COURSES
Le coureur, fortement incliné en avant, s'élance, le corps se redressant tout à coup en ressort, la poitrine projetée en avant, la tête rejetée en arrière; il respire à peine dans le trajet; il arrive au but, essoufflé, généralement la figure pâle; il a fait un grand effort nerveux, mais son cœur n'a pu se forcer dans une épreuve aussi rapide, bien que violente. Dans les courses de 110 mètres avec sauts de haies, la vitesse est moins grande et Tallure change par les sauts mêmes. Cette course est moins violente que la première.
Une course violente contre laquelle je me suis personnellement élevé à l'époque des concours sportifs interscolaires organisés à l'occasion de l'Exposition universelle, à Paris, en 1900, est la course de 400 mètres. M. le ministre de l'Instruction publique ayant demandé mon avis, je le lui fournis avec expériences vécues à l'appui, dans les lendits où j'avais fait supprimer cette épreuve du programme des concours.
La course de 400 mètres est à la fois une course de vitesse et une course de fond, bien qu'on l'appelle course de demi-fond.
Elle dure assez pour provoquer un essoufflement violent avec des battements du cœur intenses, surtout chez les jeunes scolaires à poitrines aplaties. Cette course ne doit être permise qu'à des adultes bien entraînés et sûrs d'eux-mêmes, sachant régler leur effort et courir avec méthode. Les associations sportives qui ont introduit cette course dans les écoles ont commis une faute.
Les courses de 800 mètres, de 1 000 mètres et de 1 500 mètres sont moins dures que la course de 400 mètres, parce que la distance même à parcourir fait comprendre au coureur qu'il doit ménager ses forces. D'ailleurs il est obligé de s'arrêter en route ou de ralentir l'allure, tandis que, sur 400 mètres, la proximité relative du but l'excite et lui fait donner toute sa force.
Dans les courses, le~^danger est au cœur. On ne doit les permettre qu'après constatation de Fintégrité de cet organe et des poumons. La course sportive (course de vitesse ou de fond sur piste, coui'se à travers champ, etc.) étant un exercice respiratoire violent, on ne peut l'indiquer comme moyen thérapeutique. Par contre, le pas gymnastique peut être utilisé thérapeutiquement, parce qu'il peut être réglé posologiquement.
Le costume pour les courses sportives doit être le plus léger possible; il se compose d'un maillot de laine à manches courtes et d'une culotte en toile ou en laine, arrivant à mi-jambes; les souliers sont légers et découverts, le plus souvent munis de petits crampons aux semelles, afin de mieux accrocher la surface lisse de la pelouse et de ne pas glisser sur l'herbe.
PH. TISSIÉ. — JEUX ET SPORTS
Sauts.
Il faut considérer deux genres de sauts : 1° le saut éducatif ou saut suédois; 2° le saut sportif. Le saut éducatif a une application impor-
Fig. 4i. — Saut suédois éducatif. Saut rationnel, jambes entr'ouvertes, bras tendus en bas, tronc vertical. Levier du 3^ genre. Equilibre stable. Le sauteur se prépare au saut : 1° en s'élevant légèrement sur la pointe des pieds, jambes entr'ouvertes, il soulève ainsi le centre de gravité de son corps ; 2o il penche légèrement le tronc en avant, il porte ainsi le centre de gravité de son corps d'arrière en avant ; 3" il tend les bras en arrière pour mieux les projeter au-dessus de la tète dans un geste vif et très bref. L'élan donné par ce mouvement soulage le-s jambes dans leur détente brusque. Le saut se produit dans le sens de la flèche; la distance indiquée par les deux lignes noires parallèles tracées sur le sol est augmentée progressivement. L'arrivée du saut se produit en flexion sur les jambes et sur la pointe des pieds, les bras tendus le long du corps. L'équilibre est d'autant plus stable que le tronc est fixé dans le plan vertical par les muscles du massif lombaire et de la ceinture abdominale. La base de sustentation du corps est établie par l'ouverture des jambes en losange. Le sauteur se redresse ensuite pour se placer en fixe.
tante en thérapeutique, en ce qu'il entraîne les muscles extenseurs de la région dorso-lombaire et, principalement, le grand dorsal, fixateur de Fangle inférieur de l'omoplate contre laçage thoracique. Le saut sportif n'a aucune action thérapeutique bien déhnie ;il agit sur la circulation comme tous les exercices physiques tant soit peu actifs.
