‹ PhysiothérapieChapitre 184 sur 211 · MALADIES DE LA NUTRITION : GOUTTE · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA NUTRITION : GOUTTE

De nombreux diabétiques présentent des complications névralgiques et rhumatismales. Pour éviter de les réveiller, on a recours à la douche écossaise ou à la douche progressive ; et, lorsqu'elles existent, on les combat par des douches locales chaudes, capables de produire une révulsion énergique. Quand Tapph cation chaude, par laquelle on doit toujours commencer, a été faite soigneusement et pendant un temps assez long pour obtenir une très vive rougeur de la peau, on peut sans inconvénient procéder à l'application froide, que la grande majorité des diabétiques aiment beaucoup.

Les fonctions de la peau doivent être très surveillées chez les diabétiques ; on sait leur peu de résistance aux plaies et aux infections, leur tendance à la furonculose. La sudation peut améliorer les fonctions de la peau, surtout lorsque l'eau froide vient la fermer ensuite. Mais il n'est pas bon d'insister trop sur la sudation, même chez les gros diabétiques, car, si la peau ne doit pas être sèche, elle ne doit pas non plus suppléer au rein dans ses fonctions d'élimination, ni contribuer à appauvrir la masse sanguine, dont le taux en sucre augmenterait d'autant. Quelques sudations suivies de douches froides sont bonnes, mais sans abus.

Quand il se produit des poussées de furonculose, il n'y a pas lieu de recourir à l'eau froide, qui serait capable d'irriter davantage la peau ; mais les bains assez chauds. 36 à 38°, et assez courts pour être toniques, suivis de lotions tièdes rafraîchissantes seulement, rendront des services. Localement, les applications chaudes humides diminuent la douleur des abcès et en activent l'évolution.

L'impuissance des diabétiques fera prescrire des bains de siège froids; mais c'est surtout l'état général qu'il faudra soigner.

Goutte. — Le traitement de la goutte comporte le traitement de l'accès et le traitement de la diathèse.

Pendant l'accès de goutte, il y a lieu de recourir à l'eau froide ou à l'eau chaude en applications locales. Le choix entre ces deux formules dépend du résultat que l'on veut obtenir. Veut-on calmer la douleur? Les applications chaudes paraîtront plus eflicaces, et, en fait, elles soulagent beaucoup de malades. Veut-on combattre la fluxion locale intense caractéristique de l'accès? L'eau froide en applications renouvelées fréquemment est le moyen le plus sûr. Certains auteurs prétendent même que, par l'eau froide, on voit l'accès de goutte rétrocéder rapidement et disparaître. On peut recourir à un procédé mixte, la compresse humide recouverte de tissu imperméable, qui produit une vaso-dilatation dans toute la région qu'elle intéresse et réalise une dérivation qui calme les douleurs. L'accès de goutte est en effet caractérisé par la douleur et l'hyperémie très localisée, qui

PARI SE T

sont en quelque sorte deux phénomènes inséparables. Or Fhyperéinie se combat soit en exerçant une vaso-constriclion directe par l'emploi de Feau froide, soit en créant une dérivation aux alentoui's du siège de Fhyperémie. Pour réaliser cet eiïet, l'enveloppement chaud, humide, avec tissu imperméable jusqu'à rougeur et sudation de la région, suivi de lotions fraîches, paraît la méthode la plus sûre.

Dans l'intervalle des accès, le traitement hydrothérapique devra avant tout éviter d'en provoquer de nouveaux. On évitera les grands bains trop longs et trop chauds, capables de provoquer celte hyperémie aux points d'élection. On évitera de môme la percussion trop forte des douches. Les applications de chaleur, bains de lumière, bains d'air chaud, douches de vapeur, ne seront pas non plus trop intenses, afin de ne pas amener une excitation locale vasculaire avec hyperémie.

