CHASSE ET TIR
sa face externe, et de permettre ainsi au grand dentelé de trouver à cet angle même son point d'appui plus ferme pour le soulèvement des côtes, grâce à la fixation de Fomoplate. La gymnastique française fait au contraire projeter les bras en avant, horizontalement, parallèlement au sol. C'est une erreur.
Dans cette attitude, les omoplates ne sontpas fixées, et, d'autre part, le corps est placé en équilibre instable, puisqu'il forme un système de levier du premier genre [interappui). Les bras constituent la résistance, et le poids du corps projeté en arrière, la puissance. Avec les bras tendus le long du corps, le système est transformé en levier du troisième genre [inter puissant) avec équilibre plus stable en raison de Fentraînement du quadriceps fémoral et des muscles de la région dorso-lombaire, surtout du massif lombaire.
Le saut est l'exercice qui permet de porter le centre de gravité du corps d'un point à un autre, en abandonnant momentanément le point d'appui du sol; il faut donc que le troncetsurtoutla tète arrivent au but, clans le plan vertical, sans chute en avant, en arrière ou latéralement.
Le saut suédois a une action thérapeutique manifeste sur les muscles extenseurs et particulièrement sur le grand dorsal et, par effet synergique, sur les muscles de la ceinture abdominale, surtout sur le droit antérieur de l'abdomen, avec action sur la masse gastro-intestinale. A ce titre, il doit être utilisé en gymnastique respiratoire et digestive.
J'en donne la raison par l'analyse mécano-physiologique comparée du saut éducatif suédois (fig. 44 et 47) et du saut français (fig. 45, 46 et 48), tel que ce dernier est imposé dans le Règlement de gymnastique de l'armée de 1902. Je donne en même temps une application du saut sportif d'obstacle en Suède et en France (iig. 49 et 50).
Chasse et tir.
Le tir, par lui-même, n'est pas un sport provoquant une forte respiration, ainsi que tous les sports de marche, de course, de sauts. A ce titre, il ne rentre pas dans le cadre thérapeutique. Cependant un bon tireur doit savoir respirer et transformer sa poitrine en manchon à air comprimé au moment du visé et de la détente de la gâchette qui va faire partir le coup. Pour bien épauler, il faut que la crosse du fusil appuie fortement sur la partie supérieure du thorax à droite; le tout doit constituer un bloc rigide. La respiration est arrêtée non seulement par l'attention, mais pour que le guidon n'oscille pas dans le champ visuel du tir. Au point de vue psychique, le tir demande du sang froid, de l'esprit de décision, une accommo-
PH. TISSIÉ. — JEUX ET SPORTS
dation rapide de la vue. La moindre fatigue, la moindre émotion en modifient la valeur. Au point de vue thérapeutique, le tir n'est à considérer qu'au titre d'application à la chasse ; celle-ci intéresse la thérapeutique par la marche. La chasse est un excellen t exercice, parce qu'elle attire l'attention sur le gibier à poursuivre; elle la déplace ainsi à l'égard du travail musculaire à accomplir. La chasse, d'autre part, comprend non seulement la marche, mais les sauts, la course, la raptation, etc., le tout pratiqué sur divers terrains battus xomme les routes ou les sentiers ; ou meubles comme les champs labourés, etc. L'exercice de la chasse est donc salutaire; il n'est violent qu'autant qu'on le désire et d'après le gibier poursuivi.
Dans la chasse à courre, l'intensité de l'eflfort est plus grand, parce que la poursuite du gibier est plus ardente et plus rapide; elle s'opère à cheval; la chasse, dans ce cas, est tributaire de l'équitation. C'est un sport violent; il réclame beaucoup d'endurance et un grand entraînement préalable. 11 possède les qualités de tous les sports à lutte vive. La première de ces qualités, au point de vue thérapeutique et hygiénique, est qu'il se pratique en plein air, sur des terrains divers, par tous les temps; qu'il aguerrit ainsi la peau et les muqueuses respiratoires, en même temps qu'il développe les facultés psychiques de la volonté, du caractère, de l'endurance, de l'esprit d'observation et de décision, puisque l'homme et le cheval ne forment qu'un bloc dans la poursuite du gibier à travers champs.
La chasse peut être ordonnée comme exercice respiratoire et digestif, aux deux sexes, à l'adolescent, à l'adulte et à l'homme mûr. La chasse à courre est un sport violent ; on ne peut le conseiller qu'aux personnes des deux sexes bien entraînées par avance et à cage thoracique développée.
Le costume pour la chasse doit être ample; la blouse anglaise en laine paraît le mieux convenir à ce sport, ainsi que la flanelle, comme d'ailleurs à tous les sports de marche. Comme pour la marche, l'alpinisme, etc., les souliers doivent être solides, imperméables à l'eau, et bien s'adapter aux pieds avec des bas de laine épais.
Le tir est un exercice de défense patriotique, plus que de défense humaine et sociale au point de vue de la santé et de l'hygiène. Il n'apprend pas à respirer, mais il faut savoir respirer pour bien tirer.
On n'aura donc pas à l'ordonner comme moyen thérapeutique. Cependant on peut le conseiller comme moyen pédagogique à titre d'entraînement de la volonté, de la maîtrise de soi-même, de l'accommodation de la vue, etc., etc., que le tir soit pratiqué au moyen du fusil, de l'arbalète ou de l'arc. Je ne parle pas du tir au canon; il n'a rien à faire avec la thérapeutique ni la pédagogie.