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AVIRON

écart dans la direction peut occasionner de graves accidents, en raison même de la vitesse acquise.

Au point de vue thérapeutique, les promenades ou les excursions en automobile ont la valeur de celles faites en voiture avec la facilité des déplacements en plus. Dans ce cas, les grandes vitesses n'étant jamais atteintes, on peut conseiller Fautomobile comme moyen de distraction et peut-être comme excitant de la nutrition par des échanges gazeux plus profonds agissant sur les globules rouges, sur Fhémoglobine, sur les sécrétions urinaires, sur Fappétit, sur le sommeil, sur la neurasthénie (Mouneyrat).

Aviron.

Dans le sport du canotage, l'aviron met en jeu tous les muscles extenseurs du corps, ainsi que les muscles fixateurs des omoplates; à ce titre, c'est un exercice sportif qui se rapproche beaucoup de la gymnastique éducative suédoise et de la natation (fig. 58 à 61).

Fig. 58. — Première position (sur l'avant). — Les bras bien étendus en avant, la tèle droite et haute. Le regard dirigé horizontalement en avant, le' corps incliné (et non pas courbé) en avant sur un angle de 35° environ, la poitrine bombée, les épaules basses, carrées, les jambes et les cuisses fléchies et ouvertes, un peu écartées l'une de l'autre pour ne pas comprimer l'abdomen.

Fig. 59. — Deuxième position. — Le corps est vivement rejeté en arrière en glissant sur le siège mobile du bateau, jusqu'à ce qu'il dépasse légèrement la verticale ; les bras et les épaules restent dans la première position, les reins seuls travaillent ; les bras sont en quelque sorte des câbles rigides noués à l'aviron.

Le coup d'aviron qui doit donner l'impulsion au bateau est préparé par une flexion du tronc en avant, dans laquelle les bras sont tendus également en avant pour faire pivoter les deux rames d'avant en arrière ; les jambes se replient sur elles-mêmes quand le bateau possède des bancs à coulisse. Le mouvement d'extension du tronc se produit alors en rejetant le corps en arrière et en tendant les

PH. TISSIÊ.,— JEUX ET SPORTS

jambes en avant; les bras sont ramenés d'avant en arrière à la hauteur de la poitrine; l'aviron pivote ainsi dans le sens opposé d'arrière en avant, après avoir pris un point d'appui fixe dans l'eau; c'est sur ce point d'appui que glisse le bateau. Le rameur est assis sur un siège, roulant sur des rails [sliding-seat], et dont le parcours est d'environ 60 centimètres.

Si l'on considère le mouvement au point de vue anatomo-physiologique, on constate que les principaux muscles entrant en fonction sont d'abord les muscles du massif dorso-lombaire, sur lesquels le tronc prend un point d'appui fixe dans la station assise ; puis se sont

Fig. 60. — Troisième position. — Le Fig. 61. — Quatrième position. — La position buste reste tout entier dans la deuxième du buste reste la même : les épaules et les

Cinquième positio?i. — Le retour à la position première se fait en rejetant les bras en avant et en opérant une traction des jambes sur la courroie de la barre du pied.

les muscles des jambes, surtout le quadriceps fémoral elles jumeaux. A la poitrine, les omoplates sont fixées fortement par les muscles de la région dorso-lombaire, surtout le trapèze et le grand dorsal, ce qui permet à la cage thoracique de se développer rationnellement de bas en haut et latéralement par le mouvement des bras qui, de tendus en avant, se fléchissent sur eux-mêmes, tandis que les omoplates sont fixées en arrière contre la cage thoracique et la colonne vertébrale. Ce mouvement de va-et-vient du tronc en flexion et en extension développe ainsi la cage thoracique en fortifiant les muscles dorso-lombaires, ceux des jambes et ceux des bras.

L'aviron est donc un sport gymnastique complet; il est respiratoire et orthomorphique. La moyenne des coups d'aviron est de trente à quarante par minute, soit autant d'inspirations et d'expirations pro-

position; mais les jambes poussent vigoureusement sur leur point d'appui (appelé barre de pied) jusqu'à extension complète.

bras sont retirés en arrière, ceux-ci en fléchissant l'avant-bras sur le bras et en tenant les coudes le plus rapprochés possible du torse.

AVIRON. ... t XiK

fondes par minute; les poumons et le diaphragme accomplissent ainsi une excellente gymnastique d'entraînement.

Au point de vue psychique et social, il a pour effet de grouper sur une même embarcation des tempéraments, des caractères et des volontés d'ordres divers et de les faire s'assimiler entre eux par la raison même de ce sport, quand il est pratiqué collectivement.

Ce sport réclame une forte dose de volonté et d'abnégation : de volonté pour s'entraîner, pour se rendre au garage, pour braver le froid et l'humidité, pour risquer la baignade forcée en cas d'accident, etc. ; d'abnégation par le sacrifice de soi-même à l'intérêt de la collectivité. 11 constitue une excellente école de solidarité.