Mais, si l'on prend ces précautions, on peut, pour hâter la résorption des dépôts uratiques que laisse l'accès de goutte, dès que les symptômes aigus douloureux et inflammatoires ont disparu, appliquer des bains de lumière locaux, dont la température sei'a portée progressivement à 75 et 80° au maximum, d'une durée totale de trente minutes, suivis de quelques lotions avec de l'eau tiède ou fraîche et d'une friction très douce pour sécher soigneusement la peau. Quand la région est devenue presque insensible, on peut, au sortir du bain de lumière, faire passer le malade à la douche. Nous verrons plus loin quelle sorte de douche on donne aux goutteux.

Lorsque les dépôts uratiques articulaires et péri-articulaires provenant de l'accès sont anciens, le bain de lumière local sei-a donné dans les mêmes conditions, mais avec une température un peu plus élevée (90 à lOOo). On voit fréquemment disparaître des tophi datant de plusieurs années et qui avaient résisté à tous les traitements externes et les accès de goutte disparaître pendant des mois et des années.

La douche que l'on donne aux goutteux est, en principe, la douche des arthritiques, c'est-à-dire la douche froide. Maison n'oubliera pas que de nombreux goutteux ontdes symptômes hépatiques, rénaux et intestinaux : lithiase biliaire, lithiase rénale, entéro-colite. Quand ils présentent ces symptômes, il est bon de commencer par une douche chaude abdominale. Beaucoup de goutteux son t congestifs, etil est bon d'éviter chez eux le moindre symptôme de congestion cérébrale : la douche chaude sur les membres inférieurs précédera l'application froide, mais en évitant toute percussion sur les régions qui sont le siège habituel des accès. Lorsqu'il existe des complications cardioyasculaires: artério sclérose, angine de poitrine, ce qui ne va pas sans

MALADIES DPJ LA NUTRIl-^ON : RACHITISME.

s'accompagner d'hypertension artérielle, on traitera les goutteux comme les artérioscléreux, c'est-à-dire par des douches chaudes progressives, dont la température ne sera abaissée que peu à peu et selon la résistance du malade. Certains goutteux sont très affaiblis; leur asthénie est une indication de l'eau froide, à titre de tonique ; mais on sera souvent obligé, pour obtenir une réaction sufhsante, de recourir d'abord à une application chaude.

La douche froide, qui était le procédé de choix en pi incipe, devient ainsi une arme trop dangereuse dans la majorité des cas, et l'eau chaude doit presque toujours la corriger dans la pratique.

Enfin beaucoup de goutteux présentent de l'albuminurie. Quand l'albumine n'existe qu'à l'état de traces dans les urines, sans cylindres, on peut appliquer la douche froide sans inconvénient ; mais, quand l'albumine devient symptomatique d'une lésion rénale plus importante, il faut se borner à appliquer de l'eau tiède aux goutteux.

Le massage sous l'eau est un procédé dont on doit faire bénéficier les goutteux chroniques ; le massage appliqué aux téguments et aux articulations soumis à un arrosage avec de l'eau à 34 à 36° favorise la résorption des dépôts goutteux et combat les raideurs articulaires et musculaires. Ce massage sera assez doux pour ne réveiller aucune douleur et ne créer aucune hyperémie.

La sudation est un procédé fort conseillé aux goutteux. Nous lui ferons le reproche de ne pas agir suffisamment sur les accidents locaux chroniques (les bains de lumière locaux sont de beaucoup préférables) et d'être en même temps capable, lorsque la température s'élève trop, de provoquer une excitation circulatoire pouvant occasionner un accès. Appliquée prudemment, la sudation paraît cependant diminuer le nombre des accès.

Aux maladies de la nutrition on peut joindre des états diathésiques, tels que la scrofule, le. lymphatisme, le rachitisme.

Scrofule, lymphatisme. — Les lymphatiques et les scrofuleux sont généralement améliorés par l'hydrothérapie froide, qui stimule toutes leurs fonctions. Les bains de mer, les bains salés leur rendent de grands services. Contrôles lésions locales, les compresses chaudes seront employées pour hâter la résorption des engorgements lymphatiques. Mais l'eau froide sera, autant que possible, le complément quotidien de ce traitement local, sauf chez quelques malades particulièrement déprimés, où l'on devra commencer par une application chaude.

Rachitisme. — Le rachitisme comporte à peu près le môme traitement que la scrofule : bains de mer, bains salés, eau froide.

Page 1