VI. — MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE
Physiologie pathologique. — L'appareil circulatoire est intimement lié, au point de vue de ses fonctions, à deux appareils qui lui apportent leurs forces auxiliaires : les appareils de la locomotion et de la respiration.
La contraction musculaire produit une circulation dans le muscle sept fois plus active que celle qui y existe à Fétat de repos ; de plus, les pressions multiples qu'exerce le muscle en contraction sur les parois veineuses, en aidant le fonctionnement des valvules, facilite la circulation sanguine. La respiration agit encore plus puissamment par l'aspiration thoracique sur les vaisseaux du cœur et du médiastin, les veines caves et l'oreillette droite.
La gymnastique mécanique dans les maladies du cœur et des vaisseaux a pour but de fortitier le myocarde et surtout, en régularisant la circulation, de lui faciliter son travail en lui permettant de l'accomplir avec une moindre dépense de force. Mais l'exercice doit être soigneusement dosé pour éviter l'effort, l'essoufflement, l'excitation du cœur, le cœur forcé. Ce fractionne memt du travail est la base du traitement mécanique des maladies de la circulation, et rien n'est plus facile grâce au réglage des appareils. 11 doit s'adresser aussi bien aux troubles mécaniques organiques, en facilitant le travail du cœur et la circulation périphérique, qu'aux troubles toxiques ou réflexes, en calmant l'excitabilité cardio-vasculaire, et l'on peut dire qu'en générale la médication par le mouvement est indépendante de la forme anatomiquede la lésion.
1. Maladies du cœur. — Indications thérapeutiques. — Formulaire. — Le traitement peut être préventif ou curatif, et, chaque fois qu'on le peut, il faut fortifier le myocarde, à l'aide des mouvements actifs, pour le maintenir en état de compensation. On doit donc traiter les mitraux et les aortiques dès qu'on s'aperçoit de leur lésion, ainsi que l'hypertrophie du cœur des adolescents. A la période troublée, les mouvements actifs sont encore seuls nécessaires. L'asystolique réclame les mouvements passifs d'abord, puis les mouvements actifs lorsqu'on aura constaté une amélioration suffisante.
Les mouvements passifs comprennent: 1° des manœuvres de massage; 2° des mouvements dits de « circulation »; 3° des mouvements passifs respiratoires.
1° Manœuvres de massage. — Elles seront manwe//es d'abord et consisteront en effleurage et pétrissage des membres, en massage prudent de l'abdomen pour dégager la veine porte, enfin en effleurage et
MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE
en tapotements rythmés de la région précordiale et du dos dans le cas d'excitation cardiaque. Ce n'est qu'après qu'on aura recours au massage mécanique pour agir sur la circulation périphérique. Ce massage comprend les frictions et les vibrations. Les frictions des membres sont obtenues à l'aide des appareils de la série J. Les
Fig. 16. — Appareil E5. Roulement des cuisses à l'articulation fémorale.
vibrations, qui sont un excellent sédatif de l'excitation cardio-vasculaire, sont fournies par l'appareil (fig. 5).
On utilisera aussi avec avantage le petit vibrateur électrique que nous avons décrit.
2° Mouvements de <( circulation ». — Ils doivent être très doux au début et consistent dans la circumduction passive des mains, des bras, des pieds et des cuisses. Ces effets sont obtenus par des mouvements manuels ou par l'appareil (fig. 16).
3° Mouvements passifs respiratoires. — Ils sont d'une grandeimportance; ils sont obtenus avec une des machines les plus ingénieuses de Zander (appareil E^, fig. 4). L'aspiration thoracique ainsi produite
36 FJ?.4IKIN ET GI?ENIEB DE CARDENAL. — MÉCANOTHÉRAPIE.
favorise la déplétion du système veineux. Le praticien peut d'ailleurs arriver, sans machine, à un résultat analogue. Il se place derrière le patient assis, puis, le prenant sous les bras, il porte le moignon de l'épaule en haut et en arrière, pendant que le malade remplit sa poitrine d'air. Il laisse s'abaisser l'épaule pendant l'expiration. Ce mouvement, répété seize fois par minute, est le meilleur pour lutter contre les congestions passives du poumon, du cerveau et la dilatation du cœur droit.
Les mouvements actifs des membres ne doivent ètie institués chez les asystoliques et les hyposystoliques que lorsque ro])pression, les palpitations et les stagnations sanguines se seront très atténuées. Ils sont au contraire le traitement de choix dans la cure d'endurcissement des prédisposés et des compensés. Ce seront des exercices de marche graduée (cure de terrain d'Œrtel), mais surtout des mouvements actifs avec résistance, soit par le procédé manuel, soit par le procédé mécanique.
Règles générales et contre-indications. — L'attention du médecin doit porter sur la quantité de travail et la qualité des exercices qui varient avec l'état des malades. Ce travail doit être progressif, fractionné et ne jamais entraîner ni l'effort, ni l'essoufflement. L'examen sphygmographique est très utile, car, après une séance de trois quarts d'heure, le pouls ne doit pas augmenter de fréquence; il doit même être plus lent et plus régulier.
Le traitement mécanique est contre-indiqué dans toute affection aiguë et les états fébriles, dans les attaques paroxystiques de l'angine de poitrine. Doiventaussi être bannis du traitement les mouvements de flexion, de rotation et decircumduction du tronc, qui compriment les vaisseaux abdominaux. Enfin, dans l'insuffisance aortique, il faut éviter les grands mouvements des bras et de respiration passive pour ne pas amener une déplétion trop rapide des vaisseaux du cerveau.
II. Troubles de la circulation locale. — L'exercice actif et passif est indiqué chaque fois que la circulation est troublée sur un point du corps, à condition que la cause ne tienne pas à un processus aigu. On pourra donc soigner ainsi les congestions viscérales chroniques : hépatiques, pulmonaires, utérines, les phlébites anciennes, les troubles de la circulation cutanée chez les arthritiques.
Dans le traitement des varices, on commence par les exercices de massage, de tapotement et de vibration de la région ; puis on passe aux mouvements activo-passifs, manuels ou mécaniques. Il faut choisir les mouvements accomplis assez vite et avec peu d'effort et bannir les exercices de force, qui immobilisent le corps et les membres en état de contraction.
MALADIES DE L'APPAREIL DIGESTIF
Les hémorroïdes, en outre de la prédisposition, ont pour cause les obstacles à la circulation dans le domaine de la veine porte, produits par la constipation, les obstructions du foie et les afTections du petit bassin chez la femme. Nous parlerons plus loin du traitement de la constipation et des atïections du bassin. La première indication dans le traitement deshémorroïdes est d'agir sur la veine porte parle massage abdominal (série J), le massage vibratoire (appareil F*, fig. 5) et les mouvements passifs abdominaux (appareil E', fig. 2). A l'aide de l'apareil et du vibrateur électrique précédemment décrit, on pourra masser directement les varices anales. Parmi les exercices abdominaux passifs, il faudra employer les mouvements de flexion passive du bassin réalisés par l'appareil (fig. 20) : le plan horizontal, sur lequel le patient est étendu à plat ventre, est divisé au milieu, et la partie postérieure se soulève à 45'^ d'une façon lente et rythmée; le bassin étant entraîné en haut, il se produit un relâchement des parois du ventre et une aspiration abdominale qu'on peut augmenter en faisant coïncider une profonde inspiration du malade avec l'élévation de son bassin.