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HYDROTHÉRAPIE DANS LES MALADIES DES ORGANES LOCOMOTEURS

Dans ce chapitre, nous ne reprendrons pas les maladies des nerfs déjà étudiées, mais nous décrirons le traitement hydrotliérapique applicable aux maladies des articulations et des muscles.

Maladies articulaires aiguës. — Les maladies articulaires aiguës sont le résultat d'une infection générale avec manifestations localisées, ou bien ce sont des affections inflammatoires locales primitives.

Rhumatisme articulaire aigu. — Le i humatisme articulaire aigu comporte le même trailement général que les maladies fébriles. On hésitera cependant le plus souvent à prescrire des bains devant la difficulté que présente le transport du malade. De plus, dans la majorité des cas, la température n'est pas suffisamment élevée pour justifier l'emploi des bains comme antipyrétiques.

Cependant, lorsqu'il y a des complications cérébrales, on pourra recourir aux grands bains tièdes pour calmer l'excitation du malade. Ils seront donnés comme il a été indiqué à la technique, et l'on apportera un soin particulier au transport du malade, en plaçant convenablement la baignoire à angle droit par rapport au lit, les pieds du lit touchant la tête de la baignoire et le malade étant transporté sur son-drap. Des compresses froides souvent renouvelées, la vessie de glace sur la tête font partie du traitement de cette complication cérébrale.

Quand le résultat obtenu par les bains n'est pas en rapport avec la fatigue imposée au malade, on se contentera d'enveloppements tièdes.

Localement, on recommande contre la douleur les applications chaudes, qui la combattent efficacement; mais il serait bon d'y joindre des lotions froides contre l'inflammation articulaire. Lorsque les applications froides réussissent, on peut, pour é\'iter des enveloppements fréquemment renouvelés qui font souffrir le malade en le mobilisant, employer des enveloppements fixes qu'on arrose fréquemment d'eau froide.

S'il se produit de l'endocardite, on n'aura pas recours aux bains,

PARI SE T

sauf de rares bains tièdes très surveillés, pour calmer l'excitation générale, mais incapables d'apporter le moindre éréthisme vasculaire. C'est alors que les compresses froides, la vessie de glace à la région précordiale produisent le meilleur effet.

Pendant la convalescence du rhumatisme articulaire aigu, le traitement diffère selon qu'il y a eu ou non complication cardiaque. En l'absence de cette complication, on attend que tout phénomène aigu ait disparu, et l'on commence par des applications chaudes locales : enveloppements chauds, humides, recouverts de tissu imperméable, afin de déterminer un débit circulatoire plus grand, capable de libérer l'articulation des produits inflammatoires. Quand l'articulation devient mobilisable et plus souple, on joint à ces enveloppements des frictions et, si l'on peut, quelques massages légers et superficiels. A mesure que les fonctions motrices se rétablissent, on augmente l'intensité de ces applications ; on ne craint pas alors de recourir aux lotions froides consécutives à une application chaude. C'esf alors que le malade trouve un soulagement dans les grands bains chauds suivis de frictions, de lotions tièdes et fraîches; et enfin, plus tard, on le soumet à la sudation suivie de douches chaudes locales avec jet chaud et froid général. La douche de vapeur est également un bon moyen d'apphcation locale. Le traitement par les douches très chaudes (40°) et longues (trois minutes) est souvent à lui seul très efficace.

S'il y a eu complication cardiaque, on se bornera, pendant longtemps, aux applications locales, et ce sont les signes possibles d'insuffisance cardiaque qui guideront dans le traitement général. On n'en privera cependant pas les malades quand cette insuffisance n'est pas excessive. Nous renvoyons au traitement de l'insuffisance cardiaque.

Rhumatisme articulaire chronique. — Le traitement du rhumatisme articulaire chronique doit être assez intense pour être efficace. Localement, les applications chaudes révulsives sous forme de bains de lumière, de bains d'air chaud, douche de vapeur, d'enveloppements chauds et humides rendront de grands services. Le massage, s'il est prescrit, les précédera, et la douche chaude locale sera donnée en dernier lieu. Dans l'application de cette douche, il est bon de tenir compte de l'état plus ou moins douloureux de l'articulation ; on s'abstiendra en général d'une percussion trop vive, et l'on ne craindra pas de diriger l'eau chaude autant sur la périphérie de l'articulation que sur l'articulation elle-même, créant ainsi une dérivation sanguine très utile et combattant l'atrophie musculaire. Le jet d'eau froide final sera court; on ne l'appliquera que lorsque l'eau chaude aura réalisé une ^évulsiou intense ; ce jet froid c^ug^

ARTHRITES AIGUËS.

mente alors la révulsion et donne à Tarticulation une certaine tonicité.

