journée ; d'autre part, l'application sédative pouvant les déprimer extrêmement et créant ainsi une fatigue, leur procurer de l'insomnie. C'est donc avec un doigté extrême et un examen parfait de l'effet produit que Ton trouvera la formule réelle qui convient à ces malades difficiles. C'est surtout l'application du soir qui est délicate ; on essayera d'abord la douche tiède légèrement rafraîchie à la fm, et, selon l'état quotidien du malade, on la réchauffera, ou on la rafraîchira jusqu'à arriver à faire prendre la piscine froide consécutive à la douche.
A défaut de ce traitement dans un établissement, on emploiera le matin le drap mouillé tonique, avec frictions, et, l'après-midi, l'enveloppement chaud et humide jusqu'à sudation légère, si le malade est résistant, le demi-bain tiède avec lotions tièdes, sans frictions, le bain tiède de vingt à vingt-cinq minutes, ou, quand il faut agir plus énergiquement, le drap mouillé sédatif.
Chez un troisième type de malades, c'est l'excitation qui domine; leur insomnie est extrême et très rebelle ; ils peuvent rester un grand nombre de nuits sans dormir ; ils ont de l'hypertension artérielle par spasme vasculaire ; ils ont froid aux pieds; leur céphalée est souvent très intense; ils ont, plus que les autres, des phobies. Chez ces malades, il faut combattre le spasme; il faut les traiter comme des hypertendus spasmodiques, car ce spasme, que nous constatons sur leurs artères, il semble que ce soit un état généralisé à toutes leurs fonctions nerveuses. La douche progressive, dont la période chaude sera au besoin prolongée jusqu'à quarante-cinq secondes et une minute, pour ne pas s'abaisser au-dessous de 30°, est un excellent agent. Il est bon de la répéter matin et soir et d'en contrôler les effets, qui sont l'abaissement de la pression artérielle, en même temps qu'une sensation subjective de détente. Quand l'applicatioii