V. — MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
Indications physiologiques. — L'éducation hygiénique de la fonction respiratoire est des plus importantes. Il existe chez beaucoup de sujets, et surtout chez les candidats à la tuberculose, un ralentissement de cette fonction qui fait qu'une partie de l'organe (les sommets principalement) reste dans l'inaction et devient un milieu favorable à la culture du bacille de Koch. Vexercice général est très utile pour lutter contre cette déchéance pulmonaire ; le besoin de respirer augmente en proportion du travail exécuté par les muscles ; l'exercice général quotidien fait entrer en jeu chaque jour les cellules pulmonaires de réserve et développe leur aptitude fonctionnelle. Une plus grande quantité d'oxygène entre dans le sang ; 1 appétit respiratoire, la vitalité, la capacité du poumon augmentent.
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Mais l'exercice général ne peut être conseillé aux sujets débilités ou aux porteurs de tares organiques. Les exercices spéciaux y suppléent chez eux, n'occasionnant pas de fatigue s'ils sont bien gradués : gymnastique respiratoire, mécanothérapie, cure de terrain. Leur principe consiste, en même temps que le sujet fait un fort mouvement d'inspiration, à élever les bras, les écarter, les porter en arrière ; pendant qu'il fait un mouvement d'expiration, à les ramener en avant et à les abaisser en les rapprochant du corps. Suivant les appareils, l'inspiration et l'expiration sont actives ou passives. Les résultats physiologiques sont : introduction d'un supplément d'oxy gène dans le sang, ventilation du poumon balayant les résidus organiques, augmentation de l'aptitude fonctionnelle et entraînement des muscles respirateurs, amélioration du jeu des articulations costales, le déplacement des côtes devenant plus facile et plus étendu, développement fonctionnel des vésicules pulmonaires qui récupèrent dans le thorax la place qu'elles doivent y occuper. Toutes ces modifications amènent la dilatation de la poitrine, l'augmentation du périmètre thoracique, sans épaississement des parois.
Indications thérapeutiques. — De ces considérations physiologiques découlent des indications thérapeutiques.
A. Troubles de développement du thorax. — On sait combien ils sont fréquents à la période de la croissance, surtout chez les affaiblis ou les rachitiques. Le rétrécissement, la raideur du thorax, le thorax en entonnoir, etc., s'ils sont traités avec persistance et d'une manière précoce, seront guéris ou améliorés considérablement par le traitement mécanique, en même temps que l'état respiratoire et l'état général de ces enfants s'amélioreront. On aura soin, pour suivre les progrès du traitement, de prendre des mensurations précises avec le ruban métrique, périmètre thoracique supérieur (axillaire), moyen (mammaire) et inférieur (xyphoïdien) ; on le prendra en inspiration et en expiration forcées, ; on peut aussi se servir du thoracographe de Demeny ou de Zander. Le spiromètre mesurera la capacité pulmonaire. On se rend compte ainsi que les résultats donnés par la mécanothérapie, aidée de la gymnastique rationnelle, sont excellents. Nous avons vu couramment, en un mois (séance quotidienne de une heure), le périmètre thoracique des enfants ou des jeunes gens traités augmenter de 2 à 4*=°i,5, et le volume d'air respiratoire en mouvement augmenter de 100 à 500 centimètres cubes, suivant les cas (1).
B. Maladies de l'appareil respiratoire. — Ces affections
(1) Fraikin et deCardenal, Comnuinicalion au Congrès de Biarritz, avril 1908.
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altérant la structure et amoindrissant la fonction du poumon, les indications sont plus grandes ici. Pendant la période aiguë de la maladie bronchopulmonaire, les muscles respiratoires restent paresseux, d'où leur atonie consécutive ; les vésicules respiratoires se sont habituées à moins respirer. Un exercice progressif, non fatigant, de la fonction respiratoire, qui habituera les vésicules à fonctionner à nouveau et à activer leur nutrition, les muscles respiratoires à agir, qui ventilera le poumon en le débarrassant des germes morbides et des détritus épithéliauxqui s'y sont accumulés, qui combattra les troubles de la circulation pulmonaire, la tendance aux stases, qui, par là même, améliorera la nutrition générale, sera des plus utiles dans la convalescence des maladies aiguës : pneumonies, bronchopneumonies, bronchites, et sera un excellent préservatif contre les processus de la pneumonie chronique et l'invasion du bacille tuberculeux.
On a même utilisé les exercices mécaniques dans la convalescence de la pleurésie pour détruire ou étirer les adhérences, organisées en brides fibreuses, qui gênentle jeu des poumons et déforment le thorax. Ici il faut être très prudent. Dans la pleurésie tuberculeuse, les adhérences sont utiles, puisqu'on recherche l'immobilisation de la région atteinte ;il faut savoir les respecter. On ne conseillera la mécanothérapie très prudente que chez les anciens pleurétiques, qui sont très gênés par leurs adhérences, et lorsque l'examen clinique (réaction de la température àla marche, etc.) a montré que toute tuberculose était bien éteinte chez eux. Ces remarques s'appliquent à la tuberculose. Nous ne conseillons la mécanothérapie (il n'est pas question des légers exercices d'inspiration et d'expiration que le malade fait seul et qui sont très utiles) que chez les tuberculeux guéris et surtout dans les cas de tuberculose scléreuse arthritique, avec adhérences étendues et grosse atélectasie pulmonaire. Nous la déconseillons formellement dans la tuberculose au début.
