II. — Traitement des déviations rachidiennes
Lordose. — Cette « courbure exagérée du corps en arriére » existe seule ou accompagne la cyphose à titre de courbure complémentaire. Il est indiqué, dans le traitement, de faire fléchir le tronc sur le ])assin en contractant les muscles de l'abdomen. Les appareils (flexion du tronc en position assise), G"^ (voy. flg. 2, mais le sujel sera placé tournant le dos au levier, en position inverse), (flexion du tronc, position couchée), doivent donc intervenir.
Cyphose. — Le premier degré du <( dos rond », la cyphose muscuiaii'e, dépend de la faiblesse des muscles extenseurs ou d'un excès de contracture des muscles fléchisseurs (chez les gymnastes, par exemple). 11 y a rupture de l'équihbre musculaii^e ; de toute façon, il faut agir sur les muscles extenseurs du dos. On se servira des appareils G-, G'^ (extension du tronc, position assise) et G^ Dans le deuxième degré (qui coexiste rarement avec la scoliose), on constate, en plus des troubles musculaires, la raideur, le raccourcissement des ligaments, l'usure en coin des corps vertébraux. On mettra en œuvre les appareils G^ G^ G'^ et G^^ (extension et flexion active du cou).
Vermeulen se sert, pour les cyphoses cervico-dorsales, d'un appareil qui provoque le redressement actif de la tête. On recourra aussi aux appareils respiratoires A^' et E^. 11 sera nécessaire de traiter les malades par les appareils statiques : (fig. 23), dont nous parlons plus loin ; le malade se couchera sur le dos, le sommet de la courbure appuyant sur le coussin.
L'appareil G'' (rotation active de la partie supérieure du tronc) et E"* (torsion passive alternative du tronc) (flg. 2) peuvent avoir à intervenir, dans les cas de i-aideur, pour mobiliser les vertèbres dans le sens vei tical.
HOOL OF MEDICINE
Le traitement du deuxième degré sera, on le comprend, beaucoup plus long et plus rigoureux que celui du premier degré.
Dos plat. — Le dos plat est caractérisé par Fabsence des courbures normales du rachis; il prédispose à la scoliose; il est dû à la méiopi'agie musculaire dorsale et à la raideur vertébrale. Le traitement mécanique utilise le C- et leG-'(tig. 2 et 19) : pour le redressement actif du tronc ; Fappareil de Vermeulen cité plus haut; le E"* (torsion passive alternative du tronc) (tig.2)etles appareils respiraloires.
Scoliose. — Physiologie pathologique et indications thérapeutiques. — Quelle que soit son origine, la scoliose compi'end dans son évolution trois degrés : au premier degré, la déviation est légère, disparaît par la suspension ; au deuxième degré, les phénomènes de torsion se manifestent, il existe des courbures du l achis, secondaires ou de compensation, en sens inverse de la courbure primitive (ex. : scoliose dorsale convexe à droite, lombaire convexe à gauche) ; la suspension redresse en partie la déviation; au troisième degré, Finclinaison en plan incliné et Fusure des vertèbres augmente; la déviation ne disparait pkis par la suspension, il existe des déformalions des côtes (thorax oblique ovalaire),ae la gibbosité, une déviation des omoplates, du bassin. Les scoliotiques présentent d'autres lésions : les muscles et les ligaments du côté de la convexité pi imitive sont atropliiés; ils sont contracturés et réti-actés du côté de la convexité.
Les articulations vertébrales sont pi-esque toujours plus ou moins raides ; enhn la déviation, Fétroitesse du thorax gênent les poumons et le cœur: d'où troubles de la santé générale, essoufflement, palpitations, chloro-anémie.
11 faut donc, dans la scoliose : combattre la raideur articulaire vertébrale, Fatrophie de certains muscles et ligaments, la contracture et la raideur des autres; redresser la déviation vertébrale, lutter contre la torsion des vertèbres, fortitier Fétat général, donner au thorax sa forme et son amplitude normales. C'est ce que fait la mécanothérapie, aidée des autres moyens physiques.
