HYDROTHÉRAPIE DANS LES MALADIES DE LA NUTRITION
On ne peut négliger Fhydrothérapie dans le ii'aitement des troubles de la nutrition, si Ton se souvient de son action modificatrice des combustions et des échanges. Nous allons étudier les prescriptions qui conviennent en particulier à l'obésité, au diabète et à la goutte. Mais il n'est pas inutile de rappeler que les troubles de nutiition revêtent une foule de formes moins caractéiisées et qui rentrent dans la grande classe des manifestations de l'arthritisme. Beaucoup de neurasthéniques sont en réalité des neuro-arthritiques ; la plupart des maladies chroniques du foie, de l'intestin, de l'estomac, du rein, se déterminent chez des arthritiques ; les troubles cardio-vasculaires eux-mêmes, l'hypertension par intoxication alimentaire, les maladies de la peau sont, pour une grande part, d'ordre arthritique.
Tous ces états réalisent généralement l'indication de la sudation et de la douche froide, de l'enveloppement et de la lotion froide, destinés à faire fonctionner la peau, à activer la respiration (plusvalue d'oxygène absorbé), à régulariser le cours du sang, à augmenter l'élimination urinaire. Le traitement des divers troubles a été indiqué à l'étude de chacun d'eux ; il nous reste maintenant à préciser celui des états arthritiques les plus caractérisés: l'obésité, le diabète, la gautte.
Obésité. — 11 semble que, dans le traitement de l'obésité, l'indication principale soit la soustraction, en quelque sorte brutale, faite au malade d'une partie de son poids. Or cette diminution du poids, tant recherchée des malades, qui consultent fréquemment la balance, n'est pas toujours un résultat suffisant, car la perte du poids se fait en eau et, par conséquent, peut être très vite réparée. Des considérations sur le régime et l'hygiène des obèses seraient déplacées ici ; mais elles sont, avec le traitement de l'arthritisme, la base de la thérapeutique chez les obèses.
Au point de vue hydrothérapique, on peut distinguer : l'obésité s'accompagnant d'un état pléthorique, avec tendances congestives, Physiothérapie. IV. 24
PARI SE T
Tobésité caractérisée au contraire par une anémie relative et entin Fobésité localisée à l'abdomen. Les troubles cardiaques des obèses sont également l'objet d'une distinction spéciale.
Les obèses pléthoriques supporteront un traitement énergique, dont la pleine formule sera : un jour sudation (bain de lumière, bain d'air chaud), puis repos dans les couvertures pendant un temps suffisant pour que la sudation se continue sensiblement, et douche froide; le jour suivant, douche-massage suivie de douche froide. On pourra remplacer la sudation par les grands bains chauds à 36 ou 38° et de vingt à trente minutes, suivis d'aflfusions et mieux de douches froides. La sudation, chez de tels malades, provoque une perte de poids qui varie de 250 grammes à 1 kilogramme et même plus. Il ne faut donc pas la renouveler tous les jours. L'eau froide complète heureusement la sudation par son action sur la peau, qui empêche la transpiration de continuer, par son action sur la circulation corrigeant la vaso-dilatation intense produite par la chaleur et qui pourrait devenir déprimante, et enfin par son action activante de la nutrition générale.
Ce traitement intense ne sera pas commencé d'emblée; on débutera par du massage sec et des douches progressives, et ce n'est qu'au bout de quelques jours qu'on arrivera à la sudation suivie de douche froide. On préviendra les symptômes congestifs du cerveau, très faciles à produire chez ces malades, par des compresses froides très souvent renouvelées sur le front, ou par le serpentin réfrigérant.
Les obèses déprimés anémiques, dont les tissus sont pâles, que le moindre exercice fatigue, ne seront pas menés aussi rudement. On attendra un temps assez long avant de recourir à la sudation. Le massage sous l'eau, d'une durée assez limitée (dix minutes), leur convient. La douche terminale ne sera pas froide d'emblée ; la douche progressive leur convient mieux, au début. Ces malades n'ont pas toujours une circulation en très bon état, et, sans que le cœur soit chez eux en état de dégénérescence graisseuse, l'atonie qui les caractérise se traduilparunehypotensionartérielle, qu'ilfaut combattre, mais avec des procédés de douceur incapables d'exciter un cœursain, mais fonctionnellement insuffisant. Dans la plupart des cas, on arrivera assez rapidement à l'eau froide. Quand ces malades sont plus résistants, quand leur anémie a diminué, on peut les soumettre de temps à autre à la sudation, moins pour obtenir une perte de poids que pour modifier leur thermogenèse et faire fonctionner la peau. Chez certains obèses anémiques, on constate un état nerveux: insomnie, excitabilité, qui revêt des caractères neurasthéniques, peut s'accompagner d'hypertension artérielle, de spasmes divers;