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MALADIES NERVEUSES : NEURASTHÉNIE

du matin réalise largement cet état, on peut donner à celle du soir un efTet plus tonique, pour éviter une dépression trop grande du malade, mais sans oublier qu'il faut combattre l'insomnie. La douche du soir pourra être tiède au début, fraîche pendant un temps très court, puis assez chaude pour terminer.

A défaut de ce traitement, on emploiera le matin les bains chauds (34-36°), pendant quinze à vingt minutes, en évitant que leur température trop élevée ne devienne une cause d'excitation vasculaire, les enveloppements chauds et humides allant jusqu'à la sudation. La sudation est un bon moyen par elle-même, chez les malades résistants et qui présentent, ce qui est fréquent, des symptômes d'intoxication, ou une élimination urinaire insuffisante. Les bains tièdes seront préférables le soir, seuls ou terminés par une affusion plus fraîche ; le demi-bain à 30 à 34°, avec atïusions à 25°, est un bon moyen.

Tels sont les trois types principaux que fournissent la majorité des neurasthéniques. Leur traitement se résume en eau froide tonique, eau chaude antispasmodique, avec les variantes que comporte l'état de chaque malade.

Cet état varie souvent d'un jour à l'autre, et il est impossible de prescrire un traitement de longue durée, puisque les applications doivent être modifiées fréquemment. On s'inspirera surtout des trois symptômes suivants : l'état de dépression ou d'excitation du malade, l'état de sa pression artérielle, l'état de son sommeil.

Le médecin doit encore s'inspirer d'autres circonstances. Chez les neurasthéniques déprimés, pour qui l'eau froide serait à première vue indiquée, on est souvent obligé de recourir exclusivement à l'eau chaude, car leur vitalité est tellement diminuée qu'ils n'ont pas en eux-mêmes le pouvoir de réagir à l'eau froide ; ils ne se réchauffent pas. La douche assez chaude (38°), de quarante-cinq secondes à une minute, tonique par sa température et pas assez longue pour être déprimante, leur convient.: une à deux par jour. On emploiera aussi chez eux le bain d'air chaud, le bain de lumière complet (50°, dix minutes en moyenne), sans provoquer de sudation, avant la douche, qui sera tiède, progressive, et pourra être d'autant plus refroidie que la rougeur de la peau obtenue dans le bain d'air chaud sera plus intense. En un mot, réchauffer le malade par une application tonique en elle-même, ou le réchauffer pour le préparer à une application tonique.

Troubles localisés. — L'état général n'est pas le seul guide dans le traitement des neurasthéniques. Beaucoup de malaises qui, pour Je médecin, sont au second plan, prennent aux yeux des malades Physiothérapie , IV, 33

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une importance exagérée. 11 faut les soigner, il faut les soulager et, si possible, dès que le malade les accuse. La céphalée, les hyperesthésies diverses, les troubles cardiaques, digestifs, sexuels, sont de cet ordre.

Céphalée. — La céphalée des neurasthéniques n'est pas toujours améliorée par les applications locales, car elle ne s'accompagne pas forcément d'hyperémie cérébrale. Cependant, quand elle coexiste avec la sensation persistante de froid aux pieds, des applications dérivatives chaudes à la plante des pieds et aux membres inférieurs sont capables de la faire rétrocéder. On obtient parfois le même résultat avec des applications locales froides, irritantes, avec le jet de douche très brisé, des compresses froides, ou par des applications locales successivement chaudes et froides. Souvent c'est l'application purement chaude qui réussit le mieux, quand la céphalée est due à un trouble de sensibilité plutôt périphérique que profond. Si on emploie l'eau chaude contre elle, il faut le faire en terminant l'application générale, qui aura commencé par une douche chaude aux membres inférieurs, afin d'éviter le moindre phénomène congestif cérébral à ces malades, dont le sommeil pourrait en être troublé.

Ilypercsthésies. — Les hyperesthésies des neurasthéniques seront avantageusement traitées par l'eau chaude en applications locales. On les traitera comme les névralgies, en ne donnant qu'une percussion en rapport avec la sensibilité du malade. On ne sera pas surpris, cependant, de voir un certain nombre de malades ne pas supporter l'eau trop chaude et redouter également l'eau froide ; on se tiendra dans les limites de leur sensibilité. Enfin les hyperesthésies des neurasthéniques qui sont frottés d'hystérie ne cèdent souvent que devant l'eau froide. Dans ce traitement des hyperesthésies, il ne faut pas insister outre mesure ; on ne demande pas au malade s'il en souffre, on attend qu'il s'en plaigne, car il est inutile d'attirer sur ce point son attention, qui pourrait s'y fixer et suffir à entretenir ce malaise local.

Troubles nerveux cardio-vasculaires. — Les palpitations, l'angoisse précordiale, les troubles vaso-moteurs, la ci'yesthésie des neurasthéniques méritent qu'on s'y arrête. Souvent ils proviennent de troubles hépatiques et gastro-intestinaux ; il faut alors soigner ces derniers.

Les palpitations seront traitées par des applications locales froides, plus ou moins intenses suivant leur importance : vessie de glace, tubes réfrigérants, compresses froides, enveloppements froids de la poitrine.

Contre les palpitations, l'application générale sera utilisée, à

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