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SAUTS. p'<;f-ry . 0p
11 convient de dire en quoi le saut éducatif diffère du saut sportif Dans le saut sportif, le déplacement du , centre de gravité du corps au-dessus du ■ centre de gravité de la terre est produit ; s
par une série de mouvements non réglés, | ayant pour effet d aboutir au mieux des : moyens personnels à chaque sauteur. Chacun s'adapte au milieu selon ses bras de leviers et la force de ses muscles extenseurs. Les épures chronophotographiques diffèrent d'après le style de chaque sauteur.
11 n'en est pas de même du saut suédois ou saut éducatif. Celui-ci est réglé comme un exercice de gymnastique mettant qualitativement, en fonction chaque grand groupe articulaire en vue du soulèvement du centre de gravité et de sa projection d'arrière en avant.
Le saut étant un exercice de flexion et d'extension brusque des articulations du cou-de-pied, du genou, du bassin et de l'épaule, il faut que chaque articulation entre en fonction rationnellement et proportionnellement au travail qu'elle doit produire.
Le corps étant placé en position
de fixe, comme position fondamentale de dépari, on entraîne chaque articulation l'une après l'autre avant d'exécuter le saut. On procède ainsi :
1° On met en train l'articulation du cou-de-pied, qui va supporter le choc à la chute : on exécute pour cela des mouvements alternatifs d'élévation et d'abaissement du corps sur la pointe des pieds (en pointé) ;
Fig. 46. — Analyse du saut français. Levier du genre.
Équilibre instable.
0, point d'appui du corps sur le sol ; a, poids du tronc tombant en arrière du plan 0 ; cg, centre de gravité des bras se déplaçant en avant pour faire opposition, par son poids, à celui du tronc a; S, sinus de l'ouverture de l'angle formé par le plan de la colonne vertébrale en arrière du plan du point d'appui passant par 0.
Fig. 45. — Saut français.
Saut irrationnel, jambes fermées, bras tendus en avant, tronc oblique en arrière.
PH. TISSIË. — JEUX ET SPORTS
2° On entraîne l'articulation des genoux en fléchissant alternativement ceux-ci en forme de losange et en les redressant {quart losange, d emi-losange) ;
3° On entraîne les bras pour l'élan à donner. Ceux-ci doivent être tendus fortement en arrière du corps et être projetés vivement et toujours très tendus au-dessus de la tête (en invocation). Dans ce
Fig ABC,
47. — Analyse du saut suédois, triangle formé par les jambes en-
tr'ouvertes; abc, projection de ce triangle sur le sol; 0, plan vertical du corps sur le sol; D, centre de gravité du corps passant par le centre de gravité du triangle de sustentation abc h ses deux tiers supérieurs en d. Attitude obtenue par le travail dynamique des muscles dorso-lombaires et abdominaux avec les bras tendus en bas dans les plans D et 0 [équilibre stable).
Fig. 48. — .\nalyse du saut français avec fixation verticale du tronc, bras tendus en avant.
ABC, triangle formé par les jambes fermées ; abc, projection de ce triangle sur le sol ; 0, plan sur lequel est établi le point d'appui du corps passant au sommet du triangle; D, centre de gras^ité du corps passant en 0 au sommet du triangle ; cg, centre de gravité et poids des bras porté en dehors et en avant du plan D et 0. Mauvaise attitude [équilibre instable).
mouvement, le grand dorsal et les muscles dorso-lombaires sont mis en extension complète. Les bras doivent être ensuite replacés le long du corps en fixe [tendu arrière, invocation, fixe).
4° On procède au sautillement sur place pour entraîner les trois grandes articulations du cou-de-pied, des genoux, de l'épaule.
Le mouvement est celui-ci: 1° tendu arrière-, 2° pointé', 3° quart