RÉSULTATS
Ainsi la locomotion exige en réalité le concours de presque toute la musculature des membres inférieurs et du tronc. Si on réapprend à marcher à un ataxique, il n'est pas rare qu'on soit tenu en échec par Timpotence persistante de tel ou tel groupe musculaire pratiquement inutilisable. Lorsque cette insuffisance circonscrite résiste à tous les efTorts et si on ne peut pas tourner la difficulté comme nous le disions plus haut en adoptant un type de marche particulier, une ressource reste qui consiste à suppléer au défaut des muscles en question par le port d'un appareil convenablement combiné. 11 en est ainsi pour les malades qui, en raison de l'instabilité persistante du thorax sur le bassin, ne réussissent à se tenir que i;ràce à un corset; d'autres encore n'ont pu marcher que quand une chaussure spéciale a empêché les pieds de tourner.
On voit donc que, s'il ne faut pas trop se hâter d'avoir recours à ces moyens adjuvants, il faut aussi bien connaître tous les services (|u'on en peut attendre. Si le rétablissement des grandes fonctions motrices dans leurs conditions normales n'est pas toujours réalisable, on n'oubliera pas non plus que le plus souvent il est possible de tirer parti des mouvements conservés ou partiellement l'établis pour refaire des fonctions plus ou moins équivalentes.
Durée. — On assiste bien quelquefois, au cours de la rééducation, à des améliorations rapides ; mais c'est qu'alors on avait affaire à une des deux conditions suivantes : ou l'influence psychique, l'appréhension jouaient un grand rôle, ou la perte d'une fonction moti'ice tenait en réalité au défaut d'un petit nombre des mouvements partiels qui y devaient contribuer; le rétablissement de quelques mouvements de détails et leur emploi opportun ont alors suffi à rétablir le mouvement d'ensemble. Ce sont là des cas brillants, mais aussi les plus rares.
Habituellement, les progrès s'obtiennent lentement et non sans peine, dans la mesure où les efforts de correction répondent bien aux besoins propres du malade. La durée d'un traitement de rééducation motrice se compte d'ordinaire par mois.
Résultats. — Et pourtant les résultats que l'on peut obtenir méritent qu'on dépense pour une pareille cure tout le temps et tous les efforts nécessaires.
Non seulement c'est un réconfort moral pour un malade chronique de Yoir que tout espoir ne lui est pas interdit, non seulement l'exercice méthodique bien réglé lui est profitable au point de vue général, mais il n'est pas besoin d'insister pour montrer quel service on rend à un malade si à l'impotent tributaire à tout instant de son entourage on donne une certaine indépendance, si les mouvements
G. CONSTENSOUX. —
RÉÉDUCATION MOTRICE
recouvrés permeltenl une relative validité compatible avec la reprise d'une profession, si seulement on corrige tel défaut choquant, comme le bégaiement ou certains tics.
On comprend tout le bénéfice que représentent de semblables améliorations non seulement pour les intéressés directs, mais aussi au point de vue social.