Les résultats qu'on en peut attendre varient suivant le degré. Au premier et au deuxième degré, on peut espérer la guérison ; au troisième degré, on ne devra jamais compter que sur une amélioi-ation. On doit agir aussitôt que possible. On peut, en général, empêcher une scoliose d'arriver à la période des déviations secondaires; quand elle y est arrivée, il est difficile de revenir en arrière. On peut, on doit toujours opérer, améliorer ou guérir une scoliose du deuxième degré et l'empêcher d'arriver au troisième. On aura d'autant plus de
fi4 FRAIKIN ET GRENIERIDE CAHDENAL. — MÊCANOTHÉRAPIE
chances de guérir que la scoliose est moins avancée et l'enfant plus jeune. De six à dix ou douze ans, le traitement donne ses meilleurs résultats. Les scolioses dont la déviation mesure 0"^, 020 à 0'^,025, les scolioses doubles de 0™,010 à 0"',015 peuvent être assez facilement guéries, s'il n'y a ([u'une très légère déviation thoracique, surtout si la déviation est flexible, le rachis souple. Ici, comme toujours, traitement efficace est synonyme de traitement précoce.
Tout ceci ne s'applique pas aux scolioses graves, à marche rapide, heiu'eusement rares, qui réclament un autre traitement.
Fig. i4. — Appareil K- : pression uiiilalérale en position couchée.
La mécanothérapie agit par des redressements actifs et par des l'edresseinents passifs (traction, suspension, pression). Les appareils utilisés sont des appareils de correction statique ou passive et des appareils de correction dynamique ou active.
Appareils de correction statique. — Ils utilisent la pesanteur pour redresser les parties déviées et assouplir les articulations ; ils soutiennent le corps, en plaçant le malade dans des attitudes qui provoquent des déformations inverses de la déviation à corriger (surcorrection). La pesanteur agit sur les extrémités du corps, en ouvrant l'arc de courbure formé par la déviation ; de plus, les appareils
DÉFORMATIONS DU TRONC
exercent sur la convexité une pression qui tend à la redresser. (Certains appareils, en plus de l'attitude, emploient les mouvements actifs ou passifs; ces mouvements peuvent avoir une action soit synergique, soit antagoniste de l'attitude, de manière à exercer sur le haut du corps une action inverse de celle exercée sur la partie inférieure : ce qui est nécessaire dans les scolioses à double courbure. D'autres appareils, par des poids supplémentaires, ajoutent (les efTets de pression et de torsion.
Les appareils à correction statique de Zander sont compris dans la série K ; il y en a cinq. Le (tîg. 23) combine la suspension latérale et la pression. Le malade se suspend par les mains aux deux échelles, qui sont plus ou moins écartées, de manière que la gibbosité appuie sur le coussin rembourré (c'est donc une modificatipn du rouleau de Lorenz; et de Kirmisson). La planche qui soutient les jambes est abaissée ou élevée, suivant qu'on veut augmenter ou diminuer la pesanteur et la traction. Cet appareil sert auosi (en mettant le malade à plat dos, et non plus en position latérale) pour la cyphose.
Le est inverse du précédent (fig. 24). Il se compose d'une banquette et de coussins capitonnés, qu'on peut mobiliser dans le sens vertical ou horizontal. L'enfant étant couché latéralement, en relevant le plan incliné et les coussins, on provoque un léger mouvement rotatoire du bassin et du tronc en sens inverse l'un de l'autre. Cet appareil est utile dans le traitement dés courbures profondes et de la scoliose lombaire.
Le provoque la détorsion de la colonne vertébrale. Il combine la suspension en plan incliné avec des coussins qui opèrent la pression et la détorsion. D'autres appareils de détorsion sont également utilisés; signalons ceux de Hoffa, de Vermeulen. Nous en avons fait construire un qui utilise la pression, la détorsion, la suspension verticale (1).
Le est une chaise à dossier en échelle, avec coussins pour la pression, un peu analogue au Le malade s'y assied de côté. Le siège s'élève ou s'abaisse pour lutter contre la déviation, en même temps que le malade saisit l'échelle en plaçant les bras dans l'attitude voulue pour le redressement.
Le exerce, à l'aide de croissants, une pression bilatérale sur le tronc du sujet qui se tient dans la position assise.
Appareils à redressement actif. — Us utilisent la contraction des muscles pour fortifier les muscles afTaiblis et pour modifier les courbures pathologiques. Ils sont compris dans la série L au nombre de six.
(1) Pour la description et la photographie de cet appareil, Voy. nos Indications générales de la thérapeutique physique dans les maladies nerveuses et les maladies orthopédiques.
