I. — Tabès
Nature tic l'ataxîe tabétique. — Sans reprendre toutes les discussions auxquelles a donné lieu la i)athogénie de Tataxie, on peut dire ([u'aucune des théories exclusives qui ont été émises à son sujet ne s'est montrée suffisante et qu'on doit à l'heure actuelle considérer l'ataxie comme la résultante complexe d'un giand nombre de facteurs qui interviennent simultanément et combinent leurs actions dans des proportions variées. De ces facteurs, les principaux sont les troubles de la sensibilité et en particulier des sensibilités profondes, l'hypotonie musculaire, la laxité articulaire, les parésies et enfin la perte des mouvements réflexes. L'ensemble de ces causes vient à son tour modifier les mouvements, en exerçant une triple action perturbatrice sur l'harmonie des conti-actions musculaires.
Les contractions musculaires envisagées isolément sont altérées dans leur forme ; elles deviennent brusques, saccadées et ne peuvent plus être soutenues.
En outre aucun mouvement, si simplequ'on l'imagine eten dehors même de toute adaptation fonctionnelle, n'est l'eifet de la contraction isolée d'un seul muscle ni d'un seul groupe de muscles. Toujours, comme l'a bien montré Duchenne (de Boulogne), il faut pouvoir compter sur les contractions actives, sur les actions toniques, enfin sur le jeu des antagonistes agissant comme régulateurs et frénateurs des contractions actives. C'est l'ensemble préétabli de ces trois actions que l'on a désigné sous le nom d'associations motrices et sans lequel la régularité et la souplesse des mouvements sont impossibles. Or, chez les tabétiques, les associations motrices sont perdues.