MALADIES DE LA NUTRITION : AMAIGRISSEMENT
on les traitera comme des neurasthéniques, avant de se préoccuper de leur obésité autrement que par un régime alimentaire.
Beaucoup d'obèses, principalement les obèses pléthoriques, commencent par n'avoir que de l'obésilé abdominale. Cette obésité abdominale ne va pas sans s'accompagner d'hypertension artérielle d'origine portale, c'est-à-dire, comme nous l'avons vu, d'hypertension par ralentissement du cours du sang dans le système porte. Le massage abdominal local, la douche sous-marine très chaude et prolongée dans la piscine à eau courante à 38°, les douches froides combattent localement le trouble signalé, en activant le débit sanguin dans le système porte, en même temps que l'eau froide améliore la nutrition générale. 11 faut en même temps soigner les troubles hépatiques à peu près constants chez ces malades, qui sont au premier chef des arthritiques.
Les troubles cardiaques des obèses contre-indiquent tout traitement énergique. La sudation, chez eux, ne peut êti'e réalisée qu'avec des températures relativement peu élevées; c'est alors qu'on usera des enveloppements généraux chauds et humides, avec couverture imperméable, combinés avec des compresses fraîches sur la région du cœur. Rien dans les applications auxquelles on a recours ne doit produire une excitation vasculaire démesurée : l'eau très chaude et l'eau trop froide sont bannies. Une excellente forme de traitement est réalisée par les bains d'acide carbonique, prudemment maniés, qui combattent l'insuffisance cardiaque.
En général, chez les obèses, il faut éviter toute intervention hydrothérapique trop brusque, pouvant déterminer un choc nerveux trop violent, en particulier un réflexe respiratoire exagéré, ces malades étant plus ou moins gênés par la masse abdominale pour donner à leur diaphragme les mouvements nécessaires à une respiration active. Cet essoufflement par gêne diaphragmatique ne doit pas être confondu avec la dyspnée d'effort d'origine cardiaque, mais il exige les mêmes précautions.
Quand l'état d'un obèse ne lui permettra pas de supporter une séance capable de modifier son état d'une façon satisfaisante, on ne craindra pas de renouveler plusieurs fois par jour des applications légères, peu actives isolément, mais dont la totalité finit par produire un résultat appréciable. C'est la méthode que les Allemands emploient: les demi-bains, les afï'usions froides, associés comme petits moyens à la sudation, à l'eau froide et à l'exercice, ou employés comme moyens fréquemment répétés, leur permettent d'obtenir une diminution du poids et une amélioration de l'état général.
Amaigrissement. — L'amaigrissement n'est pas un trouble de
PARISET
nutrition aussi direct que l'obésité, et le plus souvent il est secondaire àdes causes très nombreuses et très diverses : diabète, convalescences, anémies, dyspepsies, néoplasmes, tuberculose. Quand la cause de Tamaigrissement n'est pas une affection à évolution fatale, l'hydrothérapie peut l'enrayer en stimulant les fonctions générales de la nutrition, en augmentant l'appétit et en toniflantle système nerveux. On l'appliquera selon l'état individuel de chaque malade, mais de préférence froide, sauf lorsque la perte des forces subie par le malade oblige à recourir à l'eau chaude au début.
Diabète. — On ne peut considérer l'hydrothérapie dans le diabète comme un simple traitement hygiénique, ni comme un traitement curatif; mais, entre ces deux indications extrêmes, elle tient une place fort honorable. Elle est même capable de diminuer la proportion du sucre dans les urines ; ce résultat heureux ne va pas cependant sans quelque restriction, car la diminution du sucre n'est pas due à une diminution du sucre produit par le foie : c'est simplement une pi^euve que l'activité plus grande des échanges a permis à l'organisme de brûler une plus forte quantité du sucre en excès. L'hydrothérapie est donc un traitement symptomatique, mais incapable soit de diminuer la production du sucre par le foie, soit d'augmenter l'activité glycolytique de l'organisme. Aussi n'est-ce pas d'après les variations du sucre des urines qu'un traitement hydrothérapique doit être institué et conduit. 11 est plus judicieux de considérer l'état du malade lui-même.
On distinguera les diabétiques gras et les diabétiques maigres. L'indication commune est de les tonifier, et le meilleur procédé est la douche froide. Mais son application n'est pas la même dans chaque groupe. Les diabétiques gras sont souvent relativement obèses et pléthoriques; leur pression artérielle est élevée par excès de masse sanguine ; ils réagissent rapidement et assez vivement ; on ne craindra pas de leur administrer une douche froide énergique et courte, rnalgré l'hypertension artérielle, lorsque leurs artères sont souples, ce que l'on vérifie facilement par le tracé du pouls.
Les diabétiques maigres sont affaiblis, se refroidissent facilement; leur dénutrition est extrême, et la douche froide trop forte, sans préparation, ne ferait que les déprimer. On les y prépare soit par une douche progressive, par des douches progressivement froides, soit par un séjour de quelques minutes au bain d'air chaud immédiatement avant la douche (1). On doit, par ces procédés, obtenir un etfet tonique.
(1) La douche sera donnée avec percussion légère, sous peine d'augmenter la fatigue et l'amaigrisse. i.ent.