POIDS LOURDS
Fig. 64. — La gymnastique aux poids lourds.
es poids sont placés au bout des bras, dans chaque main. Leur centre de gravité est attifé vers le centre de la terre dans la direction des deux flèches (H). L'ensemble constitue un système de levier du troisième genre interpuissant. Le point d'appui (A) est placé sur le sol (8) par les pieds (7) ; il soutient le corps dans l'attitude verticale. Le centre de gravité du corps (C) est placé sur le plan vertical. La résistance (R) est placée dans les poids à chaque main ; la puissance P est constituée par le système musculaire qui relie les os des bras et les omoplates (4) à la cage thoracique (6) : le deltoïde (1), le biceps (2), le triceps brachial (3), le trapèze, le rhomboïde, le grand dorsal, etc. Dans ce système de levier, la puissance P est placée entre le point d'appui A et la résistance R, puisque l'articulation de l'épaule est située en dehors de la verticale formée par la colonne vertébrale (9), où se trouve le centre de gravité du corps (C). La résistance R augmente en raison de la lourdeur du poids placé à chaque bout des bras ; la fonction de la puissance est en raison de cette lourdeur même. Les poids étant attirés de haut en bas ont pour effet, par leur chute, de resserrer la cage thoracique de dehors en dedans ; ils sont ainsi antagonistes du diaphragme (5), dont l'aire périphérique de sa base est rétrécie dans le sens des flèches (10). Les poids lourds violentent surtout le jeu du diaphragme par la nécessité de transformer la cage thoracique en manchon à air comprimé par la fermeture de la glotte avant l'effort à produire, afin que le système de pince formé par les clavicules en avant et les omoplates en arrière puisse mordre sur un point d'appui solide, au sommet de la cage thoracique. D'autre part, plus la résistance est éloignée du point d'appui, par la longueur même des bras chez les personnes de taille élevée, plus grand est le travail de la puissance, puisque le bras de levier est plus long. Les poids lourds établissent ainsi une sélection : les bras du levier courts peuvent les pratiquer avec moins de fatigue que les bras de levier longs. C'est pourquoi tous les athlètes aux poids lourds sont de taille peu élevée, avec des jambes et des bras courts. Le centre de gravité de leur corps est plus rapproché du point d'appui, pris sur le sol, que le centre de gravité du corps des athlètes de taille élevée, d'où moindre fatigue pour sa fixation, le bras de levieivertical constitué par le corps lui-même étant moins long.
PH. TISSIÉ. — JEUX ET SPORTS
romphysème des sommets par Thypertension de l'air dans les Tésicules pulmonaires.
Le sport des poids lourds ne répond à aucun besoin collectif utile; c'est le sport de la parade, où Tamour-propre domine, en vue d'une satisfaction personnelle d'ordr^ inférieur, celle qui consiste à se croire supérieur à ceux qui n'ont pas des muscles aussi hypertrophiés. Ce sport est asphyxiant au plus haut point; il déforme le corps, qu'il voûte; il corrompt le goût au point de vue de l'esthétique. Ceux qui s'y livrent possèdent de gros muscles aux épaules, avec des jambes non proportionnées au reste du corps. Dans son application, il faut considérer la longueur des leviers ; les bras courts fatiguent moins que les bras longs; c'est pourquoi le poids établit la sélection ; seuls les hommes de taille peu élevée, petits et trapus, peuvent se livrer à ce sport avec moins de danger que les hommes de haute taille.
Ce sport pouvant occasionner de graves désordres physiologiques doit être éliminé; il n'a pas de place dans la gymnastique thérapeutique. Pour ce qui est des poids légers, ils peuvent être utilisés pour augmenter le travail des muscles extenseurs, bien qu'ils ne soient pas absolument nécessaires. La gymnastique éducative suédoise considère cinq facteurs dans chaque acte musculaire.
1° La force à déployer, qui se calcule au gramme ; 2° la durée de l'exercice, qui se calcule à la minute ; 3° le rythme ou cadence du mouvement, qui se calcule à la seconde ou à la division de seconde ; 4° la répétition du mouvement, qui se calcule à la quantité des mouvements ; 5° la combinaison des mouvements, qui se calcule à la qualité des mouvements.
La force à déployer est le premier facteur, cette force peut être prise dans le poids du ou des segments articulaires à soulever; dans la durée du mouvement, dans son rythme, dans sa répétition et dans ses combinaisons.
En résumé, pas de poids lourds et peu ou point de poids légers. Le poids des segments du corps se suffit à lui-même. La gymnastique éducative suédoise n'utilise ni les poids lourds ni les poids légers.
II. — Sport aérien à poids lourds. Gymnastique allemande aux agrès de suspension : trapèze, anneaux, barres fixes, barres parallèles, etc.
Les poids lourds servent à faire comprendre pourquoi les agrès de la gymnastique allemande (trapèze, anneaux, barres fixes, barres parallèles, etc.), que nous avons subis en France pendant un siècle