Physiothérapie. IV. ^
Le L* est représenté dans la figure 25. On voit comment agissent, en sens inverse, l'obliquité du siège, que le malade, se faisant contrepoids à lui-même, met en action, et la position des bras. La position du siège et celle des bras difTèrent suivant la déviation, suivant
Fig. 2û. — Appareil (combinaison de A3 et de D') : abaissement du bras, flexion de l avantbras; balancement du tronc.
qu'on veut abaisser l'une ou l'autre épaule pour agir sur la colonne dorsale et relever un côté ou l'autre du bassin pour agir en sens inverse sur la colonne lombaire.
Le L^ représente à peu près la banquette suédoise ordinaire ; il exerce les muscles dorsaux postérieurs ou latéraux.
Le L^ (fig. 26) fait contracter les muscles latéraux droits ou gauches.
DÉFORMATIONS DU TRONC. 67
Le sujet est fixé à l'aide des appuis qui tendent par leur pression à redresser la déviation et la gibbosité. Il exécute avec le bassin un mouvement actif qui porte le siège de l'appareil et le bassin à gauche ou à droite, suivant le sens de la déviation. Ce mouvement
Fig. 26. — Appareil : mouvement latéral du bassin.
est rendu plus ou moins difficile à l'aide de contrepoids variables.
Le L* est moins utilisé. Nous ne le décrirons pas.
Le L^ ressemble au L^ et a le même but, mais demande moins d'efforts; il est plutôt passif qu'actif.
Le L'' est utilisé pour l'extension active du rachis. Son principe et son but sont les mêmes que pour la toise orthopédique, mais le sujet est assis au lieu d'être debout.
68 FRAIKIN ET GRENIER DE CARDENAL. — MÉCANOTHÉRAPIE.
Nous ajouterons à cette liste l'appareil de Ucrz, pour le canotage, très utile.
Signalons Femploi de la toise orthopédique pour tous les exercices d'auto-correction.
Tous ces appareils, en même temps qu'ils luttent contre les déviations, mobilisent le rachis. Il en est un cependant à qui est dévolu tout spécialement ce rôle de mobilisateur (il sert aussi dans les affections du bassin) et qui est utile dans les raideurs de la colonne lombaire (fig. 2, appareil E"^). Mû par l'électricité, il imprime au bassin des mouvements de torsion autour de l'axe vertical du rachis, d'amplitude et de fréquence variées, tandis que l'enfant maintient, à l'aide des bras, son thorax en position fixe.
Un autre appareil (Vermeulen) mobilise les vertèbres lombaires et l'inflexion lombo-sacrée par des oscillations qui se font à droite et à gauche, ou bien n'ont lieu que dans un sens.
Enfin on utilise à chaque instant les appareils d'exercice général actif destinés à exercer les muscles extenseurs et fléchisseurs du dos, qui agissent aussi en mobilisant le rachis (appareils C-, etc.) (Voy. Cyphose, etc.). Une mention spéciale doit être accordée à l'appareil C7' (fig. 27), qui provoque la flexion latérale du tronc et lutte contre la déviation, contre l'atrophie ou la contracture des muscles et ligaments, contre la raideur vertébrale. On se servira aussi avantageusement de l'appareil C (torsion sur l'axe de la colonne dorsale), de l'appareil (torsion sur l'axe de la colonne lombaire).
Le traitement, cela va sans dire, est institué dilféremment suivant la variété de la scoliose. Les appareils de correction statique et de redressement doivent toujours agir dans le sens du redressement de la déviation.
Ce que nous avons dit du thorax des scoliotiques indique suffisamment la nécessité chez eux des exercices respiratoires, qui sont en même temps des exercices de redressement et d'assouplissement (pour ces appareils, voy. plus haut).
Le massage vibratoire des muscles est des plus utiles comnje adjuvant. 11 se fera avec l'appareil de Zander ou avec le vibrateur électrique. Il portera sur la région dorsale, principalement du côté de la convexité.
Formulaire. — Nous avons indiqué, chemin faisant, à quels appareils on doit avoir recours dens chaque déviation vertébrale. Nous n'y reviendrons pas.