Les accidents qui peuvent survenir sontd'ordre respiratoire : rhume, bronchites, pleurésies, etc., par refroidissement ou par baignade forcée ; les noyades sont rares. Le surmenage n'y existe pas plus que dans les autres sports, l'aviron étant le sport peut-être le moins violent de tous ; cependant, et cela dépend des caractères, on peut s'y surmener. J'ai publié l'observation d'un jeune homme impulsif, d'un ludomane (1), qui força son cœur. En sept ans, il franchit en bateau, à l'aide de ses bras, de ses jambes et du tronc pour son entraînement, et pour les courses, la distance de 7 442^"", 220. Il se fatigue, il tombe en syncope, il a des hémoptysies; il est atteint de fièvre de surmenage à forme typhoïde. En cinq mois, il maigrit de 12*^8,200. A peine rétabli, il reprend l'entraînement, il s'évanouit à nouveau. Cette année-là, il parcourt loi8'^°i,600 en cours d'entraînement. La fatigue se manifeste par une grande mollesse dans tous les muscles, le dégoût, l'envie de dormir, la dépression générale et l'ennui de monter en bateau, le tout accompagné d'essoufflement. Pourtant il s'entraîne quand même à la vitesse de 21*^°i,522 à 22'^°^,854 à l'heure. Appelé sous les drapeaux, il supporte les premiers exercices d'assouplissement, mais il ne peut pratiquer le pas gymnastique sans être essoufflé; il devient somnolent, il est atteint d'amnésie, de céphalalgie, d'hémoptysie ; il est réformé pour un rétrécissement mitral pur, et aussitôt il monte de nouveau en bateau, attiré vers l'eau par une force irrésistible. Ce jeune homme était un héréditaire. Son oncle, également impulsif, était devenu aphone le jour de son mariage, sa femme lui ayant fait promettre de ne plus monter en bateau. Un an plus tard, comme il assistait à une course à laquelle ce jeune homme participait, il retrouva la voix pendant l'épreuve, mais il la perdit à nouveau aussitôt après.

L'aviron peut être permis aux deux sexes à partir de la quinzième

(1) D"" TissiÉ, Un cas d'impulsion sportive ou ludomanie. Pathologie de l'entraînement. Communication faite à la Société de médecine de Bordeaux, 1895.

PU. TISSIÊ. — JEUX ET SPORTS

année, à titre d'exercice gymnastique sportif, à la condition que la cage thoracique ait élé par avance élargie rationnellement par la gymnastique éducative de développement. On ne doit monter en bateau qu'une heure et demie environ après le repas, quand la digestion stomacale est faite ou à peu près, et cela aussi pour le cas où on tomberait à l'eau. Avant de pratiquer l'aviron, il faut savoir nager. Les sociétés d'aviron n'acceptent généralement que les jeunes gens sachant nager. Le costume consiste en un maillot de tricot ou de flanelle et d'un « jersey » que le rameur revêt quand, pour une cause ou pour une autre^ le bateau doit s'arrêter. On évite ainsi les refroidissements; on peut également revêtir une vareuse en drap doublée de flanelle.

Sports d'hiver.

Patinage, ski, skatting, patinage à la voile, toboggan, etc.

Le patinage et le ski sont deux sports d'hiver, de glace et de neige; ils se pratiquent en plein air; ce sont des exercices d'équilibre; comme tels, ils sont doublement excellents, parce qu'ils agissent fortement sur la coordination des mouvements et parce que le froid de l'atmosphère est un excellent excitant musculaire. Le muscle répond mieux par les temps froids et secs que par les temps humides et tièdes. Dans les pays du Nord, le ski est surtout un moyen de locomotion et de transport plus qu'un sport.

Le patinage réclame une surface glacée ; on ne peut la posséder que dans les pays froids ou au moyen de procédés chimicoindustriels dans des pa/ais de glace, où la piste est aménagée spécialement.

Le patinage n'est donc pas un sport des pays tempérés ni des pays chauds. On y a suppléé en remplaçant la lame d'acier du patin par des roulettes fixées à la semelle des souliers.

On roule ainsi au lieu de glisser, c'est le skattinQ. Ce sport est pratiqué dans des locaux clôturés, dans des salles fermées ; il n'a pas les avantages du patin ; il n'en offre pas les joies que donne tout exercice physique d'équilibre. Les exercices d'équilibre sont fort recherchés comme provocateurs de vie plus intense, telles la bicyclette, la valse, etc.

Je crois en avoir trouvé la raison psycho-dynamique dans la relation intime qui existe entre le mouvement et la pensée. Le mouvement volontaire est de la pensée en action ; la pensée est du mouvement en puissance. Plus les mouvements sont nombreux et divers, plus ils mettent en fonction automatique leurs centres psycho-moteurs

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