SPORTS D'HIVER
ainsi que leurs noyaiix médullaires; la rapidité même des mouvements ne permet pas à la conscience de les fixer; ils passent trop promptement, mais ils n'en agissent pas moins sur Fensemble des territoires psycho-moteurs, qu'ils mettent en fonction collective, d'oii le plaisir de l'action.
Les mouvements d'équilibre sont toujours très recherchés, parce qu'ils sont très agréables. Ce sont les mouvements les plus difficiles à faire exécuter aux enfants arriérés. Il existe une relation entre leur pouvoir d'attention et leur pouvoir d'équilibre. Ces exercices servent à leur éducation intellectuelle. On arrive ainsi au psychique par le somatique par la loi même qui réagit la cérébration et la musculation. La gymnastique suédoise éduque les centres psycho-moteurs.
Cette vue psychologique m'amène donc à préconiser tous les mouvements d'équihbre dans l'éducation de la jeunesse.
Le patinage étant un exercice d'équilibre demande avant toute chose une grande souplesse de l'articulation du cou-de-pied. La souplesse de cette articulation est au patinage ce que la souplesse de l'articulation du poignet est à l'escrime.
Le maintien de l'équilibre ne peut être obtenu qu'à la condition de lixer le centre de gravité du corps au moyen des muscles extenseurs de la colonne vertébrale et surtout par la souplesse de l'articulation du bassin.
En Suède, on pratique le patinage à la voile. Le patineur se place devant un grand rectangle de toile tendue au moyen de petites verguesmobiles, et, s'orientantavecle vent, il progresse à des vitesses dépendantes de celles du vent qui le pousse. Ce sport est violent; il réclame une grande souplesse unie à une grande force ; la tension d'esprit est énorme; les chutes peuvent être graves, car la vitesse peut dépasser 100 kilomètres à l'heure. Il va sans dire que seuls les athlètes bien entraînés peuvent se livrer à ce sport.
11 en est autrement du ski ou patin à neige. Le ski est formé d'une lamelle de bois longue de 2 mètres à 2°^, 50, recourbée en bec à son extrémité antérieure, afin d'éviter la pénétration de la pointe dans la neige. Un système de semelle placé au milieu de la lamelle, dont la largeur est celle d'une semelle de soulier, permet d'y fixer les pieds. On progresse en glissant alternativement des deux jambes sur deux lignes parallèles. Le parallélisme des deux lames est nécessaire à la station debout ; les chutes viennent de la rupture du parallélisme, soit que les lames s'ouvrent en V ou se ferment en \ renversé. Les chutes d'ailleurs ne sont jamais graves, la neige, matelas élastique, amortit les chocs. Le ski est moins un sport qu'un moyen de transport très utile dans les pays couverts de neige en hiver. Il peut Physiothérapie. IV. 10
PH. TISSIÊ. — JEUX ET SPORTS
rendre de grands services aux montagnards alpins et pyrénéens, en France, aux ouvriers des mines, aux facteurs ruraux, aux agents divers que leurs fonctions appellent à la montagne. Dans les pays du Nord, l'apprentissage du ski commence dès Tenfance (fig. 62).
Le ski demande comme le patin une grande souplesse de l'articulation du cou-de-pied unie à la force des ligaments.
Les sauts exécutés à l'aide des skis sur des pentes variant entre 20'^ et 30° peuvent atteindre jusqu'à 30 mètres de longueur. Seuls les champions du nord, les athlètes très entraînés depuis leur jeunesse par une gymnastique éducative qui fortifie les muscles extenseurs des jambes et du tronc, peuvent accomplir de telles prouesses.
Le patinage et le ski peuvent être permis jusqu'à un âge avancé et aux deux sexes dans les pays où l'entraînement commence dès l'enfance. Dans les pays tempérés, oii la glace et la neige sont l'exception, l'entraînement y étant moins fréquent, on ne permettra ces sports qu'aux sujets possédant assez de souplesse articulaire avec des poumons et un cœur solides.
Dans les sports d'hiver auxquels les deux sexes peuvent également participer, il faut encore citer les glissades assises sur de petits traîneaux spécialement construits pour ces genres desports : tels sont la /tv(/e, petit traîneau suisse; le toboggan, irsimeau américain; \ebobsleigh, traîneau sur lequel montent plusieurs personnes ; le skeleton, sur lequel on se couche à plat ventre.
L'exercice consiste à se laisser glisser sur une pente plus ou moins rapide et plus ou moins longue, couverte de neige, et à se diriger dans cette glissade d'autant plus rapide que la vitesse augmente en raison du carré de la distance. Les culbutes sont fréquentes, mais non dangereuses.
La respiration est fortement provoquée, dans un milieu spécial, avec une température basse. Les couches d'air traversées constituent un tampon d'autant plus résistant à l'expiration pulmonaire que la vitesse est plus grande. Ces exercices de glissades sont donc de bons exercices respiratoires, parce qu'ils apprennent à bien emmagasiner de l'air. Us peuvent être pratiqués par les deux sexes, mais, non à tous les âges; la jeunesse et l'âge adulte peuvent s'y livrer.
Au point de vue psychique, ces exercices réclament de l'attention et de l'esprit de décision. Le costume pour les sports d'hiver est en laine épaisse, maillot, veston doublé de laine, pèlerine, etc. Les chaussures sont spéciales. Les semelles doivent être relevées sur l'empeigne comme dans les souliers des Lapons, avec une tige à soufflet. Elles doivent être assez larges pour permettre de chausser des bas très épais. On peut également chausser ses souliers dans des