Bien qu'il y ait moins de précautions à prendre que dans les affections des membres et les maladies viscérales, il faut, dans les
DÉFORMATIONS DU TRONC
déviations, user de prudence. On se servira d'abord des appareils [)assifs, de mobilisation ; puis des appareils actifs, avec contrepoids [)lacés presque au m i n i m u m . Les mouvements se feront de plus en plus forts, amples, l épétés. Après cha- (|ue appareil actif de redressement , on mettra l'enfant dans un appareil de correction statique, 011 il prendra un M'ai « repos actif ».
Lorsqu'on le peut, les séances doivent être quotidiennes, sinon elles auront lieu trois fois par semaine. Au surplus, à titre d'exemple, \oici , brièvement esquissé, le mode de traitement que nous instituons pour nos scoliotiques. La séance d'exercices, quotidienne, est de une heure, pour un enfant déjà entraîné, de dix à onze heures du matin de préférence. Elle est précédée du massage manuel de la région dorsale. Elle comprend les exercices de gymnastique suédoise et de mécanothérapie. Après un exercice gymnastique ou un appareil actif, nous mettons en œuvre un appareil statique. La séance est coupée ti'ois fois par cinq minutes
10 FEAlklN ET GRÉNÎËU DE CARDENAL. — MÏ^CANOTHÊRAPIE.
(le repos complet, assis, ou de préférence allongé sur le plinf. Ceci est surtout facile lorsque plusieurs enfants sont en traitement à la fois. La séance est terminée par la douche avec percussion. 11 est bon, après la réaction obtenue, que Tentant s'allonge pendant une heure sur un lit dur. L'après-midi (ou même après la séance précédente), mécanothérapie ; tous les deux jours, faradisation rythmée des muscles du dos (méthode de Bergonié). Pour les enfants très malingres, les séances de vingt minutes à une demi-heure sont bi-quotidiennes.
11 en est de môme pour les cyphoses et les lordoses, en tenant compte des modifications indiquées précédemment (1).
Dans l'intervalle des séances, port d'un corset de maintien (en plâtre, celluloïd, cuir, bois, feutre) ; jamais de corset curateur (2).
Durée du traitement. — Elle est difficile à indiquer ; elle varie suivant les cas particuliers. Elle dépend du degré de souplesse du rachis, du degré de la déviation, de l'étiologie de la scoliose (rachitique, statique, etc.), de l'étendue des déformations secondaires. Elle se chifïre par mois, môme par années. Môme après guérison ou amélioration, pour sauvegarder les résultats acquis, le traitement doit ôtre longtemps continué, pendant toute la période de croissance, à séances espacées (une à deux par semaine). Nous avons guéri des scolioses du deuxième degré, rachitiques, chez des enfants de six à sept ans, en un mois de traitement quotidien intensif (3). Mais ce sont des cas exceptionnels .
On peut instituer le traitement de deux manières, qu'il s'agisse de scoliose du premier, du deuxième ou du troisième degré. Ou bien, dès le début, séances assez espacées, deux par semaine. Ou bien, traitement intensif, séances quotidiennes, môme bi-quotidiennes, pendant un à deux mois (à répéter tous les ans, jusqu'à la lin de la croissance), et, dans l'intervalle, une à deux séances par semaine, à titre « d'entretien ». Cette dernière méthode est excellente dans le premier et le deuxième degré, où les résultats obtenus sont plus rapides.
(1) P'raikin, Ageuls physiques en lliéi-upeutiqiie infantile {Journal de médecine de Bordeaux, lévrier 1906).
(2) Fraikin, Les corsets (\m's.\iv^co\\o^G {Jo^irnal de médecine de Bordeaux, ocXohre. 1905).
(3) KuAiKiN et DK Cardf.nai., Journal de médecine de Bordeaux , 1908.
REEDUCATION IVIOTRICE
G. CONSTENSOUX
Ancien chef tle clinique adjoint des Maladies nerveuses à l;i Faculté de médecine de Paris.
I. — PRINCIPES ET APPLICATIONS DE LA RÉÉDUCATION MOTRICE. TECHNIQUE ET CONDITIONS GÉNÉRALES DU TRAI- TEMENT.
Le mouvement normal. Sa physiologie. — Exécuter un mouvement coordonné normal, c'est, en fin de compte, déplacer les leviers osseux qui constituent l'armature de notre corps et pour cela provoquer des contractions régulières et heureusement associées des muscles qui s'y insèrent ; mais un pareil effet ne saurait être attendu de l'initiative propre des muscles, ils ne peuvent se contracter par eux-mêmes et ne font qu'obéir aux excitations qu'ils reçoivent du système nerveux; ils ne sont que des organes (ï exécution^ et, si leur intégrité anatomique et physiologique est indispensable, elle n'est qu'une condition à elle seule insuffisante de l'exécution normale des mouvements. L'appareil moteur est l'appareil neuro-musculaire, et c'est dans le système nerveux qu'il faut chercher les organes de direction de nos mouvements. Tous les étages du système nerveuxcontribuent àl'exécution des fonctions motrices : les cordons nerveux transmettent les-excitations; les centres médullaires tiennent sous leurdépendance directe les contractions musculaires, mais euxmêmes obéissent aux ordres qu'ils reçoivent des centres corticaux ; l'équilibration de ces mouvements est assurée par le cervelet, et enfin les fonctions psychiques, l'attention, l'appréhension, ont, elles aussi, une influence bien connue ; il n'est pas jusqu'à l'appareil sensitif qui ne joue son rôle, en nous renseignant sur la position des segments du corps, en assurant le tonus neuro-musculaire et aussi les actions réflexes. On peut donc dire, en un mot, que c'est le système nerveux qui joue le tri])le rôle de commandement, de régulation et d'adaption des contractions musculaires.
Acquisition des mouvements normaux coordonnés. — Rappelons aussi que les fonctions motrices telles qu'on les observe chez l'adulte sont pour une large part le fruit d'un travail antérieur
G. CONSTENSOUX. — RÉÉDUCATION MOTRICE,
d'acquisilion. 11 semble bien que certaines associations motrices groupant plusieurs contractions musculaires pour assurer des mouvements partiels élémentaires sont assurées dès l'origine par les centres médullaires, mais, dès qu'on considère des mouvements d'ensemble et surtout leur adaptation à un but précis ou une fonction déterminée, on voit qu'un pareil résultat n'est jamais obtenu que par un entraînement spécial et qu'il a fallu dépenser plus ou moins d'attention et d'efTorts avant que l'habitude ait rendu ces mouvements faciles et assurés.
Les mouvements anormaux. Leur physiologie pathologique.. — Chacun des organes et des fonctions qui interviennent pour l'exécution d'un mouvement coordonné peut faii'e défaut, d'où la variété des types de mouvements anormaux que l'on rencontre en clinique.
Sans parler des maladies des muscles et ne considérant que le système nerveux, on comprend qu'à côté des cas où il y a insufhsance quantitative des mouvements, c'est-à-dire paralysie plus ou moins complète, de nombreux types puissent s'observer dans lesquels le mouvement est non pas aboli, mais seulement déréglé. On dit de façon générale qu'il y a incoordination motrice; mais l'incoordination ainsi entendue comprend bien des variétés. Elle sera faite d'éléments différents selon qu'il y aura, par exemple, perte des associations motrices élémentaires, perte delà coordination, c'est-à-dire de l'adaptation de ces mouvements partiels, ou impossibilité du contrôle conscient par le fait d'anesthésies. En outre, les troubles moteurs peuvent être de cause centrale, dus par exemple à un état émotif (obsessions, phobies) ou, comme il arrive dans l'hystérie, à l'amnésie déterminant l'oubli d'un mouvement ou d'une de ses adaptations fonctionnelles.
Il n'est pas besoin d'insister pour montrer combien il sera important de distinguer les uns des autres de pareils types cliniques et d'en préciser le mieux possible la pathogénie.
Réacquisitîon des mouvements. La rééducation motrice. — De mémeque l'exercice, l'application volontaire et l'effort attentif ont une première fois réglé l'ensemble du mécanisme moteur à l'état normal, de môme il est rationnel de penser qu'ils pourront, quand ce mécanisme est altéré, réussir dans une certaine mesure soit à le rétablir danssontype primitif, soit, à défaut d'un pareilsuccès, à créer un nouveau mécanisme en pratique plus ou moins équivalent.
A vrai dire, c'est surtout à ces cas de troubles moteurs dans lesquels les mouvements sont plus déréglés qu'abolis qu'il était indiqué d'opposer un semblable IraitenuMit. En effet, aussi longtemps