Les maladies chroniques qui habituent le poumon à un fonctionnement restreint laissent les articulations sterno-costales à demi ankylosées, ce qui contribue à aggraver et à prolonger l'affection. Il en est ainsi dans Vasthme et Vemphysème pulmonaire. On sait de plus que l'emphysème est occasionné par le manque d'élasticité du poumon, qui l'empêche de revenir sur lui-même. D'où l'importance d'appareils qui facilitent le jeu de l'expiration passive et active et incitent à renouveler F « habitude respiratoire » ; d'où aussi l'importance de ces appareils qui mobilisent les côtes et leurs articulations. Un excellent exercice à ce dernier point de vue est celui qui provoque la torsion de la colonne vertébrale autour de son axe ver-
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tical, alternativement de gauche à droite et de droite à gauche (appareil E'').
Ces mêmes troubles, dus à l'insuffisance fonctionnelle delà respiration, se trouvent aussi chez les vieillards, d'où l'indication qui peut se poser chez eux de quelques mouvements respiratoires passifs.
Ce que nous venons de dire montre aussi Futilité des manœuvres de massage (pressions, vibrations, tapotements) des parois thoraciques et du dos pour agir sur les muscles et les os de la cage thoracique.
Contre-indications et précautions à prendre. — Tous les étals fébriles et aigus des maladies pulmonaires et les tendances aux hémoptysies sont des contre-indications. Nous avons déjà dit ce que nous pensions de la tuberculose et des suites de pleurésie. On comprend, d'après cela, les grandes précautions à prendre dans la mécanothérapie respiratoire et combien un examen clinique approfondi et la méfiance de la tuberculose sont nécessaires chez les enfants et après les maladies aiguës. On prendra aussi de grandes précautions quand on traitera les vieillards en raison de la faiblesse générale sénile et de l'état de l'appareil circulatoire.
Formulaire. — Appareils a employer. — C'est d'abord le E'' (pour l'inspiration et l'expiration passives), déjà décrit (fig. 4). Pendant l'élévation des épaules, le malade fera une forte inspiration par le nez, bouche fermée ; il fera une expiration (par la bouche) pendant que les épaules s'abaisseront. Cet appareil peut aussi servir à l'inspiration forcée unilatérale; pour cela, on écarte la fourche, qui correspond au côté sain ; on supprime son action.
Un autre appareil de respiration unilatérale est le de Zander. il provoque activement l'abduction et l'élévation du bras, soulevant la paroi thoracique. Pendant le mouvement, le malade fera une profonde inspiration. Si l'on renverse le contrepoids, le mouvement devient passif, suivant le principe déjà énoncé.
Les appareils qui mettent en mouvement les bras servent aussi pour la respiration. Les appareils A^ pour l'adduction des bras (horizontale) et A^ pour l'abduction et l'adduction des bras (fig. 15) sont inspirateurs ou expirateurs, suivant la position habituelle ou renversée du contrepoids. L'appareil A^ (fig. 14) est expirateuractif. L'appareil A^ (élévation des bras avec extension de l'avant-bras), l'appareil analogue de Vermeulenpourl'extension active des bras, sont inspirateurs. Signalons l'appareil deHerz pour la respiration passive, dont le principe est analogue à celui de Zander et qui est moins compliqué.
Aussi bien, en mécanothérapie, on rythme tous les mouvements actifs (bras, jambe, tronc) par des mouvements rationnels d'inspira-
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tion et d'expiration : inspiration pendant la phase active (soulèvement du contrepoids), expiration pendant la phase passive (descente du contrepoids). Tous les mouvements mécanothérapiques représentent donc autant d'exercices respiratoires.
Fig. 14. — Api^areil rabaissement des bras avec flexion de l'avant-bras.
Le MOME?^T où Ton peut traiter par les appareils les maladies respiratoires est variable. Pour les troubles du développement du thorax, il vaut mieux intervenir de bonne heure, dès six ou sept ans. Dans les maladies aiguës, on attendra la cessation delà phase inflammatoire, la guérison de la lésion anatomique aiguë.
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MEDlClNi.
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La DURÉE du traitement mécanique varie suivant TafTection. Deux séances par semaine pendant quelques mois suffiront souvent pour les troubles peu prononcés du développement, quitte à refaire chaque année une série de séances, pendant la
croissance. Trois séances par semaine, pendant quelques semaines, rarement quelques mois, suffiront dans la convalescence des maladies aiguës.
Quant aux afîections chroniques, la durée du traitement (une à deux séances par semaine) est impossible à déterminer a priori.
Physiothérapie. IV.
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