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ÉQUITATION

souliers à neige, à semelles en caoutchouc. Il faut avant tout protéger les pieds contre riiumidité et le froid. Les mains sont protégées par des gants fourrés ; la tête est coiffée d'un passe-montagne s'il fait très froid ou d'une toque en laine ou en fourrure. Pour ce qui est des habits à fourrure, le poil de celle-ci doit être placé en dedans directement sur les habits et non en dehors : ainsi la chaleur est

Fig. 62. — Groupe scolaire d'enfants suédois, en skis.

mieux conservée. Pour les gros pardessus en peau de loup, la' fourrure est extérieure ; elle tiendrait trop de place intérieurement. Il va sans dire qu'il ne faut jamais boire d'alcool pour lutter contre le froid ou pour se donner plus de force dans l'action sportive.

Équitation.

Dans Féquitalion, deux tempéraments, deux caractères se trouvent en présence : celui de l'homme et celui du cheval.

PH. TISSIÉ — JEUX ET SPORTS

Le caractère de riiomme influe sur celui du cheval et quelquefois celui du cheval influe sur celui de l'homme. Un cavalier nerveux rend son cheval nerveux; ce même cheval devient calme avec un autre cavalier plus froid.

L'adaptation des deux êtres est telle que, par la cohabitation avec l'homme, le cheval arabe devient un ami pour son maître, il le comprend, il le suit en commensal.

Au point de vue psychique, l'équitation développe les qualités mentales des deux êtres. L'influence de la volonté humaine sur la volonté animale est de tous les instants. La division des caractères chez le cheval est semblable à celle des caractères que j'ai établie chez l'homme (1). On y trouve des passifs qui répondent à la suggestion impérative du je veux; dans l'espèce, c'est l'éperon et la cravache; des affectifs, qui répondent à la suggestion persuasive du tu peux : dans l'espèce, c'est l'approche de l'obstacle à vaincre, facilitée par le morceau de sucre ou la carotte donnés avant ou après l'effort, en encouragement ou en récompense ; des affirmntifs, qui répondent à la suggestion dubitative du tu ne peux pas : dans l'espèce, c'est la mise en présence de l'obstacle avec l'élan provoqué par le cavalier, le cheval le franchit d'autant mieux que l'obstacle lui parait sérieux et qu'il sent son cavalier plus maître de lui-même ; des rétifs ou affirmatifs, impulsifs en dedans, par arrêt volontaire du mouvement, ce sont des réfractaires, des carne>;. Ceux-ci, comme l'homme réfractaire, vivent en marge de la vie sociale. Ils possèdent pourtant une force qui, bien drainée, peut fournir une puissance d'action énorme. Le tout est de savoir prendre ces caractères, homme et cheval. Au lieu de cela, on les brusque, on en fait des rétifs, des révoltés, des carnes qui se dressent contre l'homme ou contre la société. L'homme se débarrasse de la carne en l'abattant; ainsi fait également la société vis-à-vis de l'homme rétif, carne humaine, qu'elle n'a pas su s'attacher.

Le cheval possède la mémoire d'un enfant de un à deux ans, il juge d'effet à cause. Voici deux choses vues. — A un poney très doux, point ombrageux, on enlève le mors et les brides sans ïavoir dételé par avance, d'une petite voiture, dite <( tonneau ». Aussitôt le cheval s'élance, entraînant et brisant la voiture. Par association d'idées, sa mémoire tactile buccale l'a fait juger d'effet à cause. Le mors pour lui représente la servitude et non les brancards ni le poids de la voiture entraînée. Le mors enlevé, c'est la liberté. — Un enfant d'un an et demi très calme ne l'est plus dès qu'il voit qu'on met un cha-

(1) DrlissiÉ, La fatigue et lentrainement physique, 3^édition, Paris, 1908.

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