Dans le traitement du rhumatisme chronique, il est une méthode qui mérite une mention spéciale : c'est le massage sous l'eau. .Selon que le malade est plus ou moins impotent, il est assis sur un escabeau ou couché sur un lit de sangle ; un jet local d'eau chaude (38 à 42°) est dirigé successivement sur les articulations atteintes, pendant qu'on exécute sur elles un massage convenable, suivi, s'il est possible, de mouvements passifs pour combattre l'ankylose. Lorsque les articulations et les masses musculaires attenantes ont été soigneusement massées, on procède à un massage général, qui est suivi d'une douche en jet chaude et froide. Telle est l'application classique du massage sous l'eau ; mais on peut en modifier la formule suivant les états particuliers à chaque malade.

Le traitement général de la diathèse rhumatismale se compose de sudation et de douches chaudes, avec jet froid, lorsque la révulsion produite par l'eau chaude est suffisante.

Contusions articulaires. — Dans les contusions articulaires ayant déterminé un épanchement sanguin, on peut, pour combattre l'hyperémie, recourir aux applications froides. Mais, si la douleur est très vive, il est préférable de procéder à l'enveloppement chaud et humide de l'articulation, en réalisant une certaine compression.

Entorses. — Le même traitement s'applique à l'entorse : applications froides contre l'hyperémie, chaudes contre la douleur. 11 est indiqué d'employer les deux en commençant par le chaud, . application froide étant naturellement beaucoup plus courte. L'enveloppement sera compressif. On peut conseiller également les bains de lumière, les bains d'air chaud locaux, suivis de lotions froides. Ce même traitement peut être continué quand les symptômes aigus ont disparu et, joints au massage, ils ne tardent pas à guérir le malade.

Luxations. — Dans les luxations, le même traitement est appliqué concurremment avec l'intervention chirurgicale et orthopédique.

Arthrites aiguës. — Dans les arthrites aiguës, on luttera contre l'hyperémie par le froid en applications locales : vessie de glace, compresses froides souvent renouvelées. Si les douleurs sont violentes, on commencera par des enveloppements très chauds, suivis de lotions froides. Quand les phénomènes inflammatoires se sont apaisés, quand on n'a plus à combattre que les résultats de l'inflammation : hydarthrose, empâtement des synoviales, atrophies musculaires, on recourt aux enveloppements humides et chauds, capables d'amener une légère sudation, aux bains de lumière, aux

baÏQS d'air chaud locaux et généraux. Quand le retour des douleurs n'est plus à craindre, on ajoute à ces procédés passifs le massage, sec ou mieux sous Teau, la mécanothérapie et l'exercice modéré, suivis de douches chaudes locales, chaudes d'abord, puis chaudes et froides. Tous ces procédés sont destinés à accélérer la circulation localement pour provoquer la résorption des exsudais inflammatoires, et on ne les cessera autant que possible qu'après retour de l'articulation à ses dimensions et à ses fonctions primitives.

Maladies des muscles. — Les atrophies musculaires se trailent comme les paralysies, et l'hydrothérapie n'intervient en pareil cas que pour activer la nutrition locale.

Dans les états inflammatoires musculaires, on combat la douleur parles applications chaudes locales : douche locale, douche de vapeur, enveloppement chaud, compresses chaudes. Quand la myosite est suppurée, aucune intervention de cet ordre n'est efficace.

Le rhumatisme musculaire, sous ses diverses formes : torticolis, lumbago, se traite par la chaleur, les frictions et le massage. La chaleur doit pénétrer aussi profondément que possible dans la région douloureuse, car le rhumatisme musculaire n'est pas sans s'accompagner plus ou moins d'arthrite des articulations correspondantes : vertèbres lombaires et cervicales. Tous les procédés de sudation, la douche de vapeur, les bains de lumière locaux, les compresses chaudes humides, les révulsifs : frictions à l'essence de térébenthine, à l'alcool, les douches chaudes locales, suivies d'un court jet froid, sont susceptibles de donner de bons résultats. On ne craindra pas de les répéter deux fois par jour. Lorsque les malades souffrent au point de ne pouvoir se déplacer qu'avec beaucoup de dif Acuité, on s'en tiendra aux enveloppements chauds jusqu'à sudation, et aux grands bains chauds, enfin aux manipulations sédatives du massage.

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