PRINCIPES ET APPLICATIONS
que les médecins ont confondu sous le nom de paialysies tous les cas de troubles moteurs, nV voyant de laçon uniforme qu'une diminulion quantitative des mouvements possibles, leurs ell'orts se sont bornés à augmenlerces mouvements sans les cori iger. Lorsqu'au contraire, à côté de Fataxie tabétique décrite par Duclienne (de Boulogne), on apprit à compter avec les chorées, les tics, Tasynergie cérébelleuse, les spasmes, les tremblements, les myoclom'es, en un mot avec les syndromes caractérisés par Fincoordination motrice, le besoin se faisait sentir d'un traitement correcteur et régulateur des mouvements désordonnés : c'est l'ensemble des |)rocédésqui ont en partie répondu àce desideratum que nous allons maintenant décrire comme relevant de la méthode de rééducation motrice.
Son but. — La rééducation motrice se propose donc de corriger b's irrégularités des mouvements volontaires, de rétablir leurs adaptations fonctionnelles, ou enfin, si cette restauration normale n'est pas possible, de tirer un nouveau parti des mouvements éléïnentaires, de façon à reconstituer des mouvements d'ensemble équivalents .
Ses applications. — S'il est vrai que la plupart des troubles moteurs sont justiciables de la thérapeutique par le mouvement, il ne s'ensuit pas que tous relèvent de la rééducation. Celle-ci au contraire ne vise que les cas où les mouvements, sans être perdus, sont déréglés et pour cette raison inutilisables ; elle s'efTorce alors de les régulariser.
Ses procédés. Sa place parmi les autres thérapeutiques par le MOUVEMENT. — Pour ccla, elle a recours exclusivement à l'exercice actif.
Elle représente une application toute spéciale de la thérapeutique par le mouvement. Tandis, en etï'et, que le massage exerce son action sur les organes périphériques sans leur demander aucun effort, (pie la mobilisation assouplit muscles et articulations, que la mécanothérapie dose et localise le mouvement, que la gymnastique médicale et les sports s'efforcent de développer la puissance du système moteur et l'organisme en entier, la rééducation compte à propos de ses exercices bien moins sur le mouvement en lui-même que sur l'attention et l'effort qui permettront au malade de le régulariser et d'en prendi e possession en créant, grâce à la répétition, de nouvelles habitudes.
Il est à peine besoin d'ajouter qu'elle a dû spécialiser sa techniqué suivant les cas et suivant les facteurs pathogéniques des types d'incoordination qu'elle a rencontrés. Mais, si elle a pu prendre rang comme méthode thérapeutique, c'est fiue, comme nous venons de
G. CONSTENSOUX.
— RÉÉDUCATION MOTRICE
rindiquer, elle a son but, son esprit, ses indications et ses procédés propres; aussi ne doit-elle pas être confondue avec les autres modes de thérapeuti(iue parle mouvement si on veut ([u'à des mots précis correspondent des idées précises.
Lorsqu'elle s'associe à d'autres méthodes, telles que massage ou orthopédie, c'est que les indications thérapeutiques sont complexes. De pareils cas ne sont pas rares, mais ne diminuent en rien l'importance de la distinction que nous venons de faire.
Ses principes et sa parenté avec la méthode de rééducation en général. — Nous n'entreprendrons pas ici d'examiner quels principes de physiologie générale permettent de comprendre le mode d'action de la rééducation motrice. Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'elle ne représente qu'une des applications de la méthode générale de rééducation en thérapeutique, elle-même fondée sur les idées de mémoire, de plasticité et d'adaptation organique ou fonctionnelle, et que, d'autre part, il n'est aucune fonction qui ne soit régie par le système nerveux, de tous nos appareils le plus susceptible d'éducation et de spécialisation.
Technique générale de la rééducation motrice. — Étude analytique des troubles moteurs. — En présence d'un malade pour lequel le diagnostic est posé, par exemple tabès dorso-lombaire avec troubles de la locomotion, tic de clignement des yeux, astasie-abasie hystérique, on peut déjà savoir qu'on a, sauf contre-indications spéciales, un cas justiciable de la rééducation ; mais de pareils renseignements sont tout à fait insuffisants pour permettre de commencer ce traitement, et le médecin qui, dans de semblables conditions, commencerait à soumettre son malade à une progression uniforme d'exercices, agirait en aveugle et aurait les plus grandes chances de n'obtenir que des résultats tout à fait médiocres. 11 faut au préalable procéder à l'étude analytique des troubles moteurs dans chaque cas clinique particulier, et cela à deux points de vue.
Au point de vue mécanique. — Tout mouvement, quel qu'il soit, normal ou pathologique, se réduit en fin de compte, à un ensemble de contractions musculaires et peut par conséquent être exprimé en langage anatomique. Ainsi la flexion la plus simple de l'avant-bras sur le bras pour soulever la main en supination est obtenue par la contraction régulière et progressive du biceps et du brachial antérieui', elle-même légèrement modérée par l'action frénati-ice du tonus musculaire de leurs antagonistes triceps et anconé, d'une pari, et surtout ])ar h^ poids de l'avant-bras et de la main, d'autre part. Ce serait un autre ensemble de contractions et décontractions musculaires qui aboutirait à cette même; flexion du